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virée vendanges

par Magali Buy - 31 oct. 2018

C'est l'bouquet !!

Ça faisait longtemps que je voulais tenter l’expérience, mais l’occasion de sauter l’pas ne s’était pas franchement présentée. Alors quand mon ami colt m’a proposé de venir quelques jours à l’aventure, je n’ai pas hésité une seconde et j’ai foncé, à cru !

Pour lui, ce n’était pas une première, des années qu’il récidive, il a de la bouteille ! J’avais déjà fait une petite escapade ici au printemps, tout était en friche, il n’y avait pas encore l’jus, moins palpitant…

Quelques mois plus tard, j’appréhendais un peu, mais l’idée de suer corps et âme pour la bonne cause, prenait largement le dessus. Je suis arrivée tôt le matin, les autres au compte-goutte. On a quitté nos vêtements à la hâte, enfilé des tenues plus légères et sans gêne, pas le temps de dire ouf, nous voilà déjà entassés et en chemin…

PRESSÉS…

On a emprunté des petits sentiers boueux tape-cul perdus au milieu des coteaux, collés serrés et à l’arrière, on riait de bon cœur en poussant des petits cris d’émoi. On avait l’air niais, mais on était tellement d’humeur coopérative qu’on s’en moquait bien ! Une fois à destination, on nous a fait le topo.

“Choisissez votre «plan» et installez-vous le plus confortablement possible. Il est impératif de trouver une position adéquate qui vous permette d’épouser parfaitement la ligne, de faire corps, d’être en connexion totale. Vous gagnerez un temps précieux et vous serez surtout plus endurant à la tâche.”

Bouche ouverte, un chouya dubitative, on dirait plus un mode d’emploi sorti du minitel rose qu’autre chose, mais j’ai sûrement un grain ! J’ai écouté la fin avec grande attention et me suis mise au boulot sans traîner. Allez hop, tout le monde prend son pied !

VENT D’ANGE…

Colt n’était pas bien loin, mais pas à côté non plus. Il préférait être torse nu parce que plus pratique, ça m’offrait une petite récréation impromptue quand je me relevais pour soulager mon tour de reins naissant. J’avais choisi de m’accroupir à hauteur, les fesses incrustées sur le rebord d’un seau, quand le fou rire m’a prise ! Cachée derrière une feuille de vigne juste à propos, elle était là, sous mes yeux, un peu courbée mais régulière, ruisselante et bien fournie, trop tentant, j’ai pas pu m’empêcher : “Hey, pas mal ta raie Colt ! Les raisins sont aussi à maturité ?” Fou rire général, sauf le sien, mon humour avait fait tâche, c’est SON domaine, mieux valait lui lâcher la grappe et ne pas pousser le bouchon.

UN P’TIT COUP ?

Calmée, mon petit accessoire aiguisé pour tailler à sec bien en main, j’ai repris mon rythme effréné et à la chaîne jusqu’à ce que midi sonne, et qu’il n’y ait plus de jus à en tirer. Nous nous sommes tous retrouvés en sueur et beaucoup moins frais qu’au départ, rincés mais corporate jusqu’au bout, un grand millésime à c’qu’il paraît cette année ! Ça motive !

Mais pour l’heure, c’est l’casse dalle comme ils disent ici ! On va s’retaper ! Colt m’appelle… “Viens deux minutes, un p’tit coup ça revigore !” Tu parles c’est surtout une histoire à finir bourrée… Je m’empresse, passe une porte marquée Altesse - quel dragueur ! -, il sait parler aux femmes ! Même pas eu le temps de dégrapper quoi que ce soit, j’étais déjà servie ! Gros tas nain, plutôt mi figue mi raisin, il était un peu bourru râpeux et très pénétrant au pressoir ! Trop costaud pour moi, de gré, je suis partie titubante et ronde comme un tonneau… Finalement, j’crois que j’la préfère en avril la vigne.

© Daylight Photo