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urbanisme
- seynod -

par Cécile Boujet De Francesco - 5 nov. 2019

entrée, plat, dessertes

AVEC LA FUSION DE 2017, SEYNOD OFFRE À LA COMMUNE NOUVELLE D’ANNECY DES ENTRÉES DE VILLE SUPPLÉMENTAIRES. POSITIONNÉS EN ENFILADE, LA FUTURE ZONE D’ACTIVITÉ DE LA PILLEUSE, L’AVENUE D’AIX-LES-BAINS ET LE SECTEUR DES TROIS FONTAINES FONT D’AILLEURS L’OBJET DE PROJETS DE RÉAMÉNAGEMENT. DÉCRYPTAGE.

A deux pas de l’échangeur d’autoroute le plus au Sud de la ville, la Pilleuse représente, selon le Schéma de cohérence territoriale (Scot), un pôle d’intérêt économique «emblématique régional». Un avis qui n’est pas tombé dans l’oreille de sourds, puisque les communes de Montagny-les-Lanches et Seynod, puis l’Agglo, ont décidé de consacrer les dix hectares du site à l’accueil d’entreprises.

VILLAGE MOTO À LA PILLEUSE

Alors que sur la première parcelle, aucun projet précis n’est encore acté (activités de carrosserie ? Location de voitures ?), SNR-NTN va poser les valises d’un centre logistique sur la seconde, et les concessionnaires moto actuellement installés le long de l’avenue d’Aix-les-Bains devraient se réunir et constituer un village motos sur la troisième. «Devraient», car pour certains élus annéciens, ce projet n’a que peu de chance de se faire, faute de motivation chez les amis des bikers. Un concessionnaire a d’ailleurs déjà refusé de déménager. Autre caillou dans la botte : la superficie dévolue aux concessionnaires fait grincer des dents. Pour Jean Boutry et ses collègues plutôt verts et à gauche, l’Agglo leur consacre trop de terrain. Ce qui n’est pas «en adéquation avec les préoccupations d’aujourd’hui». Comprendre : avec autant de superficie pour les motos et voitures (près de 3 hectares), on n’encourage pas l’usage des transports en commun, sans compter qu’on manque de foncier pour répondre à d’autres projets. Toujours est-il que le démarrage des premiers travaux est annoncé pour la fin d’année 2019.

A suivre...

PLUS DE COHÉRENCE

Juste après la plaine du Treige, voilà l’avenue d’Aix-les-Bains qui commence. Du rond-point de la Mouette (à hauteur du centre commercial et de l’espace Cap Périaz) jusqu’au giratoire de la Croisée (au pied d’un célèbre magasin de meubles), la portion de la RD 1201 fait l’objet d’une étude lancée en 2018 -qui vient compléter celle démarrée en 2016- et d’une concertation qui s’est terminée en août 2019. «Renouvellement urbain», «requalification»... il s’agit en fait de mettre un peu de cohérence dans ce secteur qui mélange habitat, commerces, services, espaces publics... En parallèle, il est question de créer une belle entrée de ville où la circulation sera apaisée (nouveau mot pour parler d’infrastructures et de modes de déplacements doux). Le tout en pensant à demain. Un demain qui rime avec densification de la ville. Tout aussi hétéroclite, le secteur des Trois Fontaines, dernier membre du trio seynodien, fait lui aussi l’objet d’une grande réflexion. Echéance : la déclinaison des phases opérationnelles devrait démarrer au premier trimestre 2021. Stratégique, le secteur fait la transition entre trois communes historiques (Annecy, Cran-Gevrier et Seynod), ce territoire est aussi un périmètre où se côtoient des ruisseaux et des voies de déplacement structurantes, dont les avenues Zanaroli et des Trois Fontaines, ainsi que l’ancienne voie ferrée que certains voudraient voir remise en état, puis en fonctionnement direction la rive Ouest du lac, via le tunnel de la Puya. Du coup, plus besoin de creuser un nou- veau tunnel sous le Semnoz !

REPENSER LE MODÈLE

Pour Nora Segaud-Labidi, maire de la commune déléguée de Cran-Gevrier, ce secteur mérite largement d’être au cœur des études actuelles et autres concertations (la seconde phase est prévue pour le printemps 2020) : “Le renouvellement urbain de ce secteur, c’est l’avenir de notre ville. C’est là où reposent tous les besoins d’aujourd’hui : transport, logement, équipements publics, services, artisanat, commerces...”. L’Elue va même plus loin : non seulement cette réflexion doit intégrer le tram, et pas la réalisation de la «nouvelle voie urbaine» probablement enterrée sous l’avenue Zanaroli qui doit mener au tunnel sous le Semnoz, mais elle doit aussi être l’occasion de redéfinir les centralités de la ville. En plus clair, il faut se pencher sur l’organisation des commerces et des services publics dans ce qui pourrait être un nouveau vrai quartier. «Repenser le modèle» est tout aussi essentiel pour Jean-Luc Rigaut. D’autant qu’avant la fusion des six communes, les Trois Fontaines était, selon le maire, davantage vu comme une limite de ville. “J’ai besoin qu’on repense ce secteur comme un quartier à part entière, explique-t-il. D’un côté, il y a l’hyper centre d’Annecy et de l’autre le centre de Seynod qui se développe bien. Les Trois Fontaines doit faire la couture entre les deux.”

 

©Jean-Marc Favre/Wooloomooloo