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psycho

par Nolwenn Huyart - 11 mars 2019

non, nous ne procrastinerons plus !

«IL NE FAUT JAMAIS REMETTRE AU LENDEMAIN CE QU’ON PEUT FAIRE LE SURLENDEMAIN;SINON ON SERAIT UN JOUR EN AVANCE»*. SI ON LUI PRÊTE DES ATTRIBUTS DE DÉSORGANISATION AGRÉMENTÉE DE MAUVAISE VOLONTÉ, LA PROCRASTINATION EST EN FAIT UNE VÉRITABLE SOUFFRANCE POUR QUI LA CONNAÎT.

Pourquoi faire aujourd’hui? La procrastination se définit par la tendance exagérée à remettre au lendemain ce que l’on a à faire: mails, coups de téléphone, rangement, travail... Si nous sommes environ la moitié à nous débarrasser des corvées en premier, pour profiter ensuite du bon temps, d’autres privilégient le système inverse: commencer parce ce qui est agréable et terminer par ce qui est ennuyant. Or, il arrive que terminer soit repoussé au lendemain, jusqu’à parfois se retrouver dans une situation délicate, notamment au niveau matériel.

UN TERRAIN ANXIEUX

Comprendre pourquoi on procrastine, peut favoriser l’impulsion à agir autrement. Au cœur de la procrastination se trouve l’anxiété. Comme, par exemple, pour les phobies, le fait d’éviter d’effectuer une action annule le stress qui lui est associé. “Cette anxiété peut être liée à l’incertitude, au manque d’assurance dans ses propres capacités, ou à toute autre crainte générée par l’action à réaliser ou à ses conséquences potentielles. Il peut notamment s’agir d’une anxiété sociale, par exemple pour des rendez-vous que l’on repousse ou pour des objectifs qui comportent une dimension collective importante”, explique le psychiatre Antoine Pelissolo**. Si on retrouve ce fonctionnement dans les états dépressifs où l’on observe démotivation et pessimisme, c’est aussi un comportement fréquent lors de problèmes de l’estime de soi : par peur de l’échec (plutôt ne pas faire que d’échouer), de ne pas réussir parfaitement (plutôt ne pas faire que faire mal), on cède à l’inertie. Ou on gère les fausses urgences moins anxiogènes, pour éviter les réelles.

RÉSOUDRE LE PROBLÈME

Si ce problème peut paraître banal, il est ressenti comme une véritable souffrance pour certains. Pour faire face à la procrastination, une thérapie brève est recommandée, basée sur la «résolution des problèmes» et sur la thérapie cognitive visant à reconnaître ce dont on a peur: jugement de l’autre, si on fait des erreurs ou on ne réussit pas parfaitement? Apprendre à réorganiser son quotidien et ses tâches est le point de départ. Plutôt que de se fixer de ranger son appartement, il est préférable de répartir les tâches en sous-tâches: aujourd’hui, je range la chambre et en premier la penderie de la chambre. En tout cas, mieux vaut commencer par ce qui compte le plus pour soi et qui comporte moins de difficultés. 15 minutes pleinement consacrées à une tâche seront plus efficaces que 2h entrecoupées de consultations du smartphone. A repérer aussi les moments de la journée et de la semaine où on se sent plus productif. Pas besoin d’attaquer les vitres de la cuisine un dimanche à l’aube si on est plutôt du soir.
Et une fois la tâche accomplie et le contrat prévu rempli, l’autogratification en forme de récompense entretiendra la motivation. On commence aujourd’hui?

 

Biblio : * Léo Campion
**« Vous êtes votre meilleur psy » - Ed. Flammarion,
« Retrouver l’espoir » - Ed. Odile Jacob du Pr Antoine Pelissolo

 

Sophie Caquineau
Nolwenn Huyart
Chroniqueuse psychologue