les alpes so hype !

dossier / les tire-fesses
passent à confesse : les gets

par La rédaction - 31 déc. 2018

les gets la spontanée

Les Gets, si vous étiez un signe astrologique ? Je serais gémeaux, un signe pluriel pour une station au pluriel ! On dit aussi de moi que je suis souple, tout terrain… et une véritable bouteen-train ! Avec moi, faut que ça bouge, j’aime les échanges, je m’intéresse à tellement de choses… trop parfois ? Ha ?…

Si vous étiez une personnalité emblématique ?
Je serais Alphonse Monnet, un de nos anciens maires. En 1961, il n’est encore qu’adjoint. A cette époque, il y a bien des remontées mécaniques sur le Mont Chéry, la Boule de Gomme et la Turche, mais elles sont toutes sur des domaines privés, et donc gérées par des privés. La commune ne s’est pas encore impliquée dans l’exploitation du domaine skiable et n’est pas pressée de le faire.

Alors, avec une poignée de «jeunes loups», des Coppel, des Mugnier, des quadras décidés comme lui, ils vont lancer la construction du téléski de la Tête des Crêts sur le secteur des Chavannes. Or, il s’agit là d’un domaine public, communal, mais ils le font, sur leurs deniers personnels, contre l’avis du maire en place. Sans autorisation préfectorale, leur remontée ne fonctionnera que la saison suivante, mais ce passage en force marquera un virage décisif dans l’orientation touristique de ma municipalité, qui récupèrera la gestion du téléski et, petit à petit, celle de l’ensemble des installations du domaine, sauf la Turche (voir focus).

Si vous étiez un Festival ?
Le Lounge Music Festival. Si vous étiez un film ? Il y en a pas mal, mais je dirais les Liaisons dangereuses. Je vois bien à votre tête que vous ne visualisez pas bien la scène où John Malkovich poursuit Glenn Close sur les pistes… Normal. On parle ici de la version réalisée par Roger Vadim en 1963, avec Jeanne Moreau, Jeanne Valérie et Gérard Philippe. Et les scènes de ski sont tournées aux Gets, oui madame !

Si vous étiez un événement marquant ?
L’ouverture aux Gets du 1er dancing de France, ça vous en bouche un coin ? On est en 1938… Une boîte de nuit tout en rondins, avec des airs d’Isba - ce fut d’ailleurs le nom donné à sa jumelle morzinoise, construite à l’identique quelques années plus tard. L’Igloo existe toujours, elle, et ses rondins aussi.

Si vous étiez un plat typique ?
Les rapins, beignets de pommes de terre traditionnels, encore à la carte de certains restaurants, mais c’est assez rare, car ils sont très longs à préparer. Et avec le café, un chocolat fourré au kirsch et à la cerise… un Mont Chéry !

Si vous étiez un personnage fictif ?
Le Père Noël. Il paraît qu’il a une résidence secondaire ici, mais chut…

Si vous étiez une chanson ?
Les Gets it started ?

Si vous étiez un livre ?
Les Gets de l’amour et du hasard…

Si vous étiez un art ?
L’art limonaire, celui des orgues de barbarie - je vous ai appris un mot au passage, non ? - dans notre musée, nous avons une collection unique de 550 instruments de musique mécanique.

Si vous étiez un champion ?
Je serais une championne, Déborah Anthonioz, médaillée olympique en snowboard en 2010.

Si vous étiez un people ?
Le réalisateur, scénariste, acteur, romancier et poète Roger Vadim (voir focus).

Si vous étiez un âge ?
Celui de la maturité.

Si vous étiez une année ?
1936, année de la mise en route du téléski de la Boule de Gomme, le premier téléski débrayable de France.

Si vous étiez un moment de la journée ?
Je serais plutôt un moment de la semaine, le Week-End… Bon ok, je triche un peu, c’est un de mes tout premiers hôtels et le bâtiment abrite aujourd’hui plusieurs établissements des plus animés la nuit...

Si vous étiez un alcool ?
Je serais une des bières brassées ici, la 1172 - c’est mon altitude - ou la Gétoise.

Si vous étiez une légende ?
La Rolls de Rowan Atkinson - Mister Bean - qui ne tenait pas sur la neige… Mais ce n’est pas vraiment une légende, on a la preuve en photo !

Si vous étiez une devise ?
Je partirai le cœur les Gets…

Si vous étiez un sujet tabou ?
Je serais l’idée de gros porteur, lancée par le maire actuel, pour relier les Chavannes au Mont Chéry… Ça ne fait pas l’unanimité. Je crois d’ailleurs que c’est la 1ère fois que je vois, ici, un collectif se créer pour venir contre la décision de la municipalité.

Si vous étiez un complexe ?
Quand on me dit que je suis excentrée, dans les Portes du Soleil, gets les boules !

Si vous étiez un animal ?
Un geai… des Geais…

Si vous étiez une activité hors neige  ?
Des séances de yoga face au Mont-Blanc. Zen restons zen…

Si vous étiez un souvenir kitch ?
Une boîte à musique, ramenée du musée de la Musique Mécanique…

Si vous étiez un accessoire de mode ?
Un permis de construire ?

Si vous étiez une blague ?
Dans les années 80, nos voisins les Morzinois se croyaient bien plus intelligents que nous et disaient : «le Jour où ce sera la fin du Monde, on ira se réfugier aux Gets, parce qu’ils ont 50 ans de retard…» Mais on est beaux joueurs, et on les a rattrapés depuis longtemps.

Si vous étiez une caractéristique physique ?
Bronzée, dorée, hâlée… je suis très très bien exposée.

Si vous étiez une position sexuelle ?
L’Etoile… La Première et la Deuxième ont été tournés ici, même si ce ne sont pas des films coquins !

FOCUS LES GETS

Quand les jours ral-lounge-nt

Depuis plusieurs années déjà, Les Gets met ses saisons touristiques en musique. Elle participe notamment, aux côtés des autres stations des Portes du Soleil, au festival «Rock the pistes» en fin d’hiver. Mais elle organise aussi, chaque été, de grands concerts (Florent Pagny, Patrick Bruel, M Pokora…) en clôture de son «Lounge Festival». Le «Lounge», c’est une série de petits concerts, ceux-là, gratuits, blues, jazz, folk ou reggae, dans les établissements du village. En terrasse à l’apéro, ce concept estival présentait un fort potentiel d’adaptation à l’après-ski, version fin de saison, quand les jours rallongent et que les températures se font plus clémentes. C’est donc chose faite : en mars, le Lounge connaîtra sa 1ère version «tape dans tes moufles et ondule dans ta combi».

+ d’infos :
Spring Lounge Festival - du 22 au 31 mars 2019 - lesgets.com

Quo Vadim ?

En 1939, le Jeune Roger Vadim a 11 ans quand il emménage avec sa mère et sa sœur dans une ferme du Hameau des Folliets, aux Gets où il est scolarisé. Sa famille, recherchée par la milice de Cluses, n’y séjourne que peu de temps, mais il restera toujours fidèle au village haut-savoyard. Dans les années 90, il finit d’ailleurs par y acheter une ancienne ferme, avec sa dernière compagne Marie-Christine Barrault. Il tournera également, sur les pentes du Mont Chéry et des Chavannes, certaines scènes des Liaisons Dangereuses ou de l’Amour Fou. Mais c’est surtout en 1972, que de nombreux Gêtois, du plus petit paysan au vieux Savoyard de 84 ans, jouent fièrement les figurants dans Hellé, une histoire d’amour romantique entre une jeune sauvageonne sourde-muette et un adolescent. Par omission certainement, Vadim ne leur a pas révélé l’intégralité du script. Ils en découvrent, à la projection et avec un peu moins de fierté, les scènes d’amour plutôt osées pour l’époque.

En voiture Simone !

Un autre «people» des années 70-80 a ses habitudes dans la station du Faucigny : l’inénarrable Guy Lux. La station participe donc régulièrement aux Interneiges et autres Jeux sans Frontières organisés par l’animateur. En 1977, elle réussit d’ailleurs à se qualifier pour la finale qui se déroule chez elle, et devient carrément Championne à domicile - un exploit que seule Crans-Montana réussira à réitérer. Et croyez-le ou pas, mais être la meilleure en hockey-sur-sac ou slalom siamois, ça vous pose une station en matière de crédibilité !

Irréductibles Gêtois

En 2017, le Téléski de la Turche a fêté ses 70 ans, dont plus d’une trentaine à batailler contre commune et autorités. Dans l’immédiate après-guerre, Georges Combépine, tailleur de métier, décide, avec 5 associés, d’installer sur son domaine un remonte-pente : les fameuses pioches, version entremetteuse du tire-fesses - Georges proposait aux femmes seules de choisir leur partenaire, et arrivés au 5ème pylône, ils devaient s’embrasser - équipées d’une gare de départ, chose à l’époque assez rare. Quelques années plus tard, les pioches deviendront téléski et en 1980, la gestion des remontées mécaniques est transférée, dans leur grande majorité, aux collectivités. Mais pas la Turche. Les Combépine s’accrochent, résistent à la tentation de vendre et enchaînent les recours. Ils finissent par obtenir gain de cause : en 2012, la Cour d’Appel confirme que propriété privée et exploitation publique sont compatibles. Le Téléski est aujourd’hui exploité par la petite-fille de Georges, qui a également repris l’hôtel attenant à la remontée.

© DR / © Lego / © G.Piel OT Les Gets / © MelBtravel
La rédaction