j'ai testé...

ça vous branche ?

par Gaëlle Tagliabue - 18 juil. 2019

l'art-bre de grimper

CHEVILLE EN VRAC... ON M’AVAIT POURTANT DIT DE M’ENTRAÎNER AVANT DE M’INITIER AUX STILETTOS. LE TALON AIGUILLE, C’EST UN SPORT EN SOI (CE SERA PEUT- ÊTRE MÊME LE PROCHAIN OBJET DE MA CHRONIQUE). PASSONS... LE SPORT AVEC UNE ATTELLE, C’EST POSSIBLE ? EH BIEN OUI, J’AI TROUVÉ ! LA GRIMPE D’ARBRES, C’EST POUR TOUS, MÊME À MOBILITÉ RÉDUITE, PASSAGÈRE OU NON D’AILLEURS.

Et la discipline serait même assez ancienne, une trentaine d’années (ancienne, pas tant que ça, non mais oh !) et reconnue par l’Etat depuis 2009. Mais elle peine encore à se faire connaître. Qu’à cela ne tienne, ma malléole ébréchée et moi, on y court (clopine ?). Clopin-clopant donc, c’est au pied d’un (h)être majestueux que je me rends et qu’Audrey m’attend. En pleine sève, bien juteux, la feuille chlorophyllée à souhait et le tronc recouvert d’un épais duvet mousseux, il en impose. Verdoyant, mais mûr comme je les aime.

HAUT PERCHÉE

Tout de force et de légèreté, il trône au cœur de la forêt, là où le silence s’est naturellement imposé. Séance spéciale, rien que pour moi, privilège ultime. Audrey a préparé les cordes, une par grimpeur, et tout disparaîtra après notre passage. Toujours éphémères, les installations sont pensées pour limiter leur impact sur le milieu qu’elles empruntent. Ni frottement de l’écorce, ni dégradation de l’hêtre, à bon entendeur. Baudrier harnaché, il est temps de penser ascension. Dans le calme ambiant, j’ai les écoutilles qui grésillent (pas habituée) et l’impression que même les bestioles nocturnes ont été arrachées à leur sommeil par celui qui tape dans ma poitrine. J’agrippe ma corde et glisse mon seul pied valide, l’autre pendulera, dans le nœud autobloquant qui permet de faire coulisser la corde et de me hisser haut (ou pas, je ne suis qu’à 2 mètres). J’évite de zieuter en bas, inspire fort et raccroche mon regard aux branches, les premières qui me donneront l’impression de moins pendouiller dans le vide.

EN « ARBROSENTEUR »

Vert-tige au sommet, celui-ci me délaisse parfois pour me laisser profiter des vertus apaisantes de celui qui me porte. Petit pas chassé latéral, j’atteins une branche sur laquelle je pose ma main, comme pour l’apprivoiser. Audrey en profite pour me révéler quelques-uns de ses secrets, elle en a des tas. Petit haut-le-cœur quand ça balance, je tremblote un peu du gauche et frôle la tendinite du poignet à force de serrer la corde, mais prend la liberté de me déplacer d’une branche à l’autre. Johnny Weissmuller, si tu me regardes...
Pas de volonté de dépassement physique au programme (prières exaucées) et encore moins de technique à avoir, l’heure est plus à la découverte sensitive. J’en oublierais les 5 mètres et des peufs qui me séparent maintenant de la terre ferme. Vous avez prévu du renfort pour me redescendre ? Moi, plus bouger. On verra ça plus tard, Audrey m’a réservé une surprise : un hamac tendu entre deux branches… Quel pied ! Ma cheville vrillée et mon esprit galopant se mettent sur off. Je prends l’option sieste, mode chenille larvaire enclenché et j’attends l’apéro. Si, si, c’est possible, il existe des tables suspendues : débrief entre collègues, goûter en famille ou apéro mojito (à condition de hisser la glacière)… Perché et branché, reconnexion assurée, ça le fait !  

 

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