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urbanisme au passé
- aix-les-bains fait ses jeux -

par Mélanie Marullaz - 7 nov. 2019

XIXE siècle ère de jeux

BIEN QUE PARTIE INTÉGRANTE DE LA VILLE ET DE SON IDENTITÉ AU FIL DES SIÈCLES, LE THERMALISME À AIX-LES-BAINS PREND VRAIMENT DE L’AMPLEUR DANS LES ANNÉES 1850. ET QUI DIT THERMALISME, DIT CASINO...

A l’origine il y a une société, le Grand Cercle, créée en 1824 par des notables aixois, qui se réunissent au Château pour converser, jouer et danser. Au bout de 20 ans, ils ont envie de plus grand, achètent donc un terrain pour construire un casino, avec jardin et dépendances, dont l’architecte chambérien Charles Pellegrini en dessinera les courbes. Il est officiellement inauguré en 1850 par Victor-Emmanuel II, ravi d’attirer du beau monde en Savoie, pour en montrer l’opulence.
Mais il faudra près d’une cinquantaine d’années d’agrandissements et de remaniements pour qu’il présente sa physionomie actuelle. Dès 1880, deux halls symétriques sont ajoutés de part et d’autre du hall central ; la partie nord accueille un premier théâtre. Les travaux de décoration, eux, commencent en 1882. Un ciel de mosaïques, réalisé par l’artiste italien Antonio Salviati, artisan de la restauration des mosaïques de St Marc à Venise, représente, en 3,5 millions de tessels en émail chatoyants et dorés, des allégories des quatre saisons. A la construction d’un second théâtre, en 1899, le premier devient son foyer, et il est, lui aussi, orné d’un immense décor de mosaïques dédié au thème de l’eau, dans des couleurs gris, vert et orangé. Les cages de scène, machineries et rouages de bois du théâtre, d’origine, mais restaurées en 2013, le feront classer monument historique.

JEUX D’ARTIFICE

Evidemment, les têtes couronnées du monde entier viennent à Aix pour se ressourcer et profiter de son ambiance festive. Dans les jardins du Casino, on organise des feux d’artifices 2 à 3 fois par semaine, sous les yeux de Dom Pedro II, empereur du Brésil, de Georges Ier de Grèce, Aixois dans l’âme, de l’Impératrice Sissi (si, si !) ou de la Reine Victoria. C’est d’ailleurs l’explosion de l’usine pyrotechnique des Frères Collombert, en 1920, qui fera voler en éclats les vitraux du Casino, dont une seule partie, «l’amour puise ses forces aux sources bienfaisantes d’Aix-les-Bains» épargnée, est encore visible. Et c’est pour accueillir tout ce beau monde, que la Société du Casino lance, dès les premières années, la construction des palaces...

 

Avec la collaboration de Elsa Sammarro, guide-conférencière d'Aix-les-Bains