en chantier

urbanisme au passé
- chambéry haut gradé -

par Mélanie Marullaz - 12 nov. 2019

XIXe siècle au carré !

AU TOUT DÉBUT DU XIXE SIÈCLE, CHAMBÉRY CONNAÎT UNE IMPORTANTE PHASE DE DÉVELOPPEMENT URBAIN, MENÉE AU PAS DE CHARGE PAR NAPOLÉON, BIENTÔT EMBOÎTÉ PAR BENOÎT DE BOIGNE. Y A DU GRADÉ À LA MANŒUVRE !

De Boigne est encore à Paris quand les armées napoléoniennes débarquent à Chambéry. Considérée comme passage obligé sur la route vers l’Italie, la Savoyarde doit servir de ville de garnison.
A l’extérieur des remparts, le Couvent des Ursulines, devenu Bien national depuis la Révolution, est ainsi rasé en 1801 pour être transformé en caserne : 9 ans de travaux pour bâtir un imposant ensemble carré, sur deux étages, avec toiture mansardée, organisé autour d’une cour et pouvant accueillir près de 3 000 hommes. Mais les armées françaises ont à peine le temps d’en profiter, puisque les Sardes récupèrent déjà la Savoie en 1815. Ils complètent alors la caserne par un quartier de cavalerie et un manège.

UN HOMME À BOIGNE

A peu près au même moment, notre fameux Benoît de Boigne a finalement regagné sa terre chambérienne natale, et va, lui aussi, apporter sa contribution au développement de la ville. Militaire, aventurier, ce Savoyard a tout d’un héros de roman : des péripéties en Russie, une incarcération en Turquie, une nouvelle vie en Inde et des amours tumultueuses. Mais quand il revient à Chambéry, le Général a fait fortune et veut en faire profiter sa ville.
Ses généreuses donations profitent donc à des hospices, mais aussi à la construction du couvent des Capucins, celle du théâtre Charles Dullin, et la réorganisation du Collège Royal (qui deviendra le Lycée Vaugelas). Il fait également percer «en coup de sabre», la rue des portiques, qui porte maintenant son nom. Elle devient très vite, avec ses commerces, ses salons de thé et cabinets littéraires, non seulement l’armature, mais aussi le centre mondain de la ville, un lieu d’échanges, de culture, de rencontres...
C’est aussi ce que devient le Carré Curial à la fin du XXe siècle. Abandonné par les militaires en 1975, il est sauvé de la démolition pour accueillir des restaurants et des commerces, ainsi qu’un ensemble d’équipements à dominante culturelle. C’est également depuis le Carré Curial que se fait l’entrée dans la Maison de la Culture (Espace Malraux), dessinée par l’architecte tessinois Mario Botta, et à laquelle répond la médiathèque, réalisée par un autre Tessinois, Aurelio Galfetti. Le manège des Cavaliers est transformé quant à lui en Centre de Congrès, quand la Gendarmerie Impériale devient la Ruche, un espace dédié aux sports et loisirs d’ex- térieur, qui abrite également les locaux de France Bleu Pays de Savoie.

Avec la collaboration de Sylvie Tomasena, guide-conférencière du service Ville d'art et d'histoire de Chambéry.