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et toi...?
t'as déjà essayé le quickie ?

par Emmanuel Allait - 5 nov. 2018

le coup du lapin

Plus c’est long, plus c’est bon ? Eh bien pas forcément ! Quelquefois, comme le dit un autre proverbe, les plus courtes sont les meilleures. Et là on ne parle pas de la taille du bazar à Félix, mais du petit coup rapide entre deux portes. Souvent considéré comme une pulsion dépourvue de romantisme, et surtout prisée par les mâles, le quickie offre pourtant de nombreux avantages, à condition de l’exécuter avec doigté. Les égoïstes et les flemmards peuvent passer leur chemin !

"Si vous fumez après avoir fait l’amour, c’est que vous l’avez fait trop vite”, affirme Woody Allen. Les hommes, en élèves appliqués, sont souvent persuadés que l’acte sexuel doit être très long pour faire plaisir à leur partenaire. Grave méprise !

ARRIÈRE-TRAIN À GRANDE VITESSE

En effet, atteindre le septième ciel ne nécessite pas forcément une mise en scène compliquée ou une longue méditation tantrique. Nul besoin de bougies autour du lit, de Barry White ou Marvin Gaye en fond sonore, de champagne bien frais (gardez éventuellement vos bulles pour le debrief post coïtum). Il suffit parfois simplement d’un rapide intermède hors de la chambre - changer de locaux motive - pour vous aiguiller sur de nouvelles sensations à l’occasion de la Saint-Valentrain. Nes’quickie du matin directement sur la table au milieu des paquets de porn flakes, sexpresso ristretto dans les toilettes d’un resto, saillie fast and furious dans la benne du pick up, ou sexo bonobo à califourchon sur la photocopieuse au bureau, tout est possible. Sauf pour les positions, forcément limitées.

N’espérez pas dérouler tout le Kamasutra, ou faire un missionnaire peinard dans l’ascenseur. Pas assez de temps pour du sexe «Lexomil», place au sexe dans l’mille ! Top chrono ! Zappez les préambules et concentrez-vous sur du classique-pratique qui ne nécessite pas de déshabillage intégral (pas la peine d’enlever le haut pour avoir l’ébat), comme la levrette, la mystérieuse entrevue, ou l’union du loup. Un lieu insolite, la peur d’être surpris et le goût de l’interdit devraient suffire pour pimenter vos laborieuses et routinières copulations hebdomadaires.

JEU, SEXE ET MATCH

Ces 3 minutes douche (pas forcément) comprise de relation B to Bite, impulsives et décomplexées, rappellent la fougue des débuts de relation et donnent aux protagonistes un sentiment de liberté et de légèreté. Davantage de lâcher-prise, moins de pression sur le résultat, la crainte de ne pas performer disparaît. De quoi rassurer l’homme hanté par sa capacité à procurer un orgasme à sa partenaire. Attention, il ne s’agit pas non plus de se comporter comme un lapin égocentrique, focalisé sur son seul plaisir, mais comme un gentleman altruiste, soucieux d’interaction. Travail manuel in-dis-pen-sable pendant l’exercice !

Le quickie, c’est du sexe vite fait, certes, mais surtout bien fait ! Murmurer au partenaire ses envies, dans le creux de l’oreille, par exemple lors du repas de Noël familial entre le fromage et la bûche, créer une connivence sensuelle, faire monter l’excitation, puis s’éclipser discrètement au moment où tonton Marcel raconte son énième blague, quels souvenirs en perspective pour vos vieux jours ! Pour conserver son efficacité, le quickie doit cependant rester occasionnel et être consommé avec modération. Même si votre boulot ou vos 15 enfants vous laissent peu de temps pour la gaudriole, ne faites pas du fast sex, par facilité, paresse ou manque d’ambition, une habitude bien pratique, car il finirait par être frustrant. Diversifiez votre pratique, alternez les échanges, variez les coups ! Longs, courts, soyez le Nadal de l’amour, le Federer de la bagatelle, pour que votre jeu sexuel ne soit pas «fait d’erreurs».

© Vasyl