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urbanisme
- lyon fourvière -

par Estelle Coppens - 5 nov. 2019

mise en fourvière immédiate

LE SITE ABRITANT L’UN DES BÂTIMENTS LES PLUS SYMBOLIQUES DE LYON, LA BASILIQUE NOTRE DAME DE FOURVIÈRE, EST EN COURS DE MÉTAMORPHOSE PAR LA GRÂE D’UN VASTE PROGRAMME DE RÉNOVATION ET D’AMÉNAGEMENT. RIFIFI DU CÔTÉ DE LA COLLINE QUI VEUT VIVRE PLUS FORT...

Marqueur visuel qui colle à l’identité de Lyon, la Basilique Notre Dame de Fourvière, édifiée à la fin du19e siècle, domine la ville de son architecture composite, mélange détonnant d’art byzantin, gothique et roman. De son esplanade panoramique, on peut contempler Lyon qui palpite en contre-bas, et au loin, le Mont Blanc par temps dégagé. C’est l’un des grands classiques de la balade du dimanche, le lieu où l’on se fait un devoir d’emmener le non-Lyonnais. Le hic : une fois la vue comme la cathédrale admirées, touristes et promeneurs redescendent aussi sec du promontoire. Mais le projet baptisé «Nouvel élan pour Fourvière» et ses 25 millions d’euros d’enveloppe «travaux» comptent bien changer la donne et retenir davantage là-haut les ouailles. Lancée en 2016, cette opération de rénovation, doublée d’une refonte de l’organisation et du fonctionnement du site, qui s’achèvera en 2022, est portée par la Fondation de Fourvière. Elle vise à rendre le site plus convivial et mieux adapté à l’accueil des 2,5 millions de visiteurs annuels. Autre objectif : renforcer l’attractivité touristique en diversifiant les activités autour du complexe basilical via la création de nouveaux espaces, culturels, muséaux, sociaux, de séminaires et de restauration. Fonds privés et publics financent à parts quasi égales la transformation des lieux. La ville et la Métropole ont ainsi mis la main à la poche, non pas pour la partie religieuse, mais au titre notamment de l’aménagement de nouveaux chemins piétons vers le Vieux Lyon, et l’embellissement d’espaces verts environnants, dont le jardin du Rosaire. D’autant qu’en ligne de mire, l’ambition pour les collectivités est de voir la colline de Fourvière en entier décrocher le label «Grand site de France», colline inscrite au patrimoine mondial de l’humanité il y a 20 ans. A la clef, un accroissement de la manne touristique pour Lyon.

FOURVIÈRE, LA VERSION AUGMENTÉE 2022

A l’entrée de l’esplanade, un nouveau «Pavillon d’accueil» tout en verre, posté vient d’être inauguré. Toute l’année, des bénévoles y informent et orientent les visiteurs, mais aussi les personnes fragilisées, dans une volonté claire d’augmenter la dimension sociale, sur place.
Point d’orgue du projet : l’arrivée prochaine d’un «Espace découverte» sous l’esplanade, soit 600 à 1 000 m2 de musée consacrés aux 2000 ans d’histoire du site de Fourvière. Rénovée, la Maison carrée bâtie en 1853 bascule dans le 21e siècle : sa cour intérieure a été couverte par une verrière de 260 m2 pour rendre possible la création d’un centre culturel privatisable, et fournir un cadre pas banal à des évènements culturels et évènementiels, séminaires d’entreprises, etc... Une table bistronomique confiée aux bons soins du chef Guy Lassausaie se glisse au passage dans la Maison.

Vue générale de l'esplanade

PLUS DE NOURRITURES TERRESTRES

«La colline qui prie» a en effet décidé de soigner son coup de fourchette, les plaisirs de la table y étant quasi absents. Dans un angle supérieur de l’esplanade, exit la boutique vieillotte des pèlerins. Place à un bâtiment vitré déjà partiellement ouvert au public, qui permet de s’accorder un en-cas rapide, sans perdre une miette du spectacle de la ville. L’an prochain, un restaurant d’application (Les Apprentis d’Auteuil), tourné vers l’insertion professionnelle de jeunes en difficulté, verra le jour. Enfin, en 2020, un flambant Café de Fourvière animé par le traiteur Pignol déboulera dans le «Belvédère» qui promet, lui aussi, une jolie vue. Le même bâtiment abritera, à terme, une boutique mêlant produits religieux, touristiques et régionaux. Un frichtis à l’image du projet.

©Fondation Fourvière