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reversible
et l'affaire est dans le sac !

par Pauline Marceillac - 3 avr. 2018

upside down

Il y a 12 ans, l’écologie entre discrètement, mais sûrement, dans le monde du marketing et de la consommation, grâce à reversible. L’entreprise lyonnaise récupère des chutes de matières non premières pour les transformer. Le design se met au service du recyclage. Well done Marie !

Marie Imberton fait du bien : aux gens qui la côtoient par son optimisme rayonnant, à la planète par son engagement. Cette écologiste convaincue, maman de 4 enfants, a transformé ses valeurs en entreprise il y a douze ans, en créant Reversible avec son mari. L’entreprise lyonnaise est précurseuse en proposant de récupérer les bâches publicitaires des salons ou stades pour les transformer en objets du quotidien.

“Le constat était évident : ces bâches en PVC immenses étaient vouées à l’enfouissement ou à l’incinération après quelques jours de vie seulement. Ecologiquement, c’était dramatique !” se souvient Marie. Son idée est de faire prendre conscience de ce désastre aux enseignes en leur proposant de transformer leurs bâches en objets publicitaires pour eux ou leurs clients. Ainsi, tout le monde est gagnant.

Après quatre ans d’activité, de jolis prix en poche et une entreprise florissante, Reversible se prend la crise en pleine poire. L’écologie et les objets non «essentiels» sont relégués au second plan : “C’est incroyable comme la crise a fait du mal à l’écologie. Les bonnes intentions ont disparu, les gens se sont repliés sur eux-mêmes et la consommation est rapidement redevenue pernicieuse, immédiate et négligente.”

Mais Marie ne lâche rien, alors même que son mari la laisse seule au gouvernail, obligé de redevenir salarié pour subvenir aux besoins de la famille.

CERCLE VERTUEUX

L’économie circulaire, la jeune cinquantenaire y croit. La maxime de Lavoisier “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme” lui colle à la peau.

Aujourd’hui, la crise semble s’éloigner, Hulot est ministre et la matière vient à elle : des bâches en PVC aux pelouses synthétiques en passant par les revêtements de sol en vinyle ou les ballons de basket, volley ou rugby, usés par trop de matchs. Elle les reçoit et imagine à partir de là des sacs - plus de 100 000 ont déjà vu le jour - des lampes ou des cartables. Entre autres. Son atelier basé à Champagne aux Mont d’Or est la caverne d’Ali Baba. La création à travers le design l’anime. Le tout au service du recyclage.

En accord avec ses valeurs, l’assemblage des pièces se fait localement dans des ateliers de réinsertion locaux. Marie ne travaille qu’avec des entreprises régionales d’ailleurs : “on fait attention à notre empreinte carbone.” Tout s’auto-alimente. C’est ça l’économie circulaire, il n’y a pas de perte. Lorsque Marie est approchée par «une grande marque rouge et blanche» qui lui dit qu’elle va créer une bâche exprès pour que Reversible la recycle, Marie dit non. Elle nous dit avec un grand sourire, empreint de principes : “y a encore du boulot quand même !”

Dékocube, pouf éco-design transparent à remplir

VERTE ET MADE IN FRANCE

En association avec Texyloop, Reversible va encore plus loin, puisqu’elle recycle même les chutes de production de sa gamme en bâche pvc, ainsi que les sacs retournés. La gamme s’appelle Frenchy&Green, ce qui lui va plutôt bien puisqu’elle est 100% fabriquée en France par des centres d’aide au travail.

En dissociant le polyester du vinyle dont la bâche est constituée, Texyloop recrée un tissu 100% polyester à partir des fibres récupérées. Cette toile recyclée est ensuite imprimée dans la région lyonnaise par sublimation (ni eau ni solvant). 400 tonnes de toiles ont été ainsi recyclées ! Rien ne se perd on vous disait…

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