E.P.S.

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vintage

par Mélanie Marullaz - 8 janv. 2020

mono manie

En voyant re-débarquer le chouchou/demi-queue dans les cheveux, l’accord jean neige/crop top dans les dressings et la fratrie Brandon/Brenda sur les écrans, j’aurais dû m’en douter... Les années 90 sont bien de retour. Et à cette époque-là, qui paradait sur la neige avec une combi multicolore et un stick à lèvres fluo ? Le mono !

A voir la manière dont les autres skieurs le regardaient quand il sortait sa planche et enchaînait élégamment les courbes, je prenais mon père pour le tout dernier monoskieur sur la terre. Aveuglée par l’amour filial, je n’ai certainement prêté aucune attention aux autres mono-glisseurs perdus dans la foule des snowboarders. Je n’ai pas vu qu’ils défendaient, discrètement, cette pratique d’un autre temps, préparant lentement, mais sûrement, son retour en piste.
“Il n’a jamais disparu ! confirme Pierre Bidault, président de Monoski France. Cette année, aux 7 Laux, nous allons fêter les 20 ans du Mondial du Monoski -le plus grand rendez-vous planétaire de la discipline-, et ceux de l’association. La fréquentation sur nos événements (une dizaine de compétitions chaque année) explosent, et nos adhérents, même s’ils ne reflètent pas tous les pratiquants, sont de plus en plus nombreux.” 45 membres en 2013, 200 aujourd’hui... Si ça, ce n’est pas le signe d’un regain !

NOUVELLES LIGNES

Et les fabricants ne s’y trompent pas, qui, eux aussi, relancent la machine à mono. “Depuis 4 ans environ, il y a plus de vente et de demandes sur les nouveautés”, constate Amina Toukabri, directrice commerciale chez Duret, la marque iséroise qui avait sorti, en 1979, le 1er monoski de production et n’a jamais cessé d’en fabriquer depuis. “Du coup, nous allons relancer la Recherche & Développement et le prototypage.” Car pour son come-back, le mono s’est fait beau... Lifté de partout, moins raide, moins épais et plus court que son aïeul, il s’est également affiné la taille pour attaquer dans les courbes, flirter avec l’horizontale. Il est plus fun aussi. S’encanaille en freestyle, ce qu’il n’avait jamais fait avant. Et pour dompter la poudreuse, SON élément, certains modèles donnent également dans l’ultra large, version bodybuildée. Bref, les formes ont explosé.
Résultat, des marques qui paraissent éloignées de l’image mono, comme le très branché collectif Faction, se penchent sur son berceau, et d’après France Monoskis, on compte aujourd’hui plus de fabricants qu’au moment de son âge d’or au milieu des années 80. A cette époque, popularisé par le mythique Apocalypse Snow I – un film dans lequel des méchants monoskieurs poursuivent un gentil snowboarder détenteur du secret de la glisse, un classique à revoir absolument ! Il s’en vendait quand même près de 120 000 par an.

PLAISIR INTACT

Autres signes de la reprise : l’intérêt des plus jeunes et des écoles de skis. Même s’il s’agit encore de niches, son enseignement est de nouveau proposé aux jeunes locaux dans certains clubs de sports, et aux vacanciers curieux dans quelques stations, aux 7 Laux évidemment, à Vars, Chamonix, Val Thorens... par des écoles de glisses alternatives souvent, mais c’est un début !
Car le plaisir lui, n’a pas pris une ride. “Pour moi, ça reste la plus belle des glisses, sourit Pierre Bidault, c’est un peu une combinaison du ski et du snowboard : on est face à la pente, face à son destin, mais sur une planche unique, donc beaucoup plus facile à manier. En poudreuse notamment, on bouge une oreille et ça tourne.
C’est exactement ce que disait mon père...

 

+ d’infos : www.http://monoski-france.com

©DuretXColbachini