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cramée comme jamais

par Magali Buy - 22 juil. 2019

le cran total !

ENTRE MA DIÈTE, MON GAINAGE INTENSIF ET UNE CONSOMMATION LAXATIVE DE BÉTA CAROTÈNE, J’ARRIVE GAULÉE COMME UNE VAHINÉ ET EN PÔLE POSITION POUR NOS VACANCES ENTRE FILLES À LA GRANDE MOTTE. COMME CHAQUE ANNÉE, J’AI TOUT DONNÉ POUR ÊTRE LA PLUS BONNE, BONNE, BONNE, BONNE, BONNE DE MES COPINES, J’ÉTALE MA RABANE, TOUTES AUX AGUETS, ÇA VA CHAUFFER !

On a pour habitude de s’installer près du perchoir d’Alex, maître-nageur-sauveteur sooo municipal de la plage sauvage du Grand Travers. Bon ok, ce n’est pas Malibu, ce n’est pas David Charvet non plus, mais il est plutôt sympa et bien roulé, et il me prête volontiers sa chaise de surveillance pour mater l’arrivée imminente des sirènes, ça mérite bien un p’tit coup de pommade en échange. Pas une marque de bronzage, le teint hâlé, j’entre en scène, cambrure Beyoncé et cheveux aux vents, un trikini rouge façon bondage, rien qui dépasse, Pamela peut aller se rhabiller. Je m’approche du mât d’Alexandre, c’est fou ce qu’il est haut et dur à monter, mais j’adore, c’est l’extase assurée ! Dans mon ascension, excitée jusqu’aux écailles, tandis qu’il descend, je gravis à ma tour, chaud must go on !

TARTINÉE...

Les fesses bien calées à sa bouée, une main cramponnée au barreau de chaise, l’autre à sa paire de jumelles, j’entame mon va et vient de gauche à droite et je lance les hostilités, voilà mon band, par tous les saints, mais qui se pointe ? En tête de file, Charlotte, la molle. Plutôt conciliante et assez fade, on est hyper proche et pour cause, elle ne fait d’ombre à personne. Le teint en pointillé, le corps bi-goût, elle est plutôt du genre étoile de mer, affalée et à plat ventre, les jambes légèrement écartées pour aérer ses plis, bronzée côté pile, la tête dans le sable et bave en filet, plus glamour, tu meurs.

GRILLÉE !

Juste derrière, plissée comme jamais, Romane, la grande gagnante du loto bronzant ! Elle ? Sa spécialité ? Faire la crêpe toute l’année ! Cabine à UV ou terrasse improvisée, elle en connaît un rayon. Je la sens d’ici, graisse à traire dans les moindres recoins, il faut être au top partout, même à quatre pattes derrière les genoux, par temps frais ou en pleine canicule, NON, jamais elle ne recule. En général, elle porte un string pas plus grand qu’un confetti, faire la différence entre sa dune et la pleine lune relève du défi, aaahhhh je bannis !

LE SEAU FINAL

Pour l’instant, je suis plutôt seule dans l’arène et ce n’est pas Madeleine, la mère de famille, qui va poser problème. Parasol, glacière, bob et tartinée 50++ jusqu’au bout du nez, elle est parée à tous les coups. Esquimau qui coule ou flamand gonflable à pomper à la va vite et v’là que j’te pousse, c’est comme si c’était fait. Résultat, elle est estampillée tongs, culotte rayée et soutif à pois, toujours dans l’ombre, blanche comme une endive, elle claque au moindre reflet ! Oh sois bénie ! Quand Alex revient et me ramène à lui, j’ai la peau qui tire, j’ai dû m’ankyloser... C’est que ça donne chaud ces investigations ! Je lui rends son attirail et redescends sur terre. Les regards se posent sur moi, ça y est je me démarque, je l’avais bien dit, crâneuse, winneuse ! Je tente ma démarche de paon qui parade pour rejoindre les filles, mais c’est celle du cow-boy qui s’invite ! Tout le monde scrute mon arrivée, seule Madeleine crie sa stupeur. Laisse Madeleine, je suis top, laisse je sais... je suis chaude comme la braise !
“Ah ça pour être chaude, enlève tes brides qu’on se marre, t’as frit comme un rouget, avec ton maillot en filet, on dirait un macramé.”