barrez-vous !

hôtel 4
le saint roch

par Béatrice Meynier - 3 mai 2018

roch star

À grandes touches et fines retouches, Eric Claret-Tournier a complètement transformé un ancien hôtel du centre de Courchevel pour en faire un cinq étoiles original. Quand chalet alpin rime avec style contemporain...

"Courchevel n’a pas qu’un seul ADN. Chacun y met sa patte et sa sensibilité” annonce en préambule Eric Claret-Tournier. Aucune raison donc de coller à un style uniformisé, façon chalet ultra boisé ou palace aseptisé.

Cette philosophie guide manifestement ce propriétaire de plusieurs établissements dans la station et ailleurs, lorsqu’il décide, il y a une douzaine d’années, de reprendre et de restructurer l’ancien hôtel trois étoiles «L’Aiglon». A deux pas des pistes et du centre du village, la bâtisse au toit plat est un pur produit (au carré !) de l’architecture des années 70. Qu’à cela ne tienne.

Eric Claret-Tournier décide de la métamorphoser en alliant la tradition montagnarde avec un style actuel. “Je voulais imaginer un vrai chalet savoyard réhabilité d’une manière contemporaine. Nous avons utilisé essentiellement des matériaux anciens qui ont été remis au goût du jour”. Noëlle Bonnemaison œuvre à la décoration durant un an et demi.

DE FOND EN COMBLE

La première étape de l’opération consiste à modifier l’orientation du bâtiment qui est situé dans un virage en pente. “Son entrée principale était placée sur sa partie haute. Cette configuration oblige les clients à descendre pour accéder à l’intérieur ce qui s’avère un inconvénient reconnu dans le domaine de l’hôtellerie” explique Valérie Mansis, directrice de l’hôtel depuis dix ans.

La réception est donc déplacée en aval, sur la façade opposée. Si les murs extérieurs sont conservés, l’intérieur est démoli en quasi totalité. Eric Claret-Tournier repense les volumes et conçoit l’ensemble comme un immense chalet privé aménagé en 14 suites de 56 à 93 m2 , 5 chambres de 36 à 44m2 , et 2 appartements : un penthouse de 400 m2 : «Le Love», et un chalet à part entière de 500 m2 : «Le Roch».

LIBRE CHOIX

Côté déco, Noëlle Bonnemaison opte pour des coloris à dominante de brun or et d’argent, se déclinant dans des dégradés de bronze, de marron chocolat, de gris perle et d’ardoise. Les intérieurs sont habillés de parquets en chêne à l’ancienne, de poutres et de cheminées. Récupérés ici et là, ils se voient redonner une seconde jeunesse. Les canapés et les méridiennes se parent de velours et certains murs de cuir, tandis que les lits sont réchauffés avec des plaids en fourrure.

La décoratrice mise aussi sur du matériel High Tech et des objets originaux tels que des télévisions et des chauffages masqués par des miroirs, des radiateurs en forme de tuyaux d’arrosage ou d’altiers paons grandeur nature ! Dans les salles de bains, elle associe le métal et la nacre, mariés avec une étonnante faïence aux allures de croco. Les ambiances lumineuse, olfactive et musicale sont également particulièrement étudiées. La combinaison de l’ensemble de ces éléments contribue à créer un établissement à la personnalité particulière et marquée. Une affaire d’ADN en somme.

+ d’infos :
lesaintroch
.com

Photos : Gérard Cottet