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j'ai testé
le ski mojo

par Mélanie Marullaz - 17 févr. 2019

exo de physique !

Chez Austin Powers, le Mojo, c’est un savant mélange de chance, de charme et de vigueur sexuelle qui fait que rien ne lui résiste, missions difficiles ou femmes. Mais appliqué au ski, le Mojo, ça donne quoi ? La capacité d’avaler la face de bellevarde ou le mur suisse en restant incroyablement sexy ?… c’est presque ça.

Le ski-mojo, m’explique-t-on, c’est un exo-squelette. A ce mot, je change d’Austin, passe de Powers à Steve, celui qui valait 3 milliards, et m’imagine déjà en train de dévaler les pentes à toute vitesse - en ayant l’air d’être au ralenti - dans un bruit de boomerang métallique. Mais on me reprend : Steve Austin est un homme bionique, il est transformé de l’intérieur ; un exo-squelette, lui, est une structure externe, fixée sur un ou plusieurs membres du corps humain, qui permet de lui redonner sa mobilité ou d’en augmenter les capacités. Le concept a surtout été développé dans les domaines militaire et industriel ou en lien avec les handicaps moteurs, mais dans cette version adaptée au monde de la glisse, il est pour toi et moi, qui ne sommes ni guerrière, ni manutentionnaire, et encore en bon état de marche.

ENONCÉ DE POSITIONNEMENT

Ainsi rencardée, je pars le tester en conditions réelles à Avoriaz, avec Jean-Marc Glaude, le Mojo-master. Il commence par fixer des supports temporaires sur mes chaussures de ski - le jour où j’aurai mon exo-squelette à moi, il les vissera définitivement -. Je me glisse ensuite dans ce qui ressemble à un baudrier, attaché à hauteur de bassin. Entre les deux, Jean-Marc installe sur le côté de chaque jambe le fameux squelette - le modèle pour les moins de 75kg, il en existe un autre pour les plus costauds - , qui consiste en deux tubes recouverts de néoprène articulés autour d’un gros ressort. C’est un mécanisme dit «de décharge», une fois enclenché, il doit me soulager d’1/3 de mon poids, absorber les chocs et limiter, le cas échéant, les douleurs dans le dos, les hanches et les genoux. Je le porte sur mon fuseau, mais il pourrait tout aussi bien se glisser sous un pantalon plus baggy. Encore quelques réglages en fonction de ma taille et c’est parti !

CAS PRATIQUE

J’ai tout de suite envie de mettre le poids du corps en arrière, pour mieux ressentir les effets de l’équipement. A moins de vouloir laisser mes spatules vivre leur vie, c’est une mauvaise idée, évidemment. Mais une fois replacée correctement, difficile, dans les premières courbes, d’en évaluer les bienfaits. Jusqu’au milieu de la 3ème descente, quand, une fois bien habituée à ma carapace, le Mojo-master me demande de dés-enclencher le système. Chacune de mes jambes semblent alors peser 10 tonnes et mes fesses le double ! Fini l’impression de légèreté, retour à la gravité. C’est encore plus flagrant en fin de test : en toute petite forme d’automne pour cette remise en route, après 6 pistes à plein régime, mes jambes étaient à peine fatiguées. Mais, sur le chemin du retour, délestée de l’exo, je dois m’arrêter tous les trois virages pour ré-oxygéner mes cuisses, qui brûlent littéralement de l’intérieur. La langue pendante et les joues cramoisies, là, c’est sûr, je n’ai plus rien de sexy… Je veux retrouver mon mojo !

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