frou-frou

my aponi prend son envol

par Magali Buy - 8 sept. 2017

battement d'elle

Courir après les papillons ? Si pour vous l’expression est bien futile, pour Magalie Maxit, elle fait surtout figure de style. Plastron, manchette, bague ou médaillon, elle les décline en mille et une versions ! Gardez l’œil ouvert, butterfly is in the air !
Magalie Maxit

Symbole de métamorphose par excellence, d’un bat- tement d’ailes, le papillon éveille les fantasmes par- tout dans le monde. Icône du bonheur conjugal en Chine, il est vénéré par les Navajo ou les Hopi, tribus du sud-ouest américain et, chez les Amérindiens, il est porteur de changement, de joie et de couleurs. Alors comment, bien loin de ces contrées, la jeune créatrice d’Annecy-le-Vieux, a-t-elle eu l’idée un rien hurluberlue d’en faire un accessoire de beauté ?

AU FIL DE SOI

Magalie est un peu bohème, force tranquille et sourire généreux. En Heidi des montagnes, la jeune femme a toujours été proche de la nature. Avec une grand-mère employée dans un magasin de minéraux à Chamonix, c’est toute petite qu’elle tombe à genoux dans les cailloux et voue son tout premier amour aux pierres fines.

Fidèle à ses racines, à ses émotions et à l’histoire, elle suit son petit bout de chemin au gré du vent. En 2000, en pleine tourmente personnelle et fin de lycée un peu chaotique, elle s’échappe en Amérique du Sud pour recharger ses batteries auprès d’amis de la famille. Elle baroude, butine, s’aventure et se ressource, se nourrit d’aventures humaines et crée un éventail de souvenirs. C’est lors d’une escapade au Pérou qu’elle trouve, sans savoir, un petit bout d’elle. Elle découvre, perdue dans un village retranché, une réserve de papillons destinée à préserver les espèces. Cocons suspendus, fruits en pagaille, les «imagos» vivent ici dans un hôtel 5 étoiles.

“Le papillon et un insecte, magnifique, léger, poétique et éphémère, symbole de renaissance, de renouveau, qui nous rappelle combien l'infiniment petit peut avoir tout d'un grand”, sourit-elle. Petit clin d’œil de l’univers ? Nouvelle impulsion, nouvelle aire ? Allez savoir...

MUTATION...

De retour au bercail, du plomb dans l’aile, elle saute à pieds joints dans la vie et entame une carrière de professeure de musique au sein du conservatoire d’Annecy avant de s’aventurer, papillons dans le ventre, dans son rôle de maman. Elle cocoone c’est sûr, mais ressent vite le besoin de quitter sa chrysalide et de bousculer sa zone de confort. Pour elle, se ressourcer, se recentrer est essentiel, alors hors de question de s’enfermer dans carcans, moules et conventions. En 2011, elle crée les Perleries de Mag, une collection de bijoux brodés à la main autour des pierres, mais cherche très vite plus d’originalité et d’authenticité : “Je voulais porter du papillon, je voulais éterniser l’éphémère et créer des bijoux qui sortent de l’ordinaire. Je me suis rappelée ce petit village péruvien. J’ai repris contact.” En 2015, son projet éclot. Aponi, marque équitable, éco-friendly, prend son envol.

ET ÉCLOSION !

Aponi, un nom amérindien qui signifie femme papillon. “C’est un concept de vie, celui d’une femme libre et libérée du carcan social, même si elle est chargée de famille, en couple ou pas, active ou non.”

Ethique dans ses créations, elle l’est également avec «ses insectes». En aucun cas maltraités, les papillons vivent entre 2 et 10 jours et meurent naturellement, une fois leur cycle naturel révolu. Pour les élytres de scarabées qu’elle utilise également, ils sont cueillis dans l’herbe après la mue des insectes sans aucune violence. Une fois ramassés, tous sont commercialisés pour financer les réserves, fermes de protection, régies par la CITES - convention internationale sur le commerce des espèces de la faune et de la flore menacées d’extinction - et permettre ainsi de maintenir des espèces selon une stricte réglementation.

Nymphalidae, Zygaenidae ou encore Paon du jour, lorsque qu’elle les reçoit emballés dans du papier de soie, ses yeux brillent comme au premier jour. Minuscules ciseaux de grand-mère en mains, elle découpe, perce et colle avec minutie les petits bouts d’ailes aux couleurs arc-en-ciel.

Pour mettre à l’abri leur fragilité et enfermer cet extrait d’éphémère, elle utilise un procédé de plastification gardé bien secret. Souvent agrémentés de Chrysocolle, pierre de Gorgone, cristal de bohème ou autres cailloux raffinés, ses bijoux se fondent parfaitement au décontracté comme au sophistiqué et portent tous un nom choisi avec soin : Jiao, Abey-tu, Maya ou Ayasha, autant de griffes que d’inspirations de pays du monde dont elle s’imprègne en permanence.
Déjà repérée en 2016 au salon de bijoux parisien Bijorhca, autant vous dire que pour elle, ça n’bat pas d’l’aile!...

+ d’infos : www.my-aponi.fr

photos : Studio Sur le Mur, Superpicture