allo maman bobo

et je monte le son !

par Christine Mouez Gojon - 3 déc. 2019

quand la musique est bonne

LA MUSIQUE ADOUCIRAIT LES MŒURS. MAIS LA MUSICOTHÉRAPIE APAISERAIT, QUANT À ELLE, CERTAINES PATHOLOGIES AU MÊME TITRE QU’UN MÉDICAMENT. ON MONTE LE SON ?

Aux Etats-Unis, la musicothérapie fait officiellement son entrée pendant la première guerre mondiale pour soulager les soldats blessés. Dans les années 50, elle est préconisée dans le «traitement moral de la folie» par le psychiatre français François Pinel à la Salpêtrière. Depuis 1970, recherches et expérimentations ont permis de l’intégrer dans de nombreux centres de soins. Et en 1978, le premier diplôme de musicothérapeute est délivré à Montpellier.

TOUTE LA MUSIQUE QUE J’AIME

La musicothérapie est une discipline paramédicale qui utilise un support sonore, en l’occurrence la musique, dans le but d’établir ou de rétablir les canaux de communication d’un patient avec l’extérieur, pour l’aider à retrouver son équilibre intérieur, émousser les maux de l’âme et du corps. Des soins prodigués, dans un contexte thérapeutique ciblé, par un musicothérapeute qualifié qui connaît ton histoire, la spécificité de ta pathologie, tes goûts musicaux, des mélodies à te faire découvrir, chantonner, retenir... Une séance classique alterne écoute musicale active et espace de créativité (chant, improvisation...).
Il existe une véritable interaction émotionnelle entre le malade, la musique et le soignant. Les domaines d’excellence de cette thérapie douce sont le stress, l’angoisse, la dépression, l’insomnie, la douleur. L’objectif n’est pas de guérir, mais de contribuer à «aller mieux». C’est aussi indiqué pour des personnes atteintes de lourdes maladies psychiques ou psychiatriques (schizophrénie, autisme, alzheimer...).

HORMONES LIBÉRÉES, DÉLIVRÉÉÉÉÉÉES

Le simple fait de prendre du plaisir à écouter un morceau de musique qui te plaît libère de la dopamine qui entraîne la production d’endorphines. L’anxiété, les tensions musculaires chutent. Des séances de musicothérapie stimulent l’énergie créative, aide à accroître la concentration et la mémoire. Elle améliore l’humeur en faisant baisser le taux de cortisol (hormone associée au stress), en libérant les endorphines aux propriétés calmantes, analgésiques voire euphorisantes. En soulageant les douleurs chroniques (maux de dos, de tête), elle permet la diminution de la consommation de sédatifs. L’ocytocine est également libérée. Cette substance favorise le lien social et à son tour, la sérotonine agit sur l’humeur et le sommeil.
Cette utilisation judicieuse de la musique maintient ou améliore la santé mentale, physique ou émotionnelle du patient. Quasiment tous les styles musicaux sont possibles. Bémol sur le Hard Rock, le Heavy Metal, la House... qui peuvent engendrer des états d’excitation non désirés !
Utilisée dans les pathologies comme le cancer, l’AVC et la prise en charge de la douleur en général, la musicothérapie a même sa place au bloc opératoire pour accompagner des interventions diminuant les anesthésiques.
«Que les orchestres se mettent à jouer, Que nos mémoires se mettent à rêver... Musique !»

© Andrey Kiselev