en chantier

urbanisme au passé
- aix-les-bains à thermes -

par Mélanie Marullaz - 7 nov. 2019

XXIe siècle pour finir en bons thermes

LE XVIIIE SIÈCLE, AVEC LA CONSTRUCTION D’UN BÂTIMENT DES BAINS, MARQUE LES DÉBUTS DE L’ÉPOPÉE DU THERMALISME AIXOIS. DEPUIS, L’ÉDIFICE ACCUEILLANT LES CURISTES N’A CESSÉ D’ÊTRE MODIFIÉ ET AGRANDI. IL FAIT AUJOURD’HUI L’OBJET D’UN VASTE PROJET DE RÉHABILITATION QUI VA CHANGER LE VISAGE DU CENTRE-VILLE.

On doit l’imposant bâtiment qui fait face à l’Hôtel de Ville à Roger Pétriaux. Il sort de terre en 1932, dans le prolongement des thermes Pelligrini (1868). La cohabitation entre le néoclassique et l’Art Nouveau ne séduit pas tout le monde. Elle vaut au maire de l’époque, Maurice Mollard, le surnom de Béton 1er ! Et dans la superposition des époques, les années 70 en remettent une couche en ajoutant la tour Mabileau et en surélevant l’entrée.
Au cours des 10 dernières années, les thermes changent trois fois de mains : d’abord propriété de l’Etat (d’où leur nom de thermes «nationaux»), ils sont rachetés par la Mairie en 2012. L’activité thermale ayant été délocalisée 4 ans plus tôt, la municipalité y installe l’Office de Tourisme, certains services administratifs des nouveaux thermes, une école d’esthétique, une annexe du centre hospitalier, les archives de la ville... Mais en 2018, elle cède l’ensemble au groupement Bouygues SAS, qui doit présenter un projet d’aménagement de commerces et de services, d’environ 200 logements et 400 places de parking. Trois perspectives sont alors proposées aux Aixois, qui se prononcent, début 2019, pour celle du jeune architecte Vincent Callebaut, connu notamment pour ses projets d’écoquartiers futuristes, intégrant énergies renouvelables et agriculture urbaine.
«Ecume des Ondes», un complexe imaginé avec 25 000 plantes, buissons et arbres endémiques, des terrasses végétalisées, un restaurant en rooftop et une ferme aquaponique, viendra donc se greffer sur le bâtiment Pétriaux, qui devrait abriter un centre commercial. Il intégrera certainement un espace de mise en valeur des vestiges gallo-romains et conservera la verrière Belle Epoque. Mais quid des mosaïques de Gentil et Bourdet, des ferronneries d’Edgar Brandt, de la Buvette ?... Callebaut promet de “préserver le meilleur de chacune des périodes identifiables pour construire le futur d’Aix”. Tous les espoirs sont permis.

Photo : Projet de réhabilitation des anciens thermes par l’architecte Vincent Callebaut

Avec la collaboration de Elsa Sammarro, guide-conférencière d'Aix-les-Bains / ©Vincent Callebaut Architecture