allo maman bobo

médoc ad hoc

par Christine Mouez Gojon - 3 juil. 2020

la sclérose, j'la plaque !

PLUS DE 100 000 PERSONNES EN FRANCE SOUFFRENT DE LA SCLÉROSE EN PLAQUES, AVEC 5 000 CAS SUPPLÉMENTAIRES CHAQUE ANNÉE. MAIS UN TOUT NOUVEAU TRAITEMENT POURRAIT FAIRE AVANCER LA DONNE DE CETTE MALADIE AUTO-IMMUNE DU SYSTÈME NERVEUX.

Le 26 mars dernier, le laboratoire américain Bristol Meyers Squibb a annoncé que le FDA («Food and Drugs administration » : service responsable du contrôle et de la réglementation des médicaments avant leur commercialisation) a approuvé «son» Zeposia pour traiter la sclérose en plaques. Par ailleurs, une demande d’autorisation de mise sur le marché est en cours au sein de l’U.E.. La décision est attendue pour cet été.

MYÉLINE CIBLÉE

Une gaine constituée de myéline entoure nos nerfs. Elle les protège permettant ainsi à l’influx nerveux de se propager d’un neurone à l’autre, ou d’un neurone à différentes parties du corps. La sclérose en plaques est due à une hyper activité du système immunitaire qui considère, à tort, que la myéline est un corps étranger. La maladie se déclare quand il attaque des parties du système nerveux central : le cerveau, la moelle épinière, les nerfs optiques. Ce dysfonctionnement induit une destruction progressive de la myéline. Des déficiences neurologiques apparaissent, variables en fonction de l’endroit impacté.
C’est une maladie auto-immune causée par des facteurs génétiques non héréditaires. Elle évolue de façon imprévisible, et se manifeste le plus souvent entre 20 et 40 ans, touchant majoritairement les jeunes femmes. Dans 85% des cas, elle évolue par poussées avec des pauses de récupération, laissant parfois des séquelles. Pour certains, elle restera bénigne, pour d’autres, elle deviendra progressivement invalidante.

BON POINT

Ce nouveau traitement, le zeposia, s’il ne guérit pas la maladie, contribue à une réduction qui n’a jamais été atteinte, du taux de rechutes annualisé par rapport aux molécules déjà couramment utilisées. Un super bon point pour lui, car on le sait : plus les poussées sont espacées, moins il y a de rechutes, et moins il y a de rechutes, moins il y a de dégâts et de risques de séquelles neurologiques graves. Ajoutez à cela que plus le traitement débute tôt, plus il est efficace. Une affaire d’anticipation.

ADOUCIR LE QUOTIDIEN

Il existe déjà de nombreux médicaments qui maintiennent la conduction nerveuse dans les zones démyélinisées, allègent les douleurs, améliorent la qualité de vie des patients, retardent l’aggravation des différents symptômes. Immunomodulateurs et immunosuppresseurs, en fonction des cas, ralentissent la destruction de la myéline. Les poussées sont traitées sur prescriptions médicales de corticoïdes administrés en perfusions à fortes doses. En traitement de fond, on injecte des interférons bêta qui réduisent d’1/3 la fréquence des poussées. Mais le zeposia s’administre oralement, et c’est encore un bon point... un confort appréciable pour les patients. On avance... On avance...