frou-frou

fille de joie :
all we need is joy !

par Louise Quazzola - 20 mars 2017

Les Filles de joie descendent dans la rue

Joy is all ! Cet hymne à la légèreté de l’existence est le slogan porté par la marque fille de joie qui remportait, l’année passée, le concours talents de mode à Lyon. Et c’est depuis le village des créateurs que Bénédicte Kaluvangimoko, sa créatrice, fait descendre la joie dans la rue...

Le street, c’est chic, freak out ! Oui, le style de Fille de Joie séduit, bouscule, interpelle sur les codes du féminin et sur la liberté revendiquée de s’habiller aujourd’hui.

Beaucoup d’hésitations jalonnent pourtant le parcours de la toute jeune Bénédicte Kaluvangimoko. En plein milieu d’un master d’anglais, “je voulais devenir prof à l’époque, mais j’ai réalisé en cours de route que ce n’était pas ma place... que j’allais m’ennuyer derrière un bureau”, elle lâche les cours, prend une année pour réfléchir, puis intègre finalement l’école Mod’Art en master marketing et communication de la mode, à Paris. “Le créateur Jean Charles de Castelbajac m’a fait découvrir et adoré la mode à l’âge de 15 ans. Je dessine beaucoup de vêtements pour moi-même que je fais faire car je n’ai aucune compétence technique pour ça. Je me disais que travailler à la communication d’une marque me plairait.” Mais même diplômée, Bénédicte peine à trouver du travail dans sa branche, et part changer d’air, direction les Etats-Unis ! “Avant de partir, je m’étais fait faire un sweat en coton et résille où il était inscrit Fille de joie qui a plu au point qu’on m’arrêtait dans la rue. C’est à ce moment-là que je me suis dit : pourquoi pas essayer de dessiner une collection entière ?” Elle rencontre quelques bloggeuses new-yorkaises qui acceptent de prêter leur image pour faire quelques photos. A son retour en août 2015, Bénédicte dépose le nom de sa marque et l’aventure commence !

FILLE DE JOIE, ET ALORS ?

Comme l’univers de la marque, son nom lui aussi intrigue. Bénédicte l’assume, il renvoie à l’image des courtisanes dont l’attirail l’a toujours fasciné. Matière vinyle, laçage, résille, jeux de transparence, elle s’amuse à détourner les codes, les formes, les couleurs qui peuvent parfois déranger. Elle utilise majoritairement du coton bio et du molleton pour créer ses fameux sweat. Quand on lui demande de définir ses créations, elle lance : “Sport, gothique, sexy... Je ne veux pas m’enfermer dans l’une de ces trois catégories, ce ne sont que des inspirations.” C’est avant tout un souffle de liberté qui se dégage de ses vêtements, un univers très affirmé, parfois même provocant, surprenant pour une si jeune créatrice.

“Ce n’est pas donné à toutes les femmes de s’assumer avec ces matières et donc, si on les porte, ça signifie que l’on se sent bien, qu’on est joyeuses, des filles de joie en quelque sorte, mais pas dans le sens premier !” Fille de Joie, une marque engagée ? “Avec mes créations sexy, ajourées, je prends position car, pour moi, une femme qui se cache dans ses vêtements n’est pas une femme libre. Il y a beaucoup de choses que j’aimerais faire passer à travers mes vêtements. La mode est un merveilleux moyen d’expression !”

 Ce n’est pas donné à toutes les femmes de s’assumer avec ces matières. Si on les porte, c’est qu’on se sent bien, joyeuses, des filles de joie en quelque sorte... 

JUSQU’AUX FILS DE JOIE !

Bénédicte dessine l’intégralité de ses créations puis travaille avec une modéliste qui la conseille sur les coupes et matières. La dernière étape est l’atelier de confection à Paris et Istanbul. Pour le moment, la créatrice streetwear n’a pas l’ambition d’ouvrir sa propre boutique. Hébergée par le Village des Créateurs de Lyon (passage Thiaffait) depuis cet automne, elle peut ainsi aller à la rencontre de son public, se faire connaître. Bénédicte s’étonne même du succès que rencontre sa marque auprès d’une certaine clientèle : “A la base, mon style s’adresse davantage à la tranche d’âge 18-30 ans, mais je me rends compte que beaucoup de femmes de 30-40 ans, voire plus, adorent la marque. Les hommes viennent aussi chiper dans mes collections. Au début, je croyais qu’ils commandaient pour leurs copines mais ensuite, je me suis rendu compte, sur les réseaux sociaux, que c’était eux qui les portaient !”

Bénédicte se considère comme une autodidacte, ce qui lui confère une vision particulière du métier. Ses créations lui ressemblent, son esprit n’est pas formaté par les tendances et les modes. Elle le dit elle-même : “Ma première collection n’est pas parfaite, mais ce que prône la marque n’est pas la perfection, c’est la joie et la joie est accessible à tous !”

Fille de joie fait ce qui lui plaît, à bon entendeur !

+ d’infos : http://filledejoie.fr

© Stephan Ziehen