mâle et diction

pénélope guette...

par Frédéric Charpentier - 8 mars 2017

MAIS SI C'EST LA PLACE DE 1ÈRE DAME, C'EST PAS GAGNÉ !

MONSIEUR APPUIE SUR LE BOUTON « ARRÊT » DE LA TÉLÉCOMMANDE. L’ÉCRAN PAR OÙ RENTRE LE FRACAS DU MONDE POLITIQUE S’ÉTEINT. MADAME SURSAUTE : "QUE SE PASSE-T-IL ? GRÈVE SURPRISE DE ZAPETTE ?" -ELLE A LE MÊME AIR AGACÉ QUE QUAND IL LUI DIT QU’IL VA RANGER SES AFFAIRES, MAIS SANS PRÉCISER L’ANNÉE... LUI SUIT SON IDÉE : "JE VAIS TE RACONTER MON RÊVE DE LA NUIT DERNIÈRE..."

Madame sursaute une 2ème fois, à ce rythme-là, c’est presque du Power-plate.
Elle constate : “Tu fais des rêves toi maintenant ? Eh bien, si dedans il y avait une ou plusieurs créatures féminines à forte poitrine, cela ne m’intéresse pas d’en connaître les détails ! Sauf si ces jeunes personnes te démontraient des théories intéressantes sur les moyens d’indexer leurs courbes sur celles du chômage.”
- Lui : “Depuis le temps que je te fréquente, je suis toujours anéanti par le côté réducteur de ta pensée, comme si nous les Hommes n’avions pas la possibilité de réfléchir ou de rêver à des choses sérieuses...”

Hélas oui, la gent féminine n’a pas les mêmes schémas de pensée que Homo Erectus. Monsieur le sait et explique patiemment : “Dans mon songe étrange et pénétrant, Pénélope Fillon courait dans tous les sens, les bras écartés et en hurlant qu’elle cherchait 200 000 euros pour refaire son aile gauche ! Tu vois le tableau !”
- Madame : “Effectivement, ça fait cher le créneau raté. C’était quoi comme voiture, une Rolls ?”
- Lui : “Il s’agissait bien d’un créneau, mais celui de l’aile gauche du château de Beaucé...”
- Madame s’offusque : “Pourtant, vu ses tarifs horaires, il lui aurait suffi d’une poignée d’heures pour rédiger quelques critiques littéraires et (Pénél) hop par ici les 200 000 boules !”
- Monsieur sourit : “Avec un mari aussi sourcilleux que le sien sur la question de la santé des Français, il aura sûrement voulu lui éviter un burn-out, tu as vu son planning de (femme de) ministre : faire les courses, emmener les enfants à l’école du barreau, diriger le conseil municipal, faire le ménage de ses 14 chambres, rendre la justice sous le chêne du village...”

Comme fumer, parler de politique en couple comporte certains risques. Sauf dans ce dossier où, pour une fois, c’est plutôt l’unanimité, même la solidarité féminine se fait très discrète.
Madame critique : “Dans ton rêve, est-ce qu’il n’y avait pas un énorme pot de confiture ? Du genre - je fais de la politique, donc c’est légal de se servir - et après ils s’étonnent d’avoir les mains collantes, et des copains toujours prêts à les balancer à certains canards...”
Monsieur acquiesce et reprend le fil de son rêve : “Dans mon délire, pour sauver la famille Fillon de la déroute, ils avaient organisé un Pénélopethon. Réunir des fonds pour rembourser à l’Etat le trop-perçu par Pénélope à l’insu de son plein gré. Carla était prête à venir gratouiller en public, madame Balkany à organiser un débat sur la meilleure façon de rémunérer discrètement du personnel de maison, Nicolas S. était disposé à exposer sa collection de casseroles, Alain J. à démontrer comment rebondir après 10 ans d’inéligibilité et Cahuzac à partager ses meilleurs plans pour passer les douanes suisses...Un grand moment de solidarité avec à l’affiche Trump et Poutine, très heureux d’animer un forum sur la mise à feu et à sang de la Planète en utilisant twitter !”
Madame frissonne : “Heureusement que ce n’était qu’un cauchemar, sinon ce serait insupportable !”

Comme quoi, rêver d’une « attachée » parlementaire n’a rien à voir avec du bondage.

Illustration : Sophie Caquineau