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Les femmes jouissent d’abord par l’oreille

par Emmanuel Allait - 26 avr. 2018

bande son

Dans le film «un poisson nommé wanda», un avocat (John Cleese) décuple le plaisir de sa partenaire (Jamie Lee Curtis) lorsqu’il lui parle en italien pendant les scènes torrides. Rien d’étonnant, «les femmes jouissent d’abord par l’oreille», affirme Marguerite Duras. De quoi stimuler lobe'sédé qui sommeille en vous ? A condition de maîtriser l’art subtil du «dirty talk» !

Le dirty talk désigne ce langage spécifique lié au sexe. On peut, durant une relation sexuelle (ni avant, ni après!), s’écarter du langage conventionnel. Oreilles sensibles s’abstenir !

50 NUANCES DE CRU

En 2015, une étude australienne a conclu que 9 personnes sur 10 parlent pendant l’acte sexuel. Et les profils sont variés. Les classiques d’abord. Côté homme, “tu la sens ma grosse (dure/ longue/au choix) - biiiiiiiip- ?”. Côté fille, au programme : conjugaison du verbe venir à toutes les sauces et multiplication d’indications géographiques à vous donner le tournis, “à droite, oh oui, non, à gauche, vas-y, encore, tout droit au fond”. Connaissance du code - ou gode - de la rut indispensable!

Ensuite, les bavards, les Nelson Montfort du patin, qui commentent chaque action, “viens sur ce sofa Ikea Norsborg à 539 euros, écarte les genoux que je fasse une toupie javanaise, attention, je me retire!”, et à qui on a envie de dire “mets’l’son moins fort!”. Puis les hurleurs, qui, comme Maria Sharapova, ponctuent chaque montée au filet de bruits non identifiés : chat en chaleur, circuit automobile ou enfant qui pleure.

Le profil Rocco «pas si frais, dis!», qui s’imagine tourner un film de boules, où il est beaucoup question fluides et pratiques faciales, entrecoupés de râles gutturaux, de claquements fessiers et de mots orduriers.

Et pour finir, les poètes à la Sardou - “je vais t’aimer comme on ne t’a jamais aimée” -, et qui, tout en faisant «sprinter l’unijambiste», susurrent à leur dulcinée moult métaphores culinaires ou viticoles (colibri, abricot, bouton de rose, ou cèpe noueux) pour que sardou-ble d’intensité.

«HOT» LINE

Le dirty talk serait-il donc devenu le passage obligé pour pimenter un coït ? Si votre vie sexuelle se résume à un missionnaire hebdomadaire, rapidos dans le noir, avec deux ou trois ahanements, tentez le coup ! Car les mots non seulement permettent de guider le partenaire, mais font grimper l’excitation. Un vrai lâcher-prise !

Attention, quelques règles s’imposent. Pour armer dans de bonnes conditions le lance-flammes émotionnel, évitez tout ce qui peut vexer chouchou! “T’es en petite forme ce soir!”, “hi hi… tu me chatouilles”, ou le très élégant “avec mon ex, on faisait plutôt comme ça”. Ne hurlez pas non plus le prénom de votre voisin/amant/ex. Oubliez les termes techniques (vagin, pénis, etc) qui vous rappelleront votre dernière consultation gynéco. Le choix des mots doit être judicieux sous peine de débandage général. Et surtout utilisé au moment propice. Post coïtum, on ne demande pas à sa chérie “si la cochonne a kiffé notre grosse b***”. Mauvais timing ! C’est fini, la cochonne est redevenue femme, on change de registre.

Etre salace est un art, c’est du pilotage sur la neige ! Tout en subtilité.

En fait, le meilleur dirty talk est celui qui est partagé et consenti. Si la sauce ne prend pas, l’excitant devient humiliant ou sexiste. Et votre histoire cochonne tombe à l’eau, un vrai «chagroin» d’amour!

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