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on va t'faire ta fête mammaire !

par Magali Buy - 27 avr. 2017

c'est noël, ma mère...

Il en faut, force et courage, pour affronter, chaque année, l’inévitable fête mammaire. Là où d’autres inconscientes se réjouissent de cette célébration d’amour ultime, moi, je rampe au sol, cramponnée au bitume, prête à recevoir une fois encore, l’extrême fonction de fuckin’ perfect mother.

On est toutes là, bouffies et dévastées de voir arriver l’été et ses bourrelets à grandes enjambées, disgrâce bourrée dans l’bikini trop serré, à manger carottes, courgettes et céleri en bâtonnet pour éliminer. Alors dites-moi : quelle femme normalement constituée fête avec joie la naissance de sa peau craquelée et boursouflée, ses gants de toilettes ratatinés, ses hémorroïdes en verre pilée, pilosité et rétention aquatique illimités ? Ben pas moi !

POCHETTE SURPRISE

C’est merveilleux d’enfanter ? Oui, bien sûr, l’amour se décuple... La vie prend tout son sens. C’est formidable, tout ça tout ça.
Après avoir passé 9 mois à ne rien bouffer pour vomir quand même et ressembler à un maxi Kinder fourré, le karaté kid qui saute comme Zébulon dans ton bide dilaté, coupe le cordon pour finir pendu au nichon. Crevasse, gerçure et j’en passe, so glamour la bombasse ! Alors, on trinque toujours ?

Le truc parfaitement indécent, c’est qu’on s’y applique assidûment. On s’entraîne jusqu’à planter la graine et voilà la mayonnaise qui prend, nous aussi, pour minimum 50 ans.
Ma mère m’ayant donné la vie - la perfection avec -, rabache étrangement cette phrase très agaçante : “il en faut de l’amour pour se faire pomper jusqu’à la moelle !!!”. Quoi ? Dire ça de moi ? Franchement, j’comprends pas !!!

C’EST CADEAU !

Née orange avec un œil à moitié ouvert, toujours la dalle, un truc qui gratte qui pique ou qui dérange, jamais sommeil, petite chieuse de pie qui chante, peste, capricieuse, hypocondriaque et véritable pot colle à maman, j’étais une vraie machine à cernes ! Après l’avoir bien vidée de tout, mais jamais d’amour, elle ressemblait à Olive, femme de Popeye, maigre comme un clou et pétrifiée du moindre tracas qui pouvait m’arriver... entre nous, si elle savait aujourd’hui les conneries que je fais, elle pourrait jouer aux osselets !

Le mieux ? Elle a récidivé ! Quand mon acolyte de frère est arrivé, bouille d’ange et croquant à souhait, là, ON a morflé ! Dieu qu’il était beau et très chiant ! Il a pris toute la place, déchiré mes posters, enfourché la balustrade du 1er, jeté ses couches merdiques au gré du vent, pissé dans le jerricane d’eau, dans le bac à légumes, bouffé des plantes. Arcade, menton, pommettes, de fil en aiguille, à chaque jour sa fête ! Même super Nanny aurait fait son baluchon ! Ma mère, oh que non.

DÉFAITE AMÈRE

Mais une fois passées les années couches débordées, nuits sans sommeil, gencives dédoublées, gerbes en collier et autres petits tracas mignonets, arrive la Résistance ! Qu’il s’agisse de nous, mères, ou de nos mères à nous, même punition, même combat. Là, on mesure notre capacité maternelle à tendre la bassine à 4 plombes du mat’, quand Jésus descend de sa montagne russe, complètement bourré, assurant que non j’te jure m’man, j’ai pas bu, mystifiant la dite bassine d’un geyser dégueulant de houblon frelaté.

Quand il explique au réveil matin de 15 heures que t’es relou et qu’il faut arrêter de faire iéche pour rien, que si tu as eu une jeunesse pourrie, c’est pas son blèm !
Qu’en rentrant de cours, il Te fait la morale parce que tu n’as rien compris à la life, que l’école qui te coûte un bras, une jambe et la moitié de ton utérus sert à nib et que viva la révolution(e) !

Là, ne demande surtout pas soutien à ta fille déguisée en poupée russe et creuse comme une louche sans fond, tu risquerais de perdre le dernier organe qu’il te reste, ta dignité avec !
Du parchemin au bic nouvelle ère, on pourrait en faire un best-seller ! La fête des mères, c’est tous les jours, en bref, sortez couvertes !

© john wilhelm