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Thomas Queille, daddy cool, poule ou full ?

par Mélanie Marullaz - 16 juin 2019

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SUPERMAN PEUT VOLER, SPIDERMAN BALANCE DES TOILES D’ARAIGNÉES, ANTMAN CONTRÔLE LES… FOURMIS ET SUPERPAPA, QU’EST-CE QU’IL FAIT ? IL TERRASSE LES SIÈGES AUTOS INDISCIPLINÉS, COMBAT LES DIARRHÉES, LUTTE CONTRE LE SOMMEIL ET SURTOUT, SURTOUT, ARRIVE À EN RIGOLER. SI ÇA, C’EST PAS UN SUPER POUVOIR…

Petite barbe taillée et blouson ajusté, comme tous les superhéros, Superpapa se fond dans la foule, tentant de préserver son anonymat.
Thomas Queille - oups... désolée - mène pourtant, la nuit, une vie que ses collègues de boulot ne pourraient pas soupçonner - enfin, les valises sous les yeux, ça peut alerter -. Il chante des berceuses, change des couches, fait chauffer du lait et réussit à tout filmer. Enfin, presque tout... En octobre 2018, ce trentenaire genevois a fait, de sa vie de papa, une mini-série vidéo de 10 épisodes qui cartonne sur les réseaux sociaux.
“L’idée m’est venue en discutant avec un copain, papa lui aussi. Il était très posé, alors que j’étais au bout du rouleau, parce que mon fils se réveillait plusieurs fois par nuit ; c’était très dur et je manquais de sommeil. Il m’a dit : « tu devrais faire quelque chose là-dessus, la vidéo, c’est ton métier ». Du coup, je l’explique dans le tout premier numéro, après avoir balancé par-dessus mon épaule un bébé qui s’écrase contre le mur : « pour ne pas en arriver là, j’ai décidé d’en rire ». Parce que dans chaque situation dramatique, il y a de la comédie.” Et parce que son fils, mini-tornade éprouvante à gérer après une aînée hyper facile et posée, est un « outil » très drôle pour une série.

SUPER GALÈRES

Thomas s’inspire donc de tutos parentaux et commence à tourner. Sortir, nourrir, calmer bébé ou partir en vacances avec lui... En moins de 5 minutes, avec un côté cartoon et un montage ultra léché, il raconte son quotidien et renseigne ses futurs com-pères sur les galères qui les attendent. Il questionne avec humour la condition des femmes, mais surtout celle de ces hommes issus d’une génération de Papas qui ont dû s’adapter. Et qui sont fatigués d’entendre qu’ils se débrouillent bien... pour des mecs. “Je suis le premier à trouver génial que la femme se soit émancipée, mais pourquoi continuer avec les carcans ? Le schéma traditionnel m’emmerde dans un sens comme dans l’autre : pourquoi, parce que je suis un homme, je dois porter les trucs lourds et gagner plus ? C’est ma femme qui repasse mes chemises, peut-être, mais c’est moi qui cuisine, c‘est juste une question de compétences. Et quand le petit est arrivé, on faisait une nuit sur 2, 50/50 parfaitement équitable... D’ailleurs, on a frôlé le burn-out. On s’est connu à 14 ans, on a surmonté pas mal d’épreuves, mais là, on a vraiment failli y laisser notre peau !”.

SUPER PRINCIPES

Evidemment, pour illustrer son propos, Thomas convoque des figures tutélaires, Batman, Superman, Indiana Jones. Mais son modèle, le Superpapa « pour de vrai », reste son propre père. “Il était jeune, affectueux, nous parlait beaucoup, arrivait à dire en peu de mots ce qu’il fallait pour aiguiller les enfants, et avait la capacité à se détacher de la pression du boulot, de ses soucis, à ne jamais nous faire ressentir ses maux. Une vraie force tranquille.” Qui les a quittés cette année au printemps, et dont il a fallu parler avec sa fille :“être parent t’apprend l’humilité, tu dois oublier ta peine pour calmer celle de ton enfant.”
Lui qui se disait « champion du monde des théories » - je ne ferai jamais de chantage à mes enfants, n’éléverai pas la voix, cuisinerai tous leurs repas - avoue que malgré toutes ses certitudes, on ne sait jamais vraiment comment gérer une situation avant d’y être confronté. Il se remet donc constamment en question, se réinvente au contact de sa progéniture, reste sur le qui-vive : “si ma fille me dit qu’elle est homo, je me ferais du souci pour elle, mais je pense qu’elle ne me décevra pas. 4 jours après sa naissance, on m’a annoncé qu’elle allait mourir, donc tant qu’elle va bien, le reste, je m’en fous ! Si mon fils débarque avec une croix gammée tatouée sur le torse, par contre, je pense que je le renie. Pour moi, ça représenterait la lie de l’humanité, malgré le temps et les efforts que j’aurais consenti pour lui ouvrir l’esprit, et là, je ne suis pas sûr que je saurais mettre mon chagrin de côté.”

SUPER EXPÉRIENCE

Malgré les sollicitations, il n’y aura pas de 2e saison de Superpapa, Thomas a dit ce qu’il avait à dire, et n’est pas prêt à plus exposer ses enfants. Mais il en garde d’excellents souvenirs : les liens tissés avec son fils, les commentaires de ses fans et les fou rires à 4h du matin, la tête littéralement dans les toilettes, ou le tire-lait posé sur son torse, puissance maximale pour qu’il adhère... Ce qui l’amène à conclure : “être parent, c’est formidable, mais ça se mérite, c’est comme un couple qui dure, ça ne tombe pas du cul du poney, c’est du travail, de l’abnégation et du contrôle de soi. On passe sans arrêt de « là, j’ai géré » à « je patauge dans le kirsch ». Autour de moi, il y a des pères qui ont pris conscience de ce que c’était, du rôle qu’ils ont à jouer, qui ont une vraie envie, une vraie démarche, mais il y en a encore qui disent que certaines tâches ne sont pas pour nous. Tant que l’homme n’aura pas compris que les plus beaux moments qu’il peut passer dans sa vie, c’est avec ses enfants, il ne changera rien.”

 

+ d’infos : Facebook/Youtube : Superpapa la mini-série