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simuler n'est pas jouer...
et si ça l'était ?

par Emmanuel Allait - 24 janv. 2019

spoil- leurre

Si l’on en croit une étude ifop de 2014, deux femmes sur trois auraient déjà simulé au moins une fois dans leur vie pendant l’acte sexuel, et seulement 6% d’entre elles auraient un orgasme à chaque fois. J’entends déjà d’ici, messieurs, vos cris d’orfraie de mâles touchés dans leur virilité. «ma femme ne simule jamais, je m’en rendrais compte !». Désolé de vous décevoir, mais ne pouvant pas tous être les amants de cette minorité, vous devez vous faire à l’idée que votre épouse/maîtresse/copine vous offre régulièrement quelques gémissements surjoués. Mais est-ce si grave ?

La simulation est sans doute la pratique sexuelle la plus répandue ! Le scénario est plutôt banal. Un générique sans préliminaires, le joystick en action, tu crois assurer un décollage pour le 7ème ciel, avec, pour conclure, un véritable Thor-gasme, un plaisir de marteau «Marvel-ous». Tu demandes dans la foulée à ta chérie si l’atterrissage était bon et tu te prends alors pour un Dieu du sexe.

ACTORS STUDIO

Petit problème, tar’maq’ué qu’elle a fait semblant ? Même pas ! L’illusion était parfaite. Du «flight simulator» haut de gamme. Si au foot, on voit parfaitement que Neymar triche en se roulant par terre, ici, aucune méthode Assimul ne permet de détecter la supercherie. Rappelons-nous cette scène cultissime, où Sally, toute gorge déployée, mime un orgasme à la perfection devant un Harry, médusé. Mais où commence le mensonge ? Si votre missionnaire arrache à votre chérie, au bout de trois secondes, des râles plus puissants que «six mules à Sion», comme on dit en Suisse, on peut se douter que la perf ne Valais rien. Echec et Zermat ! Mais la simulation n’est pas un bouton on/off, cris/silence. Plutôt un poste de pilotage ultra-complexe, aux multiples possibilités, des plus fines aux plus grossières. Nul besoin de hurler, il suffit d’exagérer un peu la motivation, les soupirs, les tremblements, le dirty talk… 50 nuances d’artifices et de raisons de bluffer !

SIMULER POUR STIMULER

En effet, des chercheurs américains ont identifié 204 motifs qui poussent à le faire. En gros, pour ne pas paraître «frigide», pour écourter le moment si vous êtes concentrée sur votre prochain article Activ’ tandis que Jean-Louis s’échine, pour être dans une meilleure connexion émotionnelle avec l’autre, et surtout pour flatter l’ego du mâle, le rassurer sur ses capacités de bon coup. En effet, s’il n’était pas obnubilé par la performance de son turbo jet et par l’orgasme de sa dulcinée, la simulation ne serait sans doute pas nécessaire. Mais avec son raisonnement binaire, il est persuadé que A produit toujours B, que son coup de rein provoquera immanquablement la jouissance de sa partenaire. Or, rien n’est plus aléatoire que la sexualité, qui repose sur l’imbrication du corps et de l’esprit. L’orgasme, c’est comme les antibiotiques, ce n’est pas automatique !

Dans ces conditions, les quelques «ouiiiiiii» simulés qui donnent l’impression que le Graal est décroché ne sont pas bien graves ! N’avez-vous pas fait semblant de vous extasier devant le pull moche tricoté par mamie juste pour lui faire plaisir ? Ne lui avez-vous pas avoué que son gratin de blettes était à tomber alors que vous détestez ça ? Un petit mensonge efficace, inutile de culpabiliser et surtout, Mesdames, évitez de révéler vos secrets de fabrication. L’aveu serait aussi puissant qu’une boîte de bitabloquants, et couperait toute envie à Loulou.

D’ailleurs, certaines femmes admettent utiliser parfois cette ficelle pour se motiver et se mettre dans l’ambiance. Attention pourtant, mentir à chaque fois au lit, c’est s’exposer à se voir servir et resservir le même plat médiocre, encore et encore... N’hésitez donc pas à expliquer à votre chéri, comme à votre mémé, que de temps en temps, vous préféreriez remplacer le gratin de blettes par des courgettes ou des pommes de terre. Pour que votre jouissance ne soit pas origasmique, du plaisir en carton ! C cul FD.

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