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bijoux
tiara milo

par Julie Hainaut - 10 mars 2020

grandeur nature

UN COQUELICOT AUTOUR DE L’ANNULAIRE, DES HERBES FOLLES CÔTÉ MAJEUR, UN COLIBRI SUR L’OREILLE, DES FEUILLES TROPICALES DANS LES CHEVEUX, UNE COLOMBE DANS LE COU... PAS DE DOUTE, LES BIJOUX DE TIARA MILO REVIENNENT À L’ESSENTIEL : LA NATURE.

Lara Spotti et Mathilde Garcia, 67 ans à elles deux, ont posé leurs valises à Lyon, dans le fameux quartier des antiquaires, un local de poche douillet où trônent délicatement leur joaillerie ultra-créative et écoresponsable : des bijoux inspirés de la nature qu’elles réalisent entièrement à la main, du dessin au polissage, en passant par la sculpture. “Nos voyages à travers le monde nous ont inspirées, et parti-culièrement la faune et la flore, la nature, le vivant, que nous essayons de retranscrire dans nos bijoux” explique le duo. Des joyaux qui sont en réalité « des sculptures à porter ».
Leur lubie ? Que le bijou ait un sens, du sens. Parce que chez Tiara Milo, on s’approprie une histoire, pas «juste» une paire de boucles d’oreilles, un bracelet, une bague, ou un collier. La preuve. Les oiseaux qui tournent autour d’un diamant, c’est l’idée de la rencontre. La bague d’entre doigts Coquelicots, en or ciselé, parsemée de diamants, fait référence à la délicatesse de cette fleur très éphémère. Le Colibri, c’est l’idée de faire sa part (nécessaire). La bague Bourgeon symbolise la naissance d’un amour, prêt à s’épanouir. “Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture dans nos bijoux...”.

 

CHIC, ÉTHIQUE, ICONIQUE

Chaque bijou mêle or et pierres précieuses et fines. Au-delà d’une démarche artisanale qu’elles revendiquent fièrement, les joaillières défendent une approche écoresponsable. L’or utilisé est recyclé, les diamants ne proviennent pas de pays en conflit, les produits acides sont bannis de la production. Et qui dit éthique dit pas de saisonnalité, mais du pérenne, loin de l’hyper consommation. “Nous créons des iconiques, des bijoux qui restent.”
Pour vous, on a repéré des pépites qui envoient les lèvres côté oreilles en un instant, comme les boucles d’oreilles Tropicales, en or jaune, serties d’un pavage d’émeraudes, péridots, tsavorites, tourmalines, saphirs verts et diamants, qui se portent aussi bien à l’oreille qu’en bijou de cheveux. Ou comme la bague Iris – l’iris étant le «symbole des sentiments » – sertie d’un saphir rose entouré d’un pavage diamants et saphirs violets sur or blanc et rose. Fort improbable de ne pas trouver son bonheur... Mais si cela devait arriver, ne paniquez pas : Lara et Mathilde réalisent également des bijoux sur-mesure. “On peut changer la couleur ou le sertissage d’un modèle... Ou partir de zéro et proposer des dessins qui collent aux goûts, aux envies et à la personnalité de chacun. On peut aussi partir d’une pierre de famille... Rien n’est figé !” Quant aux étapes de fabrication, elles diffèrent en fonc- tion du design : sculpture et fonte à cire perdue, ou forge du métal. Deux arts qui requièrent patience et délicatesse. “Généralement, ces deux techniques sont complémentaires, une partie du bijou étant faite à la cire et l’autre travaillée à partir du métal”.

A l’étage de leur écrin, elles liment, scient, polissent, matifient et soudent face à face, sur leur établi. Chaque pièce est validée ensemble. “Il y a une vraie collaboration, un échange permanent, on se nourrit l’une de l’autre.” Leur complicité est évidente. Quand l’une commence une phrase, l’autre la finit. “On avait envie de s’exprimer, de se lancer dans l’entreprenariat, de travailler ensemble, mais c’est avec le temps qu’on devient un bon joaillier”, racontent celles qui se sont rencontrées à la Haute Ecole de Joaillerie de Paris avant de faire leurs armes au sein de prestigieuses maisons, place Vendôme (Chanel, Dior, Chaumet...). Et de (re)donner le sourire. “Les gens viennent généralement pour des événements heureux, cela crée des échanges sympathiques, authentiques...” Nature, en somme.

 

+ d'infos : http://tiaramilo.com

Julie Hainaut