maf attacks

grasse maf

par Mélanie Marullaz - 12 oct. 2016

réveil & cie, tous ligués !

Ni école ni collège ce matin. Ça tombe bien, je suis rentrée très tard - mais judicieusement très sobre - d’une soirée retrouvailles avec la tribu de mon enfance. Je me suis donc couchée en toute sérénité, souriant d’avance à la perspective d’une matinée spéciale «couette et oreiller».

Enfin... J’aurais eu tout le loisir de traîner au lit si le réveil de mon homme, programmé à 6h30, ne s’était pas ligué avec le jour qui commence à pointer à travers nos fenêtres sans rideaux ni volets ; avec la saturation de ma vessie - qu’est-ce qu’on peut boire comme eau quand on ne boit pas d’alcool... ; et avec la caféine de l’express gourmand pris à 2h ce matin, pour me tirer du lit. Mais je décide que le sommeil sera plus fort et remonte l’édredon sur mes sourcils... pour un semblant de répit.

La porte de ma chambre ne tarde pas à couiner laissant apparaître la tignasse hirsute de N°2 cachée derrière le foulard qu’elle m’avait emprunté pour, en mon absence, se rassurer. Elle, qu’il faut extirper de son lit au mégaphone les jours d’école, a été réveillée par le simple glouglou du lait versé par son Père dans son bol de café. Elle se glisse à mon côté. Mais je me dis qu’il y a peut-être une chance pour que nous somnolions de concert. C’est sans compter sur le “Maman ?” hurlé à travers les murs au moment pile où mes paupières s’alourdissent et suivi, presque aussitôt, par des pas dans l’escalier : la lourdeur et la détermination du Colonel Hathi dans un tout petit bout de truc d’à peine 15 kilos avec des allumettes en guise de guiboles.

MATIN BONHEUR

La porte couine à nouveau, laissant apparaître un mini-nounours et la moue de N°3, déçue de constater qu’elle n’a pas la primeur de ma couche. Elle se glisse à mon autre côté. Heureusement que N°1 est une marmotte, car elle n’aurait d’autre option que de se poser carrément sur moi, et elle fait quasiment ma taille maintenant... Une fille dans chaque bras, leur peau tout douce contre la mienne, je respire les effluves d’huile essentielle de lavande dans leurs cheveux - répulsif anti-poux au quotidien du premier au dernier jour d’école - et me dis que vraiment, dans un moment comme celui-là, les enfants, c’est que du...
HHHHHHHH mais j’étouffe !!! Avant de suffoquer totalement, je balance hors du lit le foulard sous lequel N°2 nous avait cachées. Puis, c’est au tour de mini-nounours d’apprendre à voler pour avoir eu l’outrecuidance de me chatouiller les narines. A peine le temps de me reconcentrer sur le mœlleux de l’oreiller que ce sont des orteils qui, à leur tour, me gratouillent le bout du nez : N°2 est partie en exploration sous-couettaire. Eblouie par cette idée lumineuse, N°3 décide de la rejoindre, en plantant, au passage, son coude dans ma vessie. Ça fait des courants d’air froid, ça donne des coups de pieds, ça saute et me fait rebondir de l’autre côté du matelas... Je finis donc par bouter les envahisseurs hors de mes draps et loin de ma chambre, en les convainquant de me laisser 5 minutes, “JUSTE 5 MINUTES !” pour émerger dans le calme et essayer de bien recommencer la journée.

J’AI BEAU ÊTRE MATINALE...

C’est moins de temps qu’il ne leur en faut pour retourner une boîte entière de Playmobil sur la table du salon, se disputer une princesse et une licorne en criant à voix basse, en chuchotant de toutes leurs forces : “CHHHHHHHHHHHHUUUUUUTTTT, TU VAS RÉVEILLER N°1 !!!”, oui, à ce stade-là, je ne suis plus considérée comme endormie... Ebouriffée, froissée, énervée mais vaincue, je me laisse donc couler hors du lit. Ma grasse matinée est finie. Il est sept heures et demie.

+ d’infos : mavraieviedemaf.wordpress.com

Illustration : Sophie Caquineau