barrez-vous !

hôtel 16
le k2 altitude

par Béatrice Meynier - 3 mai 2018

étude de k(2)

Les capezzone aiment les montagnes... Et peut-être encore plus les dépasser ! Accompagnée de proches collaborateurs, cette cordée familiale a franchi les obstacles pour se hisser au sommet de l’hôtellerie de luxe. A Courchevel 1850, ils ont mis en œuvre des travaux massifs pour métamorphoser l’ancien hôtel Kilimandjaro en un nouveau cinq étoiles : le k2 altitude.

Se pencher sur l’histoire de cet établissement au style atypique, c’est ouvrir le livre personnel de la famille Capezzone. C’est survoler monts et vallées et remonter le temps pour se retrouver à Val d’Isère il y a une trentaine d’années. A l’époque, Philippe et son épouse Suzanne exercent le métier de promoteurs immobiliers et assurent l’exploitation de chalets.

Au fil des saisons, ils se lient d’amitié avec un de leurs fidèles clients : Lord Robert Edmiston. “Il s’est adressé à nous car il souhaitait acheter un chalet. Comme il venait d’avoir 50 ans, il n’était pas sûr de pouvoir encore skier longtemps sur la (raide) piste de Bellevarde à Val d’Isère. Il nous a demandé si nous avions quelque chose à Courchevel. En 1990, nous y avons acheté un premier chalet à déconstruire et en avons bâti deux. Nous avons par la suite rencontré Lord Stanley Fink qui nous a proposé de devenir partenaires financiers. A ce moment-là, on trouvait la promotion immobilière un peu ingrate : on ne fait que construire et revendre, finalement on ne fait pas vivre. Le côté humain nous manquait”.

ÉTOILES MONTANTES

Avec leur associé, le couple décide donc de se lancer dans l’hôtellerie. Le projet démarre en 1999 par l’acquisition d’un hôtel 3*** sur les hauteurs de Courchevel, en bordure de la piste de ski de Pralong. Décoré de moquettes murales roses, le bâtiment n’est pas destiné à faire long feu ! Et ce à tous les sens du terme, puisqu’il sera brûlé pour être démoli (sous contrôle des pompiers !).

Sa reconstruction s’opère sur la base d’un concept novateur : un hameau de onze chalets reliés entre eux par une galerie. “Personne n’y croyait, ce n’était pas dans les codes de l’hôtellerie traditionnelle de l’époque. Finalement en n’ayant pas d’expérience dans le domaine, on avait un angle de vision ouvert, nous n’étions pas formatés. Nous avons énormément travaillé et vécu des années difficiles, c’était comme apprendre à lire et à écrire. Heureusement, dès le début nous nous sommes entourés de professionnels de la gastronomie et de l’hôtellerie, qui, pour la plupart, sont toujours avec nous. C’est très important, on ne peut pas mener ça à bout tout seuls, ce d’autant plus que nous sommes très perfectionnistes”.

Classé 4* luxe durant les premières années, Le Kilimandjaro fait partie des 6 premiers établissements français à décrocher la cinquième étoile en 2009, puis obtient un macaron au Michelin.

K2 ATTITUDE

Encouragés par cette réussite, les Capezzone ouvrent en 2011 un autre hôtel, plus proche du centre de la station : Le K2. D’inspiration tibétaine, la décoration donne une âme unique à ce 5 étoiles (devenu Palace en 2014). L’idée de développer la marque «K2 Collections» autour de ce concept «anti bling-bling» mûrit dans l’esprit des propriétaires. “Dans l’hôtellerie, il y a un cycle, un moment où l’hôtel arrive à maturité, puis périclite. A Courchevel, ce cycle ne dépasse pas les 15 ans. Pour Le Kilimandjaro la question s’est posée de vendre, de transférer la gestion, ou de rénover. On est finalement parti sur le projet de raser le bâtiment et de le reconstruire selon la philosophie du K2, pour créer une marque avec deux entités : le K2 Palace plus proche du village et le K2 Altitude plus proche du sommet”.

Après des études en architecture d’intérieur, Thomas, le fils de 24 ans, prend en charge ce projet titanesque, qui doit être mené à bien entre le printemps et l’automne pour une ouverture en décembre 2016. “Ce furent des mois de pression. Il fallait prouver à mes parents et aux collaborateurs, que je n’étais pas juste le «fils de», que j’étais capable de faire, et dans un délai très court”.

8 000 M2 DÉMOLIS ET REFAITS EN 6 MOIS !

Sur la base des plans élaborés en interne, il est décidé de conserver les murs et de rebâtir entièrement l’intérieur. Déjà intervenue sur la construction d’origine, l’entreprise Spie Tondella assure le gros œuvre. Les 11 chalets restent reliés entre eux, avec une redistribution des surfaces et la création de nouveaux espaces : cinéma, club enfants, salle de fitness, ski shop...

Au plus fort de sa fréquentation, le chantier compte jusqu’à 350 personnes parmi lesquelles 120 collaborateurs de l’entreprise, ainsi que les propriétaires eux-mêmes ! “Il ne faut pas demander à quelqu’un quelque chose qu’on ne sait pas faire soi-même. On a mis les mains dans le cambouis et on était tous là jusqu’à la veille de l’ouverture. C’était une vraie aventure humaine...”.

Peaufinant le K2 Altitude jusque dans les moindres détails, les Capezzone en ont même dessiné le mobilier. Pour sa décoration, ils ont, entre autre, utilisé 5000 livres. On ne refermera pas le leur, sans évoquer Emily. Encore étudiante, elle rejoindra peut-être un jour la Maison de sa famille, qui ne manque pas de perspectives et de projets...

+ d’infos :
lek2altitude
.com

Photos : Marc Berenguer et Thierry Malty