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par Cécile Boujet De Francesco - 5 nov. 2019

vallon du fier y'a tout à faire

DU PONT DE BROGNY AU PONT DE TASSET, LE VALLON DU FIER EST L’UNE DES « DERNIÈRES ZONES BOISÉES ET UN PEU SAUVAGES DE L’AGGLOMÉRATION ». SECTEUR À FORTS ENJEUX, IL FAIT L’OBJET D’UNE NOUVELLE ÉTUDE COMMANDÉE PAR GRAND ANNECY. OBJECTIF : SE RÉAPPROPRIER LES BERGES DE LA RIVIÈRE TOUT EN PRÉSERVANT LA NATURE EN VILLE.

Au printemps 2007, une vaste opération de réaménagement du Vallon du Fier a été menée sur sa partie nord, à la demande de l’agglomération d’Annecy (à l’époque C2A) : nettoyage des berges, construction de passerelles, création de cheminements piétons, travail sur la largeur et la dynamique du Fier... L’idée était de redonner un peu de peps à ce poumon vert, l’un des derniers de l’agglo, qui, selon une note du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement Haute-Savoie (CAUE 74) ressemblait plus à un «vaste terrain vague, boudé par les riverains» et tombé à la «merci des prélèvements industriels, des crues et rejets sauvages de déchets» qu’à un parc tranquille. Les travaux faits, l’espace naturel sensible a retrouvé un peu de son allure, tout en jouant pleinement son rôle de lieu de détente et de corridor biologique.

URBANISER

10 ans plus tard, voilà qu’arrive une nouvelle étude lancée par Grand Annecy (mai 2019). L’idée est de réfléchir au devenir du Vallon du Fier en croisant plusieurs dimensions : urbanisation (habitat & acti- vité économique) et déplacement, tout en préservant son cadre naturel, comme le martèlent les élus du conseil communautaire. Dans la fameuse «ville du quart d’heure» prônée par son président, Jean-Luc Rigaut, le Vallon du Fier est un “grand espace de verdure”  tout trouvé. Sauf qu’en l’état, ces quelque 120 hectares ne sont pas vraiment propices à la balade. Certes, il y a eu les aménagements faits au nord en 2007-2008, mais pour ce qui est du reste du site, il a encore beaucoup à faire. Dans les grandes lignes, l’Agglo souhaite garder sur la rive droite, les grands espaces naturels (côté Epagny, Metz-Tessy & Meythet). Sur la rive gauche, aux Ilettes, poursuivre l’urbanisation avec des logements et des activités de commerces et services “en gardant le cheminement naturel des berges,” précise Jean-Luc Rigaut. Dans la continuité, le secteur sport et cimetière serait conservé, et jusqu’au pont de Tasset, c’est un pôle plus économique “avec un peu de logement” qui se dessine.“Il faut repenser tout ce secteur”, confirme Jean-Luc Rigaut.

DÉSENCLAVER

Ce secteur justement, qui part de la zone des Iles (que l’entreprise Ceccon cherche désespérément à quitter) et qui va jusqu’au site d’Alpine Aluminium (qui, pour le coup, se bat comme un beau diable pour rester), Nora Segaud-Labidi, maire de la commune déléguée de Cran-Gevrier le connaît bien. Et pour elle, les choses sont claires : “Il y a tout à faire ! C’est un territoire à intégrer dans la ville, un vrai terrain qui peut apporter une nouvelle vision, comme ce fut le cas avec Les Passerelles”. Tout à faire, cela veut dire accompagner les mutations de ce vaste espace -et surtout le désenclaver en créant des traversées pour faire “cohabiter les différentes préoccupations”, mais aussi circuler les résidents- habitants, salariés... - à pieds, à vélo et en tram ! Outre l’artisanat que l’élue veut privilégier, un gros projet est attendu non loin du chemin des Grèves : l’implantation des Papeteries 2. “Le seuil d’accueil est atteint dans le bâtiment actuel, il faut de l’espace supplémentaire”, explique-t-elle assurant que le lancement de cette «2e tranche» est actée, sans pour autant en donner l’échéance.

© Grand Annecy