mdr

un mâle qui m'fait du bien

par Magali Buy - 23 sept. 2018

drôles de spacy men !

Ça faisait un bail que j’avais le corps en berne et pourtant, c’n’était pas faute de mettre du cœur à l’ouvrage. J’avais presque abandonné l’idée de revoir un jour le loup dans la tanière, quand Kévin est sorti du bois, baïonnette en avant, prendre mon mal à bras le corps…

On se courait après depuis un moment, et vu mon haut potentiel à faire fuir les plus courageux, j’étais bien décidée à me la jouer franc jeu, tics et tocs en avant, quitte à être ridicule, autant y’aller à fond.

Kevin est père célibataire, un peu sur la lune, une faute tous les 3 mots, expert en lol et autre mdr tueurs de libido. L’allure latine aux dents blanches, cheveux gelés à la pointe de la perfection, il est sérieusement doté d’un humour à trancher à la scie, symptomatique de ma migraine exacerbée. Question crise d’angoisse, j’ai rarement fait mieux.

Oui mais voilà, bizarrement, Kevin a ce petit quelque chose que les autres n’ont pas, il m’attire, il réfrène mes tentatives de fuite en avant avec un aplomb déconcertant. Il m’embrasse comme un demi-dieu, m’énerve, mais mes ovaires dansent le jerk... j’deviens schizo, y’a pas d’autres mots.

Pas franchement hostile à un dépoussiérage en règle, j’ai décidé en accord avec ma température interne de lui faire une petite place. Charité bien ordonnée…

LOUP Y ES-TU ?

Commercial pour une marque de produits pharmaceutiques, il rentrait d’un colloque à Bordeaux, et complément croc love, avait décidé de s’arrêter sur le chemin du retour, entre 3 et 4 heures du mat’. Sauf que j’suis pas vraiment du matin, et demain y’a fête des voisins. Mais urgence corporelle oblige, j’n’ai pas fait la difficile.

En pleine nuit, j’ai entendu la voiture railler le gravier, la portière claquer avec fougue. J’aurai dû anticiper la suite, mais vu l’heure, j’étais plus préoccupée par mon haleine matinale et mon brushing d’iroquois qu’autre chose. Il s’est introduit en catimini, j’ai feinté le sommeil histoire de, il m’a pris dans ses bras avec tendresse, ça va être soft, pas de palpitations en vue, j’ouvre un œil, puis deux et en avant Simone !

QUE FAIS-TU ?

Deux heures de préliminaires incessants et trois orgasmes et demi plus loin, au bout du bout, je commençais à entrevoir Saint-Pierre quand le loup baïonna enfin et tira la chevillette ! Elle devait être bien grippée pour la dérouiller autant ! Le mur, le lit, la lampe, mon bassin, aller, retour, ma tête, le crépis ! Décapant ! Va, geins, va geins et mords le coussin, hanche luxée et doigts incrustés dans ses fessiers, j’ai repris mon saint esprit et percuté, avec effroi, que j’étais toutes fenêtres ouvertes quand soudain, ah ah aaaaahhh, oui oui ouiiii, Pavarotti renaissait de ses cendres !!! Merde, les voisins, la fête, ooooohhh nooon !!! Il s’est arrêté net. J’avais pensé tout haut.

PROM’NONS-NOUS DANS L’ÉMOI

Transpercée par un léger malaise et malgré un quatrième orgasme bien tassé, j’ai saisi la perche, fermé les velux et je suis partie chercher le cinquième, histoire d’étouffer l’affaire ! On a chanté la Traviata pendant deux heures avant que je perde squelette et connaissance totale.

Je me suis réveillée 30mn après, au petit matin, Kevin transi d’amour et complètement vidé - tu m’étonnes ! - j’ai mis mes lunettes noires cache désespoir, j’ai prié pour que Pavarotti ne soit plus à la mode et je suis parti comme un cow-boy désarticulé à la fête du quartier. Y’a pétanque, question boules, j’suis dans l’sujet !

© lucky1984