maf attacks

destockage
massif

par Mélanie Marullaz - 8 oct. 2017

plaque tournante de la fringue

Trois nénettes + moi sous le même toit , ça fait quatre fripes-addicts, quatre divas du dressing, quatre manteau-dépendantes qui dealent, se refilent, échangent, trafiquent… faisant de notre maison une véritable plaque tournante de la fringue. Et de temps à temps, il faut réguler le flux.

Tout au long de l’année, la circulation des vêtements entre les 4 nanas de notre tribu fonctionne par vases communicants. Ce que je ne veux plus mettre, je le dépose dans la penderie de N°1 - enfin, selon un principe inéluctable d’inversion des tailles, d’ici peu, ce que N°1 ne voudra plus mettre, elle le déposera dans la mienne. Mais aujourd’hui encore, ce que N°1 boude, et c’est plus une question d’envie que de taille, elle le remise sur l’étagère de N°2.

Ce dans quoi N°2 ne rentre plus, et il faut vraiment qu’elle soit boudinée pour y renoncer, elle le balance dans la chambre de N°3, qui le roule en boule et le jette, au mieux, en haut d’une pile d’autres fringues ; au pire, sous son lit. Bref, arrivées à notre benjamine, les tenues s’accumulent, stagnent, y’a embouteillage.

LES FOURBERIES DE LAPIN

Forte de mes bonnes résolutions de rentrée, voilà donc plusieurs week-ends que j’annonce l’imminence du tri d’automne. Et que j’ajourne. Mais la semaine dernière, alors que je pensais l’Homme occupé, comme tous les dimanches après le déjeuner, à reposer ses yeux, v’là-t’y pas - quel contraste, cette rupture de ton, hein ? Le soutenu/le familier, les montagnes russes de la prose, je vois bien que tu es, lecteur-trice, enfin surtout -trice, je ne me leurre pas, totalement ébouriffée… - v’là-t’y pas donc, que je le trouve installé en train de dé-piler - défaire une pile, quoi - les jeans de Choupinette. Quelle fourberie!

Car se lancer dans une tâche que j’ai planifiée et que je n’ai pas encore réussie à accomplir, ça ne peut être QUE pour me faire mesurer l’étendue de mon inefficacité. C’est fourbe, non? Qui a dit qu’il le faisait éventuellement pour me rendre service?...Y’a un homme qui lit cette page? Si c’est pour faire du mauvais esprit, cher lecteur, tu peux tout de suite aller te faire voir à la chronique de Fred Charpentier!

LA FEMME SAVANTE

”Mais qu’est-ce que tu fais !” l’interromps-je - si tu arrives à prononcer cette phrase avec classe, Homme qui lit, tu as le droit de rester.

- “Comme tu le vois, répond-il dans un haussement de sourcils, avec la logique et le sens commun qui caractérisent son espèce, N°3 a 6 ans, je garde donc tout ce qui taille 6 ans et j’enlève le reste.”

- “Mais tu n’as rien compris ! Déjà on n’habille quasi-jamais les enfants à la taille de leur âge, et puis en fonction des marques, ça ne veut rien dire ! Regarde, je me suis bien acheté un t-shirt Petit Matelot taille 16 ans le mois dernier…

- “C’est vrai, sourit-il avec perfidie, ce qui reste de ta poitrine triplement allaitante n’a pas eu l’air d’être à l’étroit dans ce petit débardeur moulant.”

Je fulmine : “Ça n’a pourtant pas l’air de te déranger quand…” La tête de N°3 émerge derrière la pile de pantalons. “Bref, ce n’est pas du tout comme ça qu’on fait du tri!”, point final et expulsion de l’inconvenant, ma(m)nu militari. N°3, elle, est priée de se déshabiller, il va falloir tout essayer. TOUT.

LA BÊCHEUSE RIDICULE

4h plus tard, N°3 a rendu les armes. Enroulée dans « sa robe de chambre de ses 3 ans », dont elle a refusé catégoriquement de se séparer, qu’elle a enfilée sur un sweat en 10 ans qui lui servira de tunique et un pantalon presque pas trop long dont on a resserré les élastiques de la taille à fond, elle s’est endormie, les bras en croix, en travers de son lit. Je pose dans l’entrée 4 sacs débordant de fripes multicolores, sans même un regard de l’Homme qui entame sa 3ème partie de Monopoly avec les aînées.
Même pas mal, de toutes façons, j’aime pas le Monopoly.

+ d’infos :
www.mavraieviedemaf.wordpress.com
 

Illustration : Sophie Caquineau