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sur les dents

par Magali Buy - 23 déc. 2018

état de choc

Comme tous les ans à la même époque, ça s’affole au boulot. Triés sur le volet, on était convié pour une réunion pyramidale au sommet, spécial packaging de noël. Il y avait la crème des crèmes, et nous… J’avais tellement hâte, ce n’est pas tous les jours qu’on voyage avec sa boîte !

Plusieurs rangées avaient été réservées, l’air climatisé réglé pour qu’on n’ait ni trop chaud ni trop froid. J’avais fait la route avec Charlotte, Madeleine et Honoré, on défend la même marque, quoique chacun son rayon, mais qu’importe, on est tellement excités de se retrouver dans le même panier. Quand soudain, à côté, mon dieu, mais quelle beauté ! Craquant, sauvage et mystérieux, il avait de ses tablettes, grrr… S’il pouvait me fourrer, me façonner et me lustrer… Encore un Florentin pygmalion, à rugir de plaisir ! Quand je vois mon chéri plutôt pâte à tartiner sur les bords, qui passe son temps à se refaire la cerise, j’ai comme des envies de finir en religieuse, j’vous l’dis moi ! D’ailleurs, il est où là ?

T’AS LES BOULES COCO !

Pour le coup, il se faisait bien discret quelques rangs devant… Oh la la, le choc ! Mais il est tout blanc !!!! C’est quoi cette ganache ??? Qu’est-ce qu’il s’est encore mis dans le cornet pour être aussi pâlichon Mac Aaron ? Je lui collerais bien une praline ou un marron pour le remettre d’aplomb, mais déjà qu’il est rond… Franchement, il abuse de s’imbiber comme ça ! C’est qu’il s’en défend en plus, pire, sur le coussin d’à côté, même son Bro’,nie. Et la marmotte ? Bref, peine perdue, je vois noir. Pas le temps de battre le beurre ni d’en faire tout un flan, il va rester sur l’côté, complètement sec… Tel un mendiant !

FINGER IN THE NOSE…

Après avoir laissé l’autre kirsch sur le carreau, j’ai continué à faire mon tour de table, quand je me suis arrêtée sur lui… Un peu étrange, brillant, pas franchement parfait, mais palet non plus. C’est sûrement le p’tit nouveau à tester. Mmmm, il est chou, j’en ferais bien une bouchée si je pouvais. Il a l’air ferme, un peu dur à cuire, mais à faire fondre, sûr que c’est peanuts ! Crunch crunch, sans forcément me faire rouler, ça serait Fantastik ! Manon, la Belge, qui avait bien vu mon manège, me regardait du coin de l’œil complètement beurrée et prête à craquer. C’est fou ça, dès que Madame la marquise n’attire pas toutes les convoitises, c’est l’opéra Tart’truffe sur un plateau !! Ras la cabosse, pas d’bras pas d’chocolat, qu’elle se fasse griller la fève, j’ai d’autres chats à fouetter… Moelleux, tendres ou croquants, Suisses, Napolitains, Mandarins ou encore Lyonnais de voisin, tant qu’il y a une couverture de choc, ils ont toujours un de ces succès, royal !! Et tandis que je m’égarais sur mars dans un péché kosmik olé olé à en devenir red, en un éclair, tout s’est arrêté…

PAS DE LA TARTE !

Et hop, deux doigts coupent fin ! Adieu forêt noire et petite escapade rêvée dans la mousse avec un Congolais, l’heure du colloque approche, la concurrence n’a qu’à bien s’tenir, la pyramide, c’est pour bientôt. Il s’est amené avec ses grandes mains gantées, m’a prise délicatement, mais sans pincettes, “monte dans le car Amel, c’est l’heure de s’faire emballer !”. Aussi rapide qu’un escargot de l’an 20, une robe dorée sur mesure plus loin, glacée, j’ai senti la pièce monter en température, la vitrine s’approcher. Un rocher puis un autre, je vais encore finir tout en haut, le savoir-faire «héros». Chaud cacao, et si on remettait le couvercle ?

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