barrez-vous !

hôtel 8
le refuge des aiglons

par Victoire Barrucand - 3 mai 2018

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Si l'on vous parle «refuge» à Chamonix, les images se bousculent avec plus ou moins d'effroi : altitude, dortoir, eau glacée, promiscuité... Stop ! Respirez : il s'agit là du refuge des aiglons, à Chamonix certes, mais avec luxe, calme et connectivité... Et eau chaude à tous les étages !

D’extérieur, le Refuge des Aiglons peut paraître assez ordinaire, aspect compensé par son atout phare, une situation à un rond-point stratégique, à l’entrée de la station, permettant des départs chaussés et skis sur l’épaule, vers les navettes. La découverte est d’autant plus heureuse en franchissant la porte. Prêt ?

AIGLONS, AIGLONS...

Se définissant «facilitateur de vacances», la société Temmos exploite plusieurs établissements en station. Le Refuge des Aiglons, acquis en 2006, subit dix ans plus tard, un vaste chantier d’embellissement intérieur. Montée en gamme et en services obligent, sous la houlette de son directeur, Yann Crottet. C’est le Cabinet d’architecture Maison Numéro 20 qui est chargé de la transformation des 107 chambres, hall d’accueil, salons et restaurant. Il n’est pas question de produire un énième hôtel contemporain.

Le brief pose immédiatement la base de la réflexion. Quel serait l’hôtel de demain? Pour qui? Un refuge 4 étoiles, unique ! La cible des 25/35 ans est particulièrement chouchoutée. Qu’est-ce qui prime pour cette génération? Outre le confort de base? La connectivité et les lieux d’échanges, pouvoir poser son ordinateur portable n’importe où, attraper la wifi, travailler, se retrouver entre amis ou les rejoindre sur ses réseaux sociaux favoris...

Alors, l’hôtel est repensé en refuge XXL, où dormir et partager. Le grand hall, le salon-bar organisé en vaste plateau design, seront aménagés de confortables canapés. D’un clic, on s’y clac.

En un trimestre, le plus gros des travaux est achevé. Les artisans locaux disponibles sont favorisés et redoublent d’efficacité. La rénovation des chambres a été privilégiée et sont alors proposées au public dès Noël 2016. Les réservations peuvent heureusement être honorées !

PETITS PAS À TÂTON...

Puisqu’on pense refuge, on imagine chambre sommaire, à taille humaine mais cosy. Les architectes ont distillé de nombreux rappels évoquant le bois, la nature, un esprit minimaliste et chaleureux. Aux murs, le crépis à l’aspect brut a été conservé. De couleur marron, associé à quelques touches d’orange, et nous voici en automne. Sur les lits, ici et là, sont déposés des coussins façon rondins de bois. Les trophées factices et les chevets-ours de bois sculptés ajoutent à cette balade en forêt. Côté ameublement, on a misé sur des éléments épurés : chaise style indus’, bureau constitué d’un simple plateau de bois. Une moquette épaisse revêt le sol. On quitte les godillots pour marcher pieds nus. En tête de lit, des baguettes de bois habillent les murs, une esquisse des sommets environnants. Simple et efficace.

Outre le «life space» où se retrouver pour la détente, le refuge propose une piscine, un espace bien-être et une restauration supérieure à la gamelle goûteuse peut-être, mais rudimentaire proposée en altitude. Ce printemps a vu l’achèvement des salons, restaurants, hall d’accueil, associant les matériaux dans leur aspect le plus simple. Esprit urban chic, mais discret.

On y trouve même désormais un escape game grandeur nature, organisé dans l’enceinte de l’hôtel, dès fois que vous pensiez vous échapper ! Une heure et demie entre amis ou en famille pour résoudre une énigme à l’ancrage bien local : le Malabar Princess, crashé dans le Mont Blanc en 1950, ne laisse aucun survivant. Un rapport avec cette boîte de pierres précieuses et de bijoux retrouvée sur le glacier des Bossons en 2013? A vous de mener l’enquête! Nous, on va se coucher...

+ d’infos :
lesaiglons
.com

Photos : Yoan Chevojon / Daniel Durand