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mon kiné me fait craquer

par Magali Buy - 17 juin 2019

sot à l'élastique

« QUAND T’AS MAL AU DOS, C’EST QUE T’EN AS PLEIN LE DOS ! » D’HABITUDE, JE BONDIS QUAND BRENDA ME SORT CE GENRE DE DÉBILITÉS NAISSANTES ! MAIS CE JOUR-LÀ, QUAND ELLE M’ASSURE QUE J’AI LE CHAKRA QUI FUIT, JE ME DIS QUE POUR UNE FOIS , ELLE N’A PEUT-ÊTRE PAS TOUT À FAIT TORT…

Le lumbago encore un peu à l’équerre, j’avais rendez-vous chez le kiné, radio sous le bras, pour voir l’étendue des dégâts. Compte tenu que ma souplesse interdisait à mes doigts de toucher mes pieds même assise et genoux pliés, il m’a fallu environ la moitié de la séance pour enlever chaussures, chaussettes et jogging moche, me désincarcérer de la chaise médicale mémoire de forme incrustée à ma cambrure, et finir à plat dos sur la table d’auscultation, le tout en couinant à la mort ! Au pilori en Jésus crispe, je n’ai jamais autant compris l’adage du « chacun sa croix » que ce jour-là !

PREUVES À L’APPUI

Le kiné est jeune, pas hyper sexy et plutôt pas causant, moi qui m’attache plus vite que mon ombre à qui joue à touche-touche, j’avoue que ça m’arrange. Après consultation minutieuse des clichés de mon intérieur, il me demande, contre toute attente, de me relever... C’est sûrement une blague, non ? Vu sa tronche, pas du tout. Je m’exécute, je flageole, sûr, ce n’est pas un jour à faire un triple axel, bonne figure non plus. Il me regarde fixement et me demande de me tourner, il m’angoisse, mais le culbuto en moi obtempère... Mains sur les épaules, puis sur les hanches, il m’assène un « Penchez-vous en avant... » Maman!!! Pitié, non mais il est malade!!! Quand on nous dit que la médecine a des progrès à faire, je trouve au contraire, que ça va un peu vite moi !!!! Je suis en soutif et culotte de luxe, coton délavé qui baille, imprimé cerise spécial cueillette, quand soudain un craquement énorme vient me transpercer l’échine...

JE CRAQUE !!!!

AAAAAAAhhhhhhhhhhhhh ! Non mais il m’a désossée, c’est pas possible, il en a des manières, quel goujat !!! Et de me crier : « Ne bougez plus Madame, le noyau est sorti, le noyau est sorti !!! » Le noyau ? Mais quel noyau ??? Mais il est sorti par où ??? Qu’on me mette dans le formol ou qu’on m’achève !!! Il me bascule tant bien que mal et m’affale à plat ventre sur la table, je prie pour voir la lumière blanche, Saint Pierre au bout du tunnel, mais il en veut encore. « On va se détendre Madame, soufflez, soufflez !!! » C’est là qu’il se tourne, saisit un petit flacon, enduit mon corps et commence à pétrir lentement, de haut en bas et en remontant, les doigts incrustés en profondeur, histoire de bien atteindre le sacro saint nœud...

DÉTENDUE DU STRING...

Ah là, on y est, là, il accélère sont mouvement et joue avec ses doigts, de plus en plus fort et avec vigueur, jusqu’à ce mon corps lâche d’épuisement. Une fois total décontract’, il décide de faire volte face et me met très vite sur le dos... Et tandis que je suffoque façon petit chien, il tente confiant la position du lotus, une jambe puis une autre, en appui sur ma vulnérabilité complètement écar- telée quand schlock, un petit machin rentre, tandis qu’un autre sort... Il s’est relevé, content de lui et sourire aux lèvres : « Vous avez senti ? Le noyau a repris sa place, vos vertèbres aussi... Ça fait du bien de se détendre non ? » T’as raison ouais !!! Y’a surtout autre chose qui s’est détendue... je crois que ma culotte a le sourire aux lèvres elle aussi !