frou-frou

en mode mo&jo

par Alexia Bontron - 12 mars 2019

et toi, t'as le mo(&)jo ?

CERTAINS L’M CHANTÉ, D’AUTRES LE PRÉFÈRENT PORTÉ... LE MOJO, CE SHOOT D’ADRÉNALINE QUI TE DONNE L’IMPRESSION QUE TOUT TE SOURIT, C’EST CE QU’A RESSENTI VIRGINIE MOREL QUAND ELLE A MIS LES DEUX PIEDS DANS LE PRÊT-À-PORTER, MADE IN 7-4 !

Même si sa marque Mo & Jo est toute jeune, Virginie ne s’interdit pas de voir plus grand, bien au contraire! Elle a des envies, plein; rêve aussi de maillots de bains et même, pourquoi pas, de lingerie. A Meythet, dans son atelier at home, elle s’imagine entourée d’une équipe, refaisant le monde, rhabillant la femme... Mais chaque chose en son temps. Pour le moment, à 37 ans, rire aux lèvres et peps en bandoulière, elle met tout en œuvre pour que ses créations soient à la hauteur de ses ambitions.

Virginie Morel

BIG DEAL

Avec des parents tous deux dentistes, Virginie a de quoi croquer la vie! Mais la fraise, le détartrage ou les couronnes, ça la plombe! Elle songe à d’autres fils que le dentaire et entend bien s’ourler un autre avenir, prendre du galon. Passionnée, elle veut faire des études en stylisme modélisme. Chanteuse ou styliste, c’est du pareil au même pour son père. Ils font un deal: Esmod terminé, elle poursuivra par une école de commerce. Un premier job en Suisse chez Bacardi Martini lui apporte l’expérience et la maturité dont elle a besoin. Un peu de plomb dans l’aile aussi.
L’entreprise connaît quelques difficultés, la voilà licenciée. Loin de se morfondre, c’est l’occasion rêvée de tirer son épingle du jeu et renouer le fil, d’autant qu’en cadeau de départ, on lui propose de financer une formation au prestigieux Central Saint Martins College of Art and Design. Un rêve de gamine qui se réalise! Un détour par Londres pour explorer le textile sous toutes les coutures, elle se forme même à la création d’entreprise. Un destin cousu main. Patrons en poche, c’est elle son boss! Elle va en découdre!

JOUE-LA COMME BIRKIN

Sa marque MO&JO déposée en août 2017, agenda en main, il lui reste encore du fil à retordre. Imaginer et développer sa ligne de prêt-à-porter, trouver les tissus et démarcher les fabricants... Pas de doublure, c’est elle qui se met au pli. Un an plus tard, cette Annécienne pure souche débarque avec sa première collection. Petite, mais riche. Ses 12 modèles à la dégaine androgyne et pour autant si féminine, reflètent bien sa personnalité : “Quand je dessine ma collection, je réalise en fait juste ma garde robe idéale, ce que j’aime et voudrais porter au quotidien”
Ses créations? Un méli mélo d’envies, de tendances épinglées de la rue et des réseaux, des coupes oversize, modernes et facile à porter, cette amoureuse du combo jean basket imagine “une femme à la fois active et mère, qui vit à mille à l’heure, à l’aise en toute circonstance.” Nous, en sommes?
Elle dessine des looks un rien garçonne à la Jane Birkin, sa muse, et s’amuse à travailler des matières soigneusement sélectionnées en Europe. Laine d’Ecosse, soie d’Angleterre et autres matières plus texturées d’Italie, tout est ensuite confectionné au Portugal. Point de made in China. Ses habits seront européens ou ne seront pas... “Laisse-toi aller dans les bras draps du mojo !”

 

http://shopmoandjo.com

Alexia Bontron
Journaliste