mdr

pique, nique, douille...

par Magali Buy - 24 oct. 2018

le début de la faim

Après le passage furtif de Kevin dans mon intimité, il a, comme supposé, mis les voiles pour une autre, experte en macaroni. Un peu vexée de rester sur le bord de l’assiette, l’anniversaire de jack et son cochon d’lait sont arrivés à point nommé pour me changer les idées !

Jack est instable, un jour oui un jour non, il se balade entre l’ami de toujours, l’amant d’un soir et l’amour raté, abonné aux excuses tellement grosses que même la presbytie vous quitte comme par magie. Capable de vous envoyer sur Jupiter comme au monastère, au 7ème ciel comme 6 pieds sous terre, je devrais partir en courant… et pourtant… ad vitam aeternam !

Pour son passage à l’âge mûr, il avait convié famille et amis proches, un peu de gratin, deux trois ex, mais surtout l’Autre, celle qui lui ouvre l’appétit, pour mieux le laisser sur sa faim. Rien que d’en parler, Parkinson me guette !

ÇA MIJOTE…

Ce matin-là, j’avais pris l’jus en tripotant l’fil de mon séchoir, lobotomisée, ça avait eu l’avantage de griller les derniers neurones qui m’empêchaient de me comporter en vraie débile ! J’avais pour l’occase enfilé une jolie robe fendue à bretelles, décolleté bleu nuit espiègle et fort généreux pour un temps d’automne, mais surtout propice à l’effeuillage !

A mon arrivée, la bête rôtissait tranquille. Le temps était couvert, la température caniculaire, mon palpitant défiait les bétabloquants à contre-courant, qu’est-ce qu’il était sexy !!! Mon cochon, c’est pas humain ! Histoire de calmer mes ardeurs, je refaisais le monde avec mon amie Gwendo, vautrée, encore bourrée de la veille, mais toujours verte d’esprit, quand, au dessert, entre deux antiacides, le temps s’est arrêté. Elle était là. Sous ses faux airs de Mona Lisa, revisitée façon «sainte ni touche», j’peux déjà pas me l’encadrer…

ENTRÉE EN MATIÈRE…

Madame s’est crue sur la croisette ? Du monde au balcon, mais rien dans l’jupon, la main levée à la Elisabeth II, bouche cul de poule entre ses joues pas Weith Watcher, si elle avait pu gober une mouche, elle m’aurait été plus sympathique. Je sens l’aigreur monter, les bouffées de chaleur avec, je m’anabolise, c’est la guerre !

Elle, c’est Cindy, ma névrose. Jack a eu un faible pour elle et Dieu merci, ça lui avait passé. Et même si elle n’avait pas goûté à la bête, elle avançait en terrain conquis, très Jackqueen et ça n’avait pas l’air de le déranger ! Il ne va quand même pas remettre le couvert ?! Si on pouvait m’éviter la crise de tétanie ! Hors de question de me donner en spectacle.

Partagée entre laisser traîner ma tong sur son passage pour qu’elle morde la poussière ou choper sa crinière pour étoffer mon trophée de chasse, j’ai préféré déconvulser plus loin.

LES PIEDS DANS L’PLAT

J’ai croisé Léon, trop préoccupé à faire le paon pour qu’on l’remarque. Puis Clara qui gloussait comme un dindon sous LSD, jamais vu autant de spasmes incontrôlés !

J’ai fini par trouver un coin tranquille quand je suis tombée sur Paul… Paul est épicurien dans l’âme, toujours open et surtout très drôle. Il avait gentiment mis sa broche à dispo pour la journée et me proposait de la briquer ensemble. Cool ! J’avais besoin de me défouler. J’ai mis toute ma poigne, je l’ai astiquée et astiquée encore, tandis qu’il arrosait à coups de jets saccadés. Une fois rutilante, rincés, nous avons rejoint les invités. Ma robe trempée jusqu’aux pieds, les yeux de Jack exorbités ! Il m’a prise dans un coin. Serait-il anesthésié par mon décolleté mouillé ? J’ai gagné ? Cindy est rhabillée ? Victoire de courte durée : j’sais pas c’qu’il s’est imaginé, il m’a mis la tête au carré. Bref, c’est pas encore ce soir, que je me ferai embrocher !