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bijou : la beauté du laiton...

par Magali Buy - 20 mars 2019

to do... bijoux !

ANNE THOMAS NE S’EN CACHE PAS : LE BIJOU EST UN CHOIX, AVANT D’ÊTRE UNE VOCATION ET POURTANT, ON NE LE DIRAIT PAS ! LIGNES GRAPHIQUES ET CONTEMPORAINES, ENTRE ÉLÉGANCE ET BOHÊME, SES COLLECTIONS S’HABILLENT D’UN RIEN ! SI CE N’EST PAS AVOIR DE L’OR ENTRE LES MAINS...

Il fait un froid glacial. Je foule le pavé lyonnais d’un pas agité, à défaut de rattraper mon retard, ça réchauffe ! Enveloppée dans une longue robe de laine, cheveux bruns lâchés et sans chichi, Anne Thomas m’attend, à la cool, la malice plein les yeux. Installées à la va-vite dans un coin d’atelier, l’heure est à la confidence...

LE TEINT PORCELAINE...

Pour elle qui a pris la machine un peu à l’envers, tout paraît sourire à qui le décide.
La jeune femme a une vingtaine d’années et vient de traverser le monde de l’hôtellerie, c’est la désillusion totale ! Désabusée et à côté de ses pompes, elle quitte la France pour l’Angleterre, bien décidée à reprendre sa liberté et recharger ses envies. A son retour 3 ans plus tard, loin des costumes, chignons et souliers cirés, elle veut créer et rien d’autre. Elle choisit l’univers du bijou, commence par prendre des cours de céramique et s’en débrouille plutôt pas mal. Très vite, elle fabrique ses premiers bijoux, ses copines crashent test et valident. 2005 voit Anne Thomas accrochée autour des cous.

ÇA VAUT LE COU

A peine échauffée, la jeune femme se prend au jeu et galope. Elle gagne le concours du village des jeunes créateurs au printemps de Lyon et décroche un corner en pleine période de Noël. Qui l’eût cru ? Ses créations plaisent et partent comme des petits pains, hors de question de s’arrêter en si bon chemin ! Elle tente le tout pour le tout, et sans filet, direction Maison et Objet, le salon pro parisien ! Là encore, tout lui sourit, les portes de Bijorhca s’ouvrent, c’est un tabac ! Avec ses colliers de perles très colorées et ses personnages peints à la main, elle séduit les foules et surprend, mais la céramique s’effrite : “C’est un matériau très fragile. J’ai d’abord pensé à un système de caoutchouc, puis de flocage pour protéger les bijoux... et j’ai changé d’avis. J’adorais la céramique mais je commençais à en faire trop, c’était l’overdose, l’occasion de changer !”

FRANC DU COLLIER

Après 5 ans d’emporte-pièces et petits pinceaux à tire-larigot, Anne ne tient plus en place. Elle se met en tête de travailler le métal et suit en accéléré, une formation dans une école du bijou contemporain italienne. Joncs, sautoirs, bagues et colliers fusent au rythme de ses idées. La créatrice croque et décline ses parures des oreilles au creux des poignets. Alliance de laiton doré et d’implants en velours ou laques colorées, petites touches perso et grand succès, son originalité paie : “J’avais un métier à côté, ça m’a permis d’arrêter de travailler, j’avais atteint mes limites à tout gérer. Je gagnais ma vie chichement, mais je ne pouvais pas tout faire et physiquement, ça devenait très compliqué. J’ai pris d’énormes risques, mais je ne regrette rien !”
Aujourd’hui, Anne qui ne cesse de tordre, détordre, bosseler ou entortiller sa créativité, a depuis 2013, jeté son dévolu AUSSI sur la chaussure. Si la jeune femme craint vite de se lasser, force est de constater qu’elle ne perd jamais pied.

 

+ d'infos : http://annethomas.fr