boys boys boys...

les milliancourt,
garagistes de père en fils

par Béatrice Meynier - 20 sept. 2018

un créneau familial

Dans leur garage de Tournon en Savoie, les Milliancourt se consacrent sans freins à leur passion pour les belles mécaniques. Après avoir négocié quelques virages, la famille poursuit sa route dans la restauration de véhicules de prestige.

Activmag : Vous faites tourner votre garage exclusivement en famille. Qui est dans le circuit ?

Farida Milliancourt : A l’atelier, il y a Francis, mon mari, Jérôme notre fils aîné de 28 ans et David le cadet de 22 ans. Moi, je m’occupe de l’accueil et de la gestion. Quant à Francis et nos enfants, ce sont des vrais passionnés de mécanique avec chacun leur préférence pour certains types de moteurs, depuis les plus anciens et classiques jusqu’aux plus récents et technologiques.

Quels sont les premiers rouages de cette saga familiale ?

Francis s’est formé à la mécanique très jeune, dans l’optique de reprendre, à terme, le garage de sa famille en région parisienne. A l’époque, je vivais dans le nord de la France. Nous nous sommes rencontrés grâce à des amis communs à Paris. Un vrai coup de foudre à la sortie du métro ! On s’est mariés onze mois plus tard et pour diverses raisons, nous sommes partis vivre dans le Sud. Francis a d’abord été employé par une grande marque automobile française, puis dans un garage spécialisé en véhicules de prestige. Après la fermeture de l’établissement, il a rejoint un groupe de centre autos comme Chef d’atelier et ensuite directeur d’enseigne en Savoie. Mais l’atelier lui manquait…

C’est ce qui a été le moteur pour se mettre à son compte ?

Oui, Francis avait vraiment envie de faire à nouveau de la mécanique, de replonger les «mains dans le cambouis», sa passion depuis toujours ! On s’est donc posé la question de reprendre un garage, à Frontenex, en gérance. Je travaillais à cette époque dans un cabinet comptable et c’est vrai qu’il y avait un risque à quitter ce travail stable pour se lancer dans une telle aventure. Mais je pars du principe que pour réussir, il suffit de retrousser ses manches et de bosser.

Comment vos enfants sont entrés dans la course ?

Jérôme a toujours voulu faire de la mécanique. Il avait de bons résultats en classe et aurait pu faire d’autres études. Mais non, il a tenu bon et passé son CAP et son BAC Professionnel en travaillant avec nous en alternance. C’était une fierté pour lui d’être formé par Francis. A 13 ans, David venait déjà au garage le week-end pour travailler avec son papa. Nos enfants avaient tous les deux envie qu’on créée quelque chose ensemble et ils nous ont poussés dans ce sens. Nous avons donc acheté notre garage en 2009. A ce moment-là, on y faisait les réparations de véhicules standards.

Et puis vous avez pris le virage du haut de gamme ?

Oui, ça s’est fait d’une manière un peu particulière, grâce au bouche-à-oreille et à internet. On peut dire que pour nous, il y a eu un avant et un après Facebook ! Fin 2012, un ancien client de Frontenex nous a confié sa Ferrari à réparer. Nous l’avons mentionné sur la page que nous venions de créer. Il y a eu des commentaires positifs et peu à peu cela nous a positionnés sur ce secteur du prestige. Et nous avons bien sûr investi régulièrement pour acquérir du matériel spécifique, indispensable pour traiter ce type de voitures. Du coup, aujourd’hui, nous intervenons majoritairement sur des Porsche, Ferrari, Lamborghini, Maserati, Mac Laren, Nissan GT-R, Jaguar, Rolls...

C’est donc le luxe votre carburant ?

Ce n’est pas spécialement le luxe qui plaît aux garçons, mais plutôt le côté pointu des moteurs de véhicules de prestige. Pour les réparer, il faut être particulièrement méticuleux, apprendre sans cesse de nouvelles techniques, se remettre en question. C’est comme cela qu’ils vivent à fond leur passion de la mécanique.

+ d’infos :
garage-milliancourt
.fr

Photos : Nathan Excoffier