barrez-vous !

chambres d'hôtes
- la maison de bon aloi -

par Estelle Coppens - 5 oct. 2019

hôte bourgeoisie

On pourrait croire à une noble pension de famille postée en lisière d’une campagne anglaise. Et non, vous êtes à 20 minutes du centre de Lyon. Dans une maison d’hôtes qui a su garder les politesses, le sens du décorum des bonnes maisons bourgeoises d ’antan.

Cette maison, nous n’en voulions pas”, sourit Catherine. “En lisant l’annonce, mon mari était en effet on ne peut plus réticent à l’idée d’aller la visiter”, se souvient la Lyonnaise. La bâtisse à vendre fait partie des dépendances rattachées au cossu et solide Château du Razat, propriété d’un soyeux lyonnais qui le fit bâtir en 1913. “Les maisons de gardien comme celles-là sont souvent sombres, mal placées, bruyantes, arguait-il. On oublie !”. Aujourd’hui, presque 10 ans après, c’est lui qui ne veut plus en bouger ! Il faut dire que lorsque Pascal, Catherine et leur famille font l’acquisition de leur futur logis de Vernaison, à une vingtaine de kilomètres au sud de Lyon, celui-ci est à l’abandon depuis des années. Mal en point. Bricoleur patenté, Pascal, en parallèle d’un métier prenant, se charge himself de la retaper, pièce par pièce.

Le projet d’une maison d’hôtes, c’était pour plus tard. Sauf que la vie fait parfois que plus tard, c’est maintenant... Un jour, Catherine, historienne d’art, spécialisée dans l’archéologie ancienne, se retrouve sans emploi. Elle, qui a du mal à rester inactive, commence par mettre en place, au domicile, des tables d’hôtes secrètes. Cette expérience de deux ans lui apprend toutefois que la restauration, trop lourde en terme de gestion, ne lui correspond pas autant que sa passion pour la cuisine ne le laissait supposer. Qu’à cela ne tienne, il s’agit de passer directement au plan B !

VIVRE AVEC MACGUYVER...

Leur maison dite «du jardinier» se prête en effet bien à l’activité «maison d’hôtes». Elle se déploie sur 300 m2, répartis sur trois niveaux. “Nous avons ouvert les chambres au fur et à mesure. Mon mari a beaucoup de qualités, mais il n’a que deux mains !” Un rythme idéal pour apprivoiser le métier, comme cette nouvelle étape de leur vie, arrivée un peu plus tôt que prévue.
On accède à La Maison de Bon Aloi par un chemin privatif qui débouche sur une terrasse dotée d’un bassin à l’avant. A l’arrière de la belle demeure ocre rouge, un jardin piqué de bambous dont la verticalité tranche avec des hortensias qui perdent la boule au milieu des rosiers. Les visiteurs peuvent également profiter du salon et de la salle à manger où sont servis les petits déjeuners, et de la bibliothèque dont l’abondante garniture contentera notamment les amateurs d’ouvrages sur l’histoire de Lyon et de sa région.

DO YOU SPEAK FRENCH ?

Avant de se lancer, le couple visite plusieurs maisons d’hôtes des environs. Constat : “Elles nous ont semblé consensuelles, assez identiques les unes aux autres. J’ai eu envie de prendre le contre-pied en créant une ambiance singulière, à notre image et conforme à nos envies”, se rappelle Catherine. Sa recette ? Des couleurs toniques, des imprimés forts, des alliances inattendues. Chose d’autant plus aisée que le tandem adore chiner, penchant attesté par une belle collection d’objets apte à titiller la curiosité. Pour éviter un décor trop marqué «antiquités», le couple introduit des éléments plus contemporains. Et chez les Déchelette, le mélange aboutit à une atmosphère que l’on peut qualifier de «néo-baroque» ou «néo-empire». “Les personnes qui font halte chez nous évoque souvent un style très anglais”. Un peu à l’image d’un musée vivant, proposant une plongée dans la domesticité ripolinée des maisons bien tenues de jadis avec ces lourdes étoffes, ses abat-jour en tissus plissés, le côté rassurant des choses qui durent... D’ailleurs, le nom lui-même, «la Maison de Bon Aloi» est un clin d’œil à cette tradition des bonnes manières et de l’art de recevoir que l’on cultivait naguère.

PROCHAIN ARRÊT !

“Naturellement, on ne séjourne pas à Vernaison comme on séjourne à Cannes”, se rend bien compte Catherine. L’adresse attire au premier chef une clientèle en transit qui ne souhaite ne pas trop s’éloigner de l’autoroute ni s’aventurer dans Lyon. Des vacanciers ou retraités en route vers le sud ou qui remontent avec du sable entre les doigts de pied, l’épiderme rougi. Ce qui contraste avec un autre type d’hôtes : les cols, blancs eux ; le voisinage comprend un repaire de sièges sociaux d’entreprises.
La demeure fait également office de base arrière aux clans de futurs mariés de la région, le Château de La Gallée et le Parc de la Valette, deux hauts lieux de la célébration de noces, n’étant qu’à quelques jets de bouchon de champagne de là...

+ d'infos : http://lamaisondebonaloi.fr