on en fait des caisses !

la roue tourne !
la range rover

par Frédéric Charpentier - 12 mars 2020

range lover à nous les grandes anglaises

ON EST D’ACCORD QUE LES ANGLAIS ONT TOUJOURS EU DES GOÛTS BIZARRES : LE CRICKET, LES CHAPEAUX DE QUEEN MOTHER, HARRY POTTER ET LES CHEESE CAKES... MAIS CELA PEUT DONNER AUSSI DU GÉNIAL : EN 1966, ROVER REMPLACE SON LAND RUSTIQUE PAR UN CARROSSE TOUT-TERRAIN... SO BRITISH !

Le bébé est baptisé Range Rover, toujours solide, mais maintenant confortable grâce à une suspension dotée de ressorts hélicoïdaux, qui permet aux grands propriétaires terriens en veste de tweed de ménager leurs lombaires en sillonnant leur domaine. Mais attention lectrice, on est loin de la limousine very classy de la version actuelle. A l’époque, c’est une carrosserie 3 portes, dont l’intérieur est conçu pour pouvoir être nettoyé au jet d’eau par le gentleman farmer, ou par son palefrenier habilité à panser les 156 chevaux de son V8 d’origine Buick. Une cavalerie qui lui permet d’ailleurs de belles performances sur route, autant qu’en hors-pistes !

Il est beau, il est costaud et il sent bon le sable chaud...

La clientèle aisée va très vite s’élargir au fil des ans et des évolutions. Surtout que la position haute, donc dominante du conducteur, plaît à tous ceux qui veulent s’afficher : et oui, à cette époque, la richesse ne se cache pas! Ce sont les années « com’ », et le Range Rover a l’idée géniale de participer et encore plus de gagner le 1er rallye Paris-Dakar en 1979! Exploit réédité en 1981 sous les couleurs de VSD! Le ciel, même, lui ouvre ses portes en 1982, quand le pape Jean-Paul II l’empruntera pour visiter le Royaume-Uni, sans parler des versions luxueuses créées avec le magazine Vogue. (On attend la version rose d’Activmag !)

Les générations passent...

En 1994, pas de révolution stylistique entre les mains de BMW qui rachète Rover : la riche clientèle est fidèle et chez ces gens-là, Madame, on ne change pas les codes – à part sur la calandre – on modernise juste les traits devenus classiques! Puis la valse des V8 sous le capot continue, quand Ford reprend le bébé en 2001. Enfin en 2008, c’est Tata Motors qui fait la bonne pioche : le SUV est dans l’air du temps et l’aura du roi des 4x4 est au sommet ! Bois précieux, cuirs, technologie et électronique, le raffinement est poussé à l’extrême, nonobstant le fait que cet élégant salon est capable de grimper aux arbres ou de traverser la Manche à la nage – «OhmyGod !» – ce qu’il ne fera jamais car il est bien trop civilisé...