E.P.S.

en piste !

par Gaëlle Tagliabue - 20 janv. 2020

on s'fait un break ?

MARRE DE ME PRENDRE LES PIEDS DANS LE TAPIS ET DE M’Y FAIRE RÉGULIÈREMENT ENVOYÉE, J’AI DÉCIDÉ DE JOUER LA SÉCURITÉ, MÊME SI JE ME SUIS MAINTENANT HABITUÉE À ME MÉFIER DE L’APPARENTE FACILITÉ. MAIS QUAND MÊME, SUR UN DANCEFLOOR, IL Y A TOUJOURS MOYEN DE S’EN SORTIR NON ? ALLEZ, HIP HOP, FLIP OU FLOP ?

Hip-hop, popping, locking, break, krump, house... Crac, boum, hue... Les hommes en tombent à mes genoux. Qui a parlé de facilité ? Non, parce que ce grand tout que nous appelons hip-hop recèle en réalité moult variantes stylistiques : mouvements crantés pour le locking, flot ondulé pour le popping, intensité saccadée pour le krump, figures acrobatiques pour le break dance... Alors, pour nous, ce sera la version house... J’en appelle aux esprits des nineties, âge d’or de ma révolu(e)-tion durant laquelle j’avais la prétention (ou l’inconscience) d’exhiber mes talents sur la piste.

SUR QUEL PIED DANSER ?

Entrez dans la danse, les soucis n’ont pas de chance, la musique commence... (Seuls les plus que trentenaires pourront retrouver la référence à ces paroles.) Je me jette donc sans l’ombre d’une hésitation dans l’arène des hip-hopeurs qui s’exercent chaque semaine sur le parquet de Raca Danse.
Avoir la tête et les membres souples, les hanches déverrouillées et laisser le flot de musique nous traverser. Mes réminiscences d’ex-danseuse classique qui tenait la posture me cantonnent un peu... beaucoup. Je n’ai pas franchement les atouts pour devenir une star du twerk, ça crève le miroir.
Tant que l’on décompose les mouvements, je fais illusion, mais dès que la musique enclenche et avec elle le rythme puissance 10, me voilà vite rattrapée par un sens approximatif de la coordination (la danse classique, c’était dans une autre vie) et aléatoire de l’enchaînement. Que dire de mes capacités de mémorisation, iraient-elles en déclinant ? Non, déjà ? Paix à mon intellect. Attention, neurones en perdition.

MENER LA DANSE

Quel que soit le style, le hip-hop impose d’en avoir, du style. Force est de constater que je n’ai pas encore tout à fait trouvé le mien. Si ce n’est qu’après plusieurs répétitions du mouvement (que je serais tout à fait incapable de reproduire seule, soyons clairs), je comprends qu’il faut en fait surtout ressentir l’idée du mouvement et l’inscrire au mieux dans le flot de la musique. Il ne s’agit pas seulement de reproduire un schéma imposé, qui serait plutôt l’antithèse de l’esprit affranchi du hip-hop. Après, question de génération peut-être (ok, sûrement !), y’a indubitablement comme un truc qui bloque dans ce corps de quarantenaire. Malgré tout le plaisir que je prends à essayer, il me faudrait sans aucun doute 4 fois plus de séances que n’importe quel autre novice de 20 ans pour parvenir à décoincer ce je-ne-sais- quoi qui me limite à des mouvements restés bloqués dans les années 90 et ne correspondent de toute évidence plus au genre actuel.
«J’ai fumé dans des restaurants [...], j’ai écouté des faces A et des faces B [...], j’ai dansé des pogos, des lambadas et même des slows dans des discothèques [...] alors vieille ou pas vieille ?». Il y a un moment où il faut se rendre à l’évidence.

 

+ d'infos : http://raca-danse.com

© Olly