frou-frou

en mode bretelles

par Mélanie Marullaz - 13 mars 2019

retiens, Léon...

TES BRETELLES, ELLES SONT CANONS! AVEC UNE PETITE MOUSTACHE ET UN NŒUD PAPILLON, LES VOILÀ PILE DANS LA TENDANCE, DITES DONC. DEPUIS QUELQUES ANNÉES DÉJÀ, LES BANDES ÉLASTIQUES ONT DE NOUVEAU LA FAVEUR DES PANTALONS, ET CELLES DE LÉON, CONÇUES À CÔTÉ DE LYON, SÉDUISENT DANDYS ET DARONS... BREF, LA CEINTURE N’A QU’À BIEN (SE) TENIR.

Quatre copains, trois pinces et une paire de bretelles. C’est en 2012 que Léon se fait remonter les siennes, à l’initiative d’une brochette de trentenaires lyonnais en pleine épidémie de mariages et en quête du petit truc en plus. Comme ils l’expliquent en guise de présentation: “chaque matin ou presque, nous cherchons dans nos armoires le détail qui tue, l’accessoire ultime, la pièce rare, l’élégance discrète, celle qui montrera au monde et à nos collègues du bureau qu’en matière de style, on ne plaisante pas!”
Ils décident donc de lancer leur propre ligne de bretelles. Et commencent par se mettre en cheville avec une entreprise familiale spécialisée dans la ceinture, du côté de Roanne, qui ressort ses machines à bretelles pour les mettre au goût du jour. Fabriqués dans la région principalement, tissu, boutons, boucles et packaging, chaque petit bout de Léon est Made in France. Les garçons ont les bons réseaux, les connaissances marketing et technologiques nécessaires, et la petite touche de fantaisie qui fait mouche: leur marque décolle facilement.

BRETELLE DE RACCORDEMENT

Mais ils ont aussi une vie en dehors des bandes élastiques et n’ont pas l’intention de faire carrière dans la suspente. Leur route croise alors celle d’Anne-Laure Mattera, qui se laisse séduire, même si, sur le papier, elle n’en pinçait pas forcément pour les bretelles. Formée en lettres anglaises, elle était plutôt partie pour tirer des oreilles, mais a préféré la comm’ à l’école, au sein d’une boîte d’éclairage d’abord, à son propre compte ensuite. En 2017, quand elle rencontre les quatre gars de Lyon, elle est à la recherche d’une entreprise à reprendre «avec les mains dans le cambouis». Ce qu’elle veut, c’est connaître les joies de la fabrication, s’impliquer dans toute la chaîne de production, gérer la distribution... tout en préservant l’esprit de Léon. Une petite collection de transition, pour vérifier que la relève est assurée, et l’affaire est bouclée. Depuis, Anne-Laure s’est installée à Vénissieux, dans l’entrepôt du site de loisirs créatifs de son mari, sorte de caverne d’Ali Baba de la mercerie. Elle a conservé les modèles hommes, femmes et enfants, classiques ou imprimés, qui avaient fait l’identité de Léon, mais travaille avec une jeune styliste lilloise sur une nouvelle collection, de quoi garder la taille haute!

CÉLÈBRETELLES

Celles de Mark Twain, qui, jugeant inconfortables le modèle Thurston -maison londonienne à l’origine de la bretelle dans les années 1820, toujours en activité aujourd’hui- créa un système de sangles et d’attaches adaptables à tout type de vêtement... qui ne fit pas long feu chez les hommes, mais deviendra plus tard l’attache du soutien-gorge moderne. Entre bretelles, on se comprend.
Celles dont se méfie Henri Fonda dans «Il était une fois dans l’Ouest» (1969): “comment peut-on faire confiance à un homme qui porte à la fois des bretelles et une ceinture? Il ne fait pas confiance à son propre pantalon”. Au cas où certain(e)s hésiteraient encore à tenter la combinaison, sans appel, c’est non.
Celles de Michael Douglas dans «Wall Street» d’Oliver Stone (1987), qui définiront le look de générations entières de golden boys. Mais surtout, comble de la classe, celles de James Bond alias Daniel Craig, presque 20 ans plus tard, dans «Casino Royale», ou quand la bretelle devient sexy...

 

http://lesbretellesdeleon.com

 

Florie Berger/WSC