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ça capote !

par Frédéric Charpentier - 29 oct. 2017

emballé, c'est pesé !

Qu’on soit garçon ou fille, on a tous croisé un jour un préservatif, que ce soit au détour d’une soirée étudiante, d’une envie de ne pas avoir d’enfant ou tout bêtement pour balancer une bombe à eau sur les passants... Dans tous les cas de figure, chacun en est sorti grandi... Le métier qui rentre !

Mais quand c’est Lara notre cheffe bien-aimée (génuflexion servile) qui a lâché cette bombe en réunion de rédac’ : “Qui serait intéressé pour plancher sur les préservatifs ?”, certaines ActivGirls ont jeté un œil inquiet sur leur Lancel, sauf l’intrépide Agnès qui a proposé de faire un “j’ai testé pour vous”, Delphine a défendu le modèle en peau de concombre bio, et Emmanuel n’a rien dit, occupé qu’il était à dissimuler dans un sac poubelle 30 litres son priapisme géant récidivant. Du coup, j’ai opiné du chef, en annonçant d’une voix caverneuse issue de mon corps, que ce sujet m’allait comme un g(l)ant, élevé que j’avais été au laTex Avery... 

MAIS RENTRONS GAILLARDEMENT DANS LE VI(T)F DU SUJET

On retrouve les premières émergences de préservatifs chez les Egyptiens sous forme d’un capuchon en lin, puis chez les Romains qui, eux, prenaient des vessies de chèvres pour leurs (g)lanternes. Ensuite au Xème siècle, les Chinois choisissent le papier de soie huilé pour pratiquer le pousse-pousse, pendant que les Japonais montent lentement vers l’Ôgazumu grâce à des étuis en écailles de tortue : “Oh oui, Gai-chat, je Nem que toi !”. Mais c’est au XVIème que Gabriel Fallope (oui je sais, chère lectrice que mariée avec lui, tu aurais gardé ton nom de jeune fille) ne se trompe pas en inventant «un fourreau d’étoffe légère, fait sur mesure pour se protéger des maladies vénériennes», surtout qu’à l’époque, la «carie française» plus connue sous le nom de syphilis fait des ravages, surtout dans la noblesse des Gaules et du clergé qui a le feu au cierge !

Au XVIIème siècle, on introduira le «condom» qui viendrait du latin «condus» signifiant «respect». Louis XIV, emballé, l’utilise, tout en interdisant au peuple d’en posséder ou d’en vendre, comme aujourd’hui les comptes bancaires en Suisse pour nos puissants ! Ce condom est fait en boyau animal, mêêêh sans l’animal autour, je précise. Subséquemment -seul le correcteur d’orthographe connaît encore ce mot- c’est au XVIIIème siècle que la commercialisation va vraiment débuter, à Utrecht en 1712, lors d’une conférence internationale (déjà) où une foule de galantes et de joueuses de flûte viennent distraire ces messieurs (déjà aussi), sauf que certaines ont voyagé avec des microbes en soute. Aurait-il phallus qu’ils le sussent? Pour éviter que les hommes politiques ne deviennent tous pourris -on voit le résultat actuellement - un artisan reprend l’ancienne recette du caecum de mouton en forme de fourreau fermé d’un côté. Enchantés, certains adeptes de l’oiseau en cage le rapportent dans leurs pays.

 Je dois m’enfermer dans un bout de peau morte pour prouver que je suis bel et bien vivant. ” Casanova 

CERTAINS COMPRENNENT QUE L’AFFAIRE VA DEVENIR JUTEUSE...

La Révolution Française le légalise. Les fabricants se mettent en branle dard-dare. Dans les quartiers chauds, les mâles font la queue devant les boutiques spécialisées qui fleurissent ; les vendeuses entraînées ont le com-pal dans l’œil pour calibrer l’attribut du sujet, car le matériau n’étant pas extensible, il existe un grand choix de formats, et tant pis pour le vantard qui n’aura pas commandé sa taille en bonne et dure forme, il risquera de faire chou blanc malgré le ruban rouge à la base censé le garder en place... Les libertins s’en emparent : Casanova, malgré son reproche à cette «redingote anglaise» : “Je dois m’enfermer dans un bout de peau morte pour prouver que je suis bel et bien vivant”, en orne sa dague, tout comme le Marquis de Sade qui, en vrai maître-queue, le met à toutes les sauces.

1844, DÉBARQUEMENT DES PRÉSERVATIFS EN CAOUTCHOUC

C’est Goodyear et Hancock, excusez du pneu, qui vont toucher le jackapote, grâce à leur invention : la vulcanisation. Ils sortent un modèle «L’inusable», lavable, très résistant, réutilisable et garanti 5 ans, un peu comme actuellement nos candidats à la présidence, sauf qu’il fallait en vérifier l’intégrité en le gonflant avant de le remettre en place, alors que maintenant ce sont eux qui nous gonflent. Le «préservatif» ou «capote anglaise», ses 2 nouveaux noms, se vend même par correspondance, très utile pour le pilon du timide. Il ne se cache plus, on trouve des réclames dans les journaux, les dames en outillent les robinets, on en retrouve dans l’armoire de Victor Hugo d’une taille apparemment impressionnante (pas l’armoire). C’est l’époque où apparaissent des textures et des formes nouvelles : le «bibi chatouilleur», le «porc-épic» et autres extrémités fantaisistes, ainsi que des parfums, c’est B(a)yzance ! Sans oublier le très utile réservoir apparu en 1901 et le préservatif féminin : «le Pratique» qui connut un franc succès, puis disparut pour réapparaître en 1992 sous le nom de «Fémidon». Le Fémi-quoi ? Un homme peut-il nous en parler ?

DEUXIÈME RÉVOLUTION :
LE LATEX... POUR LE CAOUTCHOUC LES CAROTTES SONT COÏT !

Pourtant après la 2ème Guerre Mondiale le gouvernement l’interdit, pour obliger les Français à se reproduire, mais ailleurs, les femmes, anglaises entre autres, le portent aux nues car elles peuvent ainsi contrôler les naissances, d’où l’érection de l’usine Durex près de Londres. Aux USA, les GI’s américains l’emportent dans leur paquetage, car il sert à protéger le canon du fusil (en plus du leur) de l’eau et du sable, et ils y calfeutrent leurs cigarettes. En 1960, la première version lubrifiée lui permet d’être mieux acceptée par la pop(a)ulation.

APRÈS MAI 68, POUR LE PRÉSERVATIF, C’EST LA DÉBANDADE.

La jeunesse enfourche les barricades et prône le Peace and Love. Les corps se dénudent : «Jouissez sans entraves !» La liberté sexuelle fait passer la pilule en refusant de porter le chapeau... Mais le marché du condom ne capotera pas, car dans les années 80, il retrouve la banane et reprend du poil de la bébête avec le retour des MST et surtout l’apparition du Sida. Il faut sortir couvert et protéger le manche, le poireau, le bijou, la nouille, le gourdin, la tige, le glaive, le chauve et les 50 autres nuances de zizis... on n’en voit pas le bout ! Les mentalités changent, mais les générations d’aujourd’hui frétillent toujours question hormones et montrent de l’appétit sexuel à revendre. Heureusement, les fabricants gardent l’imagination fertile, c’est la teuf de la teub pour les heureux membres: l’ultra-fin (vous allez l’oublier, vérifiez bien que vous l’avez enlevé), le sans latex (pour les allergiques), le fluo (pour ceux qui éteignent), le nervuré et perlé avec gel anesthésiant (pour monsieur pressé), parfum fraise (pour les gourmettes), le vibrant (vibrations partagées), et le dernier né : le Fire and ice qui contient 2 lubrifiants, un qui fait du chaud et l’autre du froid (pour les tièdes)...

Mazézette, que d’inventivité pour se protéger ! Penser que ces quelques grammes auront autant pesé sur l’évolution de notre Planète, en évitant des morts bien sûr, mais aussi en empêchant des naissances... Alors faut-il voir le préservatif à moitié plein ou à moitié vide ?

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