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langue vivante

par Emmanuel Allait - 30 janv. 2018

sans langue de bois

Longtemps restée tabou et assimilée à une perversion, cette entrée en matière, au nom bien peu élégant, est aujourd’hui un incontournable des préliminaires. 75% des femmes en raffoleraient d’après une étude de 2011, à condition qu’il soit fait dans les règles de l’art. Raison de plus pour reprendre, sans langue de bois, quelques cours 
de cunnilinguistique. Car à l’inverse du baccalauréat, il faut d’abord travailler l’oral pour avoir les cris...

Mais à l’instar de certains candidats, qui prennent l’épreuve à la légère, n’espérez pas duper l’examinatrice avec un petit exposé superficiel de 3 minutes à peine, débité du « bout des lèvres ». Une langue bien pendue, un triptyque intro-développement-conclusion, voilà une bonne base, mais qui ne garantit pourtant pas le jackpot.

A BAS BOUCHE !

En effet, si un cunnilingus subtilement mené peut vous valoir une mention TB, voire les félicitations du jury, cette gâterie est un poil compliquée, chronophage et son issue aléatoire. Car tout le monde n’apprécie pas. Ni faire ni se faire faire, parfois pour de bonnes, mais aussi pour de mauvaises raisons.

Laissons de côté la première catégorie, qui a vraisemblablement un souci à régler avec maman ! La seconde souffre peut-être de blocages divers. Manque de confiance en soi, mauvaises expériences, stress, pudeur excessive peuvent empêcher l’abandon de soi. La comparaison du sexe féminin avec un mollusque bivalve cher à nos voisins belges n’est pas de nature non plus à donner la frite à votre dulcinée. Sans parler des 2000 ans de préjugés qui ont laissé des traces dans la mémoire sexuelle collective, la pratique ayant pendant des siècles été jugée avilissante, réservée aux esclaves ou aux prostituées.

Autre frein majeur dans cette quête du Graal, l’ennui. Si votre partenaire ouvre Activmag, se tortille en riant, ou vous parle des fissures dans le plafond pendant que vous prenez «votre tasse au café des deux colonnes», c’est que votre barbe de hipster la chatouille ou qu’elle ne ressent pas grand-chose. C’est juste «cunnillusion». Vos efforts sont vains, aucune caresse ne «latin», une langue morte en somme.

APPRENDRE OU À LÉCHER

Le découragement vous guette ? Vous vous dites “c’est compliqué, inefficace, du coup, pourquoi s’échiner?”. Mais parce que c’est le moyen le plus simple d’amener votre amie au 7ème ciel ! C’est réussir le grand chelem au tarot, avec le petit au bout! C’est la quinte flush royale au poker! Mais à certaines conditions. L’envie et le lâcher-prise ne suffisent pas. Primo, un minimum d’éducation s’impose. Comme au restaurant, même si la formule est all inclusive, on ne se jette pas sur le buffet comme un chien sur sa gamelle. Pourquoi se presser? Il n’y a pas (encore) d’arrière-train à prendre! Consacrez à cette tâche 15 ou 20 minutes, en endurance, comme Kilian Jornet sur l’Ultra Trail du Mont de Venus. Secundo, une précision d’horloger. Vous devez être le Guillaume Tell de l’entrejambe, qui ne rate pas sa cible, sinon cela clitorisque de faire passer l’envie. Tertio, la dextérité d’un chef d’orchestre. Pianissimo, allegro, moderato. Bref, variez les plaisirs, et utilisez votre baguette!

Et surtout, soyez à l’écoute des réactions, en évitant l’interrogatoire complet du type contrôle qualité, concentration oblige. Une pratique pas si évidente donc, raison de plus pour ne pas en faire un menu quotidien. Le cunnilingus ne doit pas être le jambon-beurre du sexe, sous peine de se décoter rapidement et de devenir un cunnilargus. Réservez-le au contraire aux grandes occasions, pour en faire un repas de fête, comme «lang’sgiving».

©Anastasia