boys boys boys...

la roue tourne !
questions à Olivier Panis

par Alexia Malige - 6 avr. 2020

les voitures de sa vie

DE LA FORMULE 1 AUX RALLYES, EN PASSANT PAR LE TRISTE BITUME DU QUOTIDIEN, OLIVIER PANIS A VU DÉFILER DE NOMBREUX BOLIDES ENTRE SES MAINS. DES P’TITS BIJOUX AUX VIEUX TACOTS, IL REVIT POUR NOUS SES IDYLLES AUTOMOBILES.

Vainqueur du Grand Prix de Monaco en 1996, Olivier Panis reste aujourd’hui le dernier Français à s’être imposé en Formule 1. A 53 ans, il ne pilote plus. Bien trop occupé à bichonner son équipe de course d’endurance automobile Panis Racing. Une écurie qu’il a fondée avec Fabien Barthez en 2016 et qu’il espère bien voir briller sur les circuits. Entre les courses en ELMS (European Le Mans Series) et la préparation des prochaines 24 heures du Mans, son planning ne désemplit pas. Et s’il a des temps morts, il enfile sa combi de consultant mécanique pour Eurosport. Un rythme effréné, qui ne déplaît pas à notre ex-roi de la vitesse.

Activmag : Gamin, vous jouiez aux petites voitures ?
Olivier panis :
Evidemment ! Je recevais des nouveaux circuits électriques à chaque Noël. Je m’inventais des garages, des routes, je faisais même des tranchées dans le jardin. D’ailleurs, ma mère et ma grand-mère s’arrachaient les cheveux sur mon passage. Il fallait que je rebouche la pelouse après...

Quelle est la voiture qui a marqué votre enfance ?
L’Alpine A 110 de mon père. Elle était orange... Je la trouvais magnifique ! Dès qu’il grimpait dedans, je faisais tout pour monter avec lui. Une vraie voiture de sport des années 70! Il n’y avait aucun confort, beaucoup de bruit et ça sentait l’essence à plein nez. Ces balades-là resteront gravées dans ma tête.

Sur quelle voiture avez-vous appris à conduire ?
Il y en a eu plusieurs, car mon père était garagiste et possédait divers véhicules. J’ai d’abord appris sur ses genoux dans les parkings vides le dimanche, puis je suis allé à l’auto-école. Et pour l’anecdote, j’ai passé mon permis trois fois ! Je l’ai d’abord raté en grillant une priorité et la deuxième fois parce que je roulais trop doucement en ville, un comble ! J’étais sacrément en colère contre l’inspecteur ce jour-là, mais à l’époque, on ne discutait pas. Recalé ! Au revoir Monsieur, merci.

Quelle a été votre première voiture ?
Une Autobianchi Abarth, que j’ai cassée une semaine après mon permis. Comme tout jeune de 18 ans, je pensais savoir conduire. Dans un virage, je suis sorti de la route et je l’ai bien abîmée. J’ai fait ça comme un grand, tout seul! Mon père m’a mis une brassée et m’a acheté une voiture tout ce qu’il y a de plus moche. Il m’a dit que ça me ferait les pieds ! C’était une Citroën GS Basalte. Elle était rouge en bas et noire sur le haut, c’était affreux. Tout le monde se moquait de moi, même mes copines ne voulaient pas monter dedans! Malgré tout, j’en ai bien profi- té. Et en terme de fiabilité et de robustesse, c’était une super caisse.

Quelle voiture vous a donné envie de devenir pilote ?
Une Porsche Carrera vert pomme. Elle était sublime! Je la voyais souvent car elle appartenait à un voisin. Je pouvais rester planté devant pendant 10 minutes pour l’admirer. Ça faisait râler ma mère, elle en avait souvent marre d’attendre.

Quelle a été votre première voiture de Formule 1 ?
Une Ligier avec un moteur Renault. Quand je suis monté dedans pour la première fois, ça a été incroyable. Lorsqu’on a mis le moteur en route, j’ai eu l’impression d’être assis sur une fusée. Le bruit, la puissance, les sensations étaient hallucinantes. J’ai vraiment adoré cette voiture et j’ai fait une très belle saison avec. Elle a marqué le début de ma carrière professionnelle dans l’automobile. Elle restera toujours spéciale pour moi.

©dppi Ligier Monaco 96
 Je m’attendais au pire, à un accident, que la Lamborghini était morte. Mais non ! Il avait juste pris une balle perdue sur l’autoroute ! 

Quelle voiture vous a apporté le plus de plaisir dans une course ?
La Ligier JS43 Mugen-Honda, que j’ai conduite lors du grand prix de Monaco en 1996. Dès que je me suis levé, ce matin-là, j’ai senti que j’allais mettre un pied sur le podium. Pourtant, je partais 14e, donc c’était loin d’être plié. Au fond de moi, je savais qu’avec cette voiture, rien ne pouvait m’arriver. Il pleuvait, la piste était mouillée, mais j’étais tellement en osmose avec mon véhicule que j’ai pu prendre des risques et remporter la course. Ça a été un moment exceptionnel. J’ai réalisé mon rêve d’enfant.

La voiture de votre mariage ?
Une Rolls Royce Corniche. Je voulais marquer le coup et je trouvais cette voiture très élégante, très classe. Il fallait que ça soit un peu magique.

De toutes, laquelle a le plus de valeur sentimentale ?
Ma Lamborghini Diablo. C’était la plus belle voiture du monde! Elle était de série, mais entièrement personnalisée pour moi. Sa couleur était unique. C’était un violine nacré extrêmement joli. J’ai eu du mal à m’en séparer. Elle a également eu une histoire des plus extravagantes! Je l’ai prêtée un jour à un ami pour qu’il se rende à un mariage. Une heure après être parti, il m’a téléphoné. Je m’attendais au pire, je pensais qu’il avait eu un accident, que la Lamborghini était morte. Mais non ! Il avait juste pris une balle perdue sur l’autoroute !! Un chasseur un peu distrait... La balle a brisé la vitre latérale côté passager, puis est retombée sur le siège. Il a eu sacrément peur. Il a cru qu’une bombe lui tombait dessus. Heureusement que les vitres étaient renforcées, car sinon, il ne serait sûrement plus là pour en parler...

Quelle voiture rêveriez-vous d’avoir ?
La Mustang Eleanor de Nicolas Cage dans « 60 secondes chrono ». C’est une série spéciale créée pour le film. Elle a un look différent des autres, le moteur a un bruit très agressif, très rauque et j’aime ce côté américain. Je suis un grand fan des anciennes. Les voitures des années 70-80 ont vraiment une âme, alors qu’aujourd’hui, elles sont tellement fiables, insonorisées et confortables, qu’elles me font moins vibrer.

Quelle pourrait être votre prochaine voiture ?
Une Mustang 68 cabriolet rouge. Je la trouve mythique. De nombreuses stars des années 70-80, comme Steve McQueen, l’ont conduite. C’était la décapotable de l’époque ! Elle est belle, fiable et procure énormément de plaisir et d’émotions. Qui sait... ?

VOITURE D’OCCASIONS

. La voiture pour partir en vacances ?
Un Lexus RH 450 hybride. C’est ce que j’ai en ce moment et c’est vraiment idéal pour les voyages. Il y a de la place pour les enfants et pour toutes les valises.

. La voiture pour draguer ?
Une Lamborghini Aventador. Les lignes sont splendides et ne laissent personne indifférent.

. La voiture pour frimer ?
Une Ferrari cabriolet rouge. Quitte à être dans la frime...

. La voiture pour un week- end romantique ?
Une Bentley continental. C’est classe, confortable et l’intérieur est magnifique. On n’a pas envie de faire l’imbécile avec.

. La voiture pour rouler sous la pluie ?
Un Porsche Cayenne. Il est polyvalent et a une bonne assistance au pilotage.

. Celle pour un road trip ?
Une Porsche 911. Elle est solide, sportive et très agréable pour rouler tranquillement.

© Portrait : Jean-François Monier / AFP