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vol de mort !
la joie des vols long-courriers

par Virginie Bosc - 3 déc. 2018

t’as la classe ou tu l’as pas !

Tout le monde n’a pas la chance de voyager en 1ère classe sur les vols long courrier. Si pour certains le confort n’a pas de prix, il peut paraître superflu pour les autres...

En vraie baroudeuse, vous avez réservé votre vol Annecy-Tahiti, via Paris, via Los Angeles, via pétamouche-les-oies en classe éco car, avouez-le, vous trouvez que s’offrir un billet de 1ère relève du pur snobisme. Et ce n’est pas sans un certain dédain que vous passez les sièges en cuir de la première classe, puis ceux en skaï de la business, avant d’arriver à votre siège 100% nylon de la classe Eco, persuadée que c’est vraiment du fric foutu en l’air. Seulement voilà, 20 heures de vol et 2 escales plus tard, vous doutez…

Les genoux dans le menton, la couverture relevée jusqu’au nez pour éviter une cryogénisation que pourrait accidentellement provoquer une clim totalement déréglée, le masque à yeux coincé dans les cheveux, vous cherchez du regard (je rappelle qu’on ne peut pas bouger les bras en classe éco) les écouteurs que vous avez malencontreusement fait tomber pendant le ¼ de seconde où vous avez réussi à vous assoupir. Impossible de replonger dans les bras de Morphée… Heureusement, l’hôtesse vient de déposer sur votre nombril un plateau-repas, qui tient plus du plateau que du repas, puisqu’en guise de sauté de bœuf, vous avalez une espèce de fond de veau baignant dans un rectangle en plastique où flottent 3 petits-pois vert fluo… Cherchez la viande !

Un petit pain et une compote plus tard, votre vessie sonne l’alarme. Afin de ne pas déranger votre voisin de droite qui vient de s’affaler sur votre épaule, ni celui de gauche totalement happé par le dernier Spielberg, vous entamez une petite série de contraction du périnée. Après 30 minutes d’efforts intensifs, vous ne tenez plus ! Vous vous engouffrez dans le placard à toilettes d’environ 10 cm2 , duquel vous tentez de vous extraire, flanquée d’un torticolis, quelques minutes plus tard. Vous tombez alors nez-à-nez avec le chariot à boissons embarqué dans le couloir par une hôtesse cernée (oui, vous avez pris une compagnie low cost !), laquelle vous suggère de vous faufiler entre le chariot et le siège 21A.

Riche idée qui vous oblige à réaliser une contorsion grotesque, mais surtout à coller en pleine face du passager 21A votre arrière-train qui taille quand même un bon 42 (on est en hiver, ou presque, tartiflette oblige) !

Heureusement que le ridicule ne tue pas et que votre siège est placé 4 rangées plus loin…

Vous ré-intégrez votre siège, la tête et les paupières lourdes, jetez un dernier coup d’œil à votre montre (bien que vous ne soyez plus capable de faire la moindre conversion de fuseaux horaires) et tentez de vous rendormir quand une odeur de boule puante envahit vos narines. Les yeux écarquillés, vous cherchez le coupable qui n’a pas laissé le moindre indice de son odieux délit. Vous plongez le nez dans la couverture délavée de votre compagnie low cost (si, si j’insiste !) et tentez de battre un record d’apnée, le temps que l’effluve se dissipe. C’en est trop, vous avalez un somnifère pour ne plus avoir à vivre l’enfer de la classe Eco. Grave erreur, il ne vous reste qu’une petite heure de vol…