boys boys boys...

Franck Thilliez, daddy cool, poule ou full ?

par Magali Buy - 17 juin 2019

six pieds sur terre

SI FRANCK THILLIEZ TENTE UN COUP DE POKER À CHAQUE ROMAN OU THRILLER QU’IL PUBLIE, DANS LA VIE, LES RISQUES , CE N’EST PAS SON AFFAIRE ! ALORS QU’IL VIENT DE DONNER NAISSANCE À SON NOUVEL OUVRAGE LUCA, LE 2 MAI DERNIER… DU HAUT DE LEURS POMMES , ESTEBAN, 17 ANS, ET TRISTAN, 12 ANS N’ONT AUCUNE PEINE À LE RAMENER À LA MAISON, LOIN DE SA SCIENCE-FICTION !

Originaire d’Annecy, Franck Thilliez, a passé l’essence de sa vie dans le Nord, et il y vit encore. Pudique, un peu intimidé et assez droit, difficile d’imaginer que derrière cette armure, se cache un cerveau bouillonnant d’intrigues et d’imagination ! Et pourtant, l’histoire n’avait pas commencé comme ça... Des études et un poste d’ingénieur en informatique pour préface, c’est à la naissance de son fils aîné qu’il profite des pauses nocturnes pour gribouiller ses premiers scénars ! Il savait qu’il écrirait un jour, l’occasion lui tendait les bras ! De brouillons en réflexion, 4 ans plus tard, il devient père au foyer et auteur à succès pour de bon ! Action !

Activmag : On a l’impression que tout est écrit dans votre vie, la venue de vos enfants aussi ?
Franck Thilliez :
Avec mon épouse, nous avions commencé à travailler, on était jeune et c’était le bon moment. Ils étaient attendus et désirés, on voulait juste laisser un peu de temps entre les deux. Les grossesses se sont bien passées, il n’y a eu aucune surprise, c’était prévu comme ça, comme sur des roulettes !

Et être père, ça a aussi roulé tout seul ?
Sur le papier, j’étais prêt, mais en réalité, il faut s’adapter. J’avais surtout peur de ne pas dormir, et de plus être performant au travail, ni même ponctuel. Comme j’avais plus d’une heure de trajet, ça me stressait assez. Mais un mois et demi après, tout était oublié ! Etre père, c’est incroyable dès le premier regard. Je n’ai pas pu assister à la naissance de mes enfants puisqu’ils sont nés par césarienne, mais j’étais là. J’ai coupé le cordon pour l’un et le second, je l’ai récupéré dès sa sortie. Je ne sais l’expliquer, mais il se passe quelque chose de tellement émouvant. Les serrer contre soi, tout petits, il y a ce lien instantané qui se crée, ça a été fort tout de suite. Je les voulais mes enfants et quelque part ça a comblé une envie, un manque. C’est incroyable !

Vous avez eu un regard neuf sur les choses ?
J’avais cette vision de la vie qui dit qu’avoir des enfants, c’est pouvoir transmettre, et laisser la trace de notre existence à travers eux, vous pensez bien que ça change tout ! En un rien de temps, on se met à vivre pour eux et rien que pour eux, on fait tout pour qu’ils grandissent le mieux possible dans notre société.

Quelle éducation vouliez-vous leur donner ?
Je viens du Nord, d’un milieu ouvrier où il y avait des valeurs d’éducation, d’autorité et de respect. Mes grands-parents travaillaient à la mine, pour vivre, il fallait bûcher et je veux vraiment que mes enfants aient conscience de ça, qu’ils ne se reposent pas sur le fait que «mon père a de l’argent... ». Il faut se battre pour réussir, rien ne tombe tout cuit dans l’assiette ! Alors, on met une barrière très forte entre ce que je suis, ce que je gagne et ce que l’on doit leur apprendre, on essaie de les garder dans la vraie vie. Mais je me souviens aussi de la vue que j’avais de mes parents, parfois très réfractaires et plutôt vieux jeu... Je pense qu’on doit s’adapter aux enfants et au monde qui file à vitesse grand V, trouver l’équilibre. De l’autorité d’un côté, pour placer les limites et les bases, et de l’autre, contrebalancer en étant complice et proche d’eux, c’est important !

Et si vous aviez une baguette magique, avec le recul vous changeriez quelque chose aujourd’hui ?
Je leur dirais plus que je les aime ! J’ai beaucoup de mal à mettre des mots sur mes sentiments. Je suis très pudique ! Et le comble, c’est que je n’arrête pas de dire aux autres de le faire tant qu’il est temps !

Et pudeur contre questions intimes et chagrins d’ados, ça fait bon ménage ?
Ils ont 12 et 17 ans et forcément, ça les travaille... Heureusement que leur maman est là ! Elle les taquine, je rajoute quelques enfantillages, ils parlent et tout se passe sans problème. On leur a toujours dit qu’il fallait parler du moindre tracas, que le dialogue est primordial. Toutes ces histoires d’enfants tristes, malheureux ou encore harcelés, ça me touche beaucoup, il faut impérativement désamorcer ! Heureusement, on n’a jamais eu le cas et pas de chagrin d’amour non plus pour le moment ! Ça commence tout juste, le plus grand est plus copains et études que petites copines et me ressemble beaucoup sur ce terrain-là. Pour les filles, c’est sûrement différent, mais avec mes garçons, c’est comme ça !

 

+d’infos : Instagram/facebook : Franck Thilliez officiel
A lire : Luca, aux éditions Fleuve Noir.