mâle et diction

monsieur et la fine équipe

par Frédéric Charpentier - 21 juil. 2019

madame pense que le foot c'est le pied !

« HEY MON LOULOU CE SOIR, J’AI INVITÉ QUELQUES COPINES À VENIR REGARDER LE MATCH DES FRANÇAISES AU MONDIAL DE FOOT. ÇA TE DIT DE TE JOINDRE À NOUS ? » MONSIEUR HÉSITE ENTRE FAIRE LA MOUE ET LA GUERRE : « TU VEUX DIRE LES FILLES EN JUPE QUI JOUENT À LA BABALLE ? » MAIS MADAME CONNAÎT SON MEC : « TU VERRAS, LES JOUEUSES SONT CANON ET IL Y AURA DE LA BIÈRE... !

Il sourit narquoisement : “Avec plaisir, ce sera une expérience intéressante, il faut savoir rester curieux et ouvert...” Monsieur n’a rien contre le foot féminin, il est d’ailleurs plutôt favorable au sport en général, car il considère que pendant qu’Elles transpirent Elles ne vont pas boire des mojitos dans des lieux de perdition où traînent de beaux mecs désœuvrés en mâle d’amour...

H-5 minutes, ça s’échauffe dans le vestiaire des femmes...
Loulou s’est attribué la place centrale du canapé, trônant tel un entraîneur charismatique sur le banc de touche (nb : chez les Benzema, on prononce Karimsatique). Au moment des hymnes - anagramme d’hymens - il est surpris de voir les superbes Maghaly et Vyctouar se lever comme un seul homme - euh, comme une seule femme -, la main sur le cœur et chanter la Marseillaise avec ferveur. Il s’écrie, paraphrasant Nagui : “Ah bon, vous connaissez les paroles ?” Larrah, blonde svelte aux yeux ciel, connue pour sa répartie acérée, le tacle : “Non mais lui, tu es au courant que nous sommes allées à l’école ? Vous les hommes vous croyez avoir le monopole du chœur ?” Il se défend : “Non, c’est juste que dans les stades, on ne vous entend pas beaucoup chanter...” La fine Mélanhy - dans toute l’essence du terme - reprend la balle au bond : “Pour chanter, il faudrait d’abord qu’elles y soient, dans les stades... Parce que c’est qui la bonne poire qui garde les gamines pendant que monsieur va s’égosiller au stade, un verre de bière à la main ?” Dans la foulée, Béatrouchka - la verve d’une Mathilde Seigner sur les jambes de Julia Roberts - renchérit : “De plus, si c’est pour aller se faire mater et entendre des commentaires grivois pendant 3 mi-temps, moi ça va, je préfère encore m’occuper de mon repassage en retard !”

Les coups d’envoi étant donnés... le match peut commencer !
Un œil sur l’écran, Loulou joue la feinte : “Dites-donc, je suis impressionné ! Elles courent bien ces nanas ! Et en plus, elles ne sont pas toutes collées au ballon, comme elles le faisaient dans ma cour de récréation !” Silence dans le public, il a beau jouer à domicile, il sent que le carton rouge n’est plus très loin. D’ailleurs, Gahéëlle - une va-sans-peur à la cuisse souple - le défie en un-contre-un : “Peut-être fais-tu allusion à un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître ? Une époque où les filles étaient cantonnées à la couture et aux Barbie”. Fleurh, belle plante souriante, la soutient : “On te rappelle que depuis, les femmeas sont descendues dans la rue pour fêter la victoire à la Coupe du Monde 1998 ! Elles ont compris qu’il fallait occuper le terrain et pas qu’en foot d’ailleurs !” Monsieur s’est fait dribbler en beauté, il a sous-estimé l’adversaire, mais il tente de la rattraper par le short : “Tu as raison, je suis nul - ne dit-on pas macho-nul ? - regardez comme ces jeunes femmes ont intégré la technique du passement de jambes, presque aussi facilement que la drague sur Tinder !” Christinha crispe ses lèvres pulpeuses : “Tu nous prends pour des Zahia ?” et Cécyll l’œillade : “Continue et je te fais le sourire de Ribery !”

Loulou trouve qu’à ce stade, la Coupe est bientôt pleine...

C’est Delphinou - beauté bio avec du chien - qui l’achève d’un poteau (dans l’œil) rentrant : “Admire plutôt ce jeu délié, cette vista, et sans cracher par terre ! Grâce aux femmes, le foot va retrouver ses lettres de noblesse, loin du combat de rue qu’est devenu le foot masculin !” Heureusement Manu arrive pour le délivrer : “Laisse donc les meufs et viens regarder passer le Tour de France...”

Post Scriptum : Toute ressemblance avec l’équipe d’Activmag serait totalement fortuite !

illustration Sophie Caquineau