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yoga bikram,
le bonheur à haute température

par Gaëlle Tagliabue - 12 nov. 2018

bikram -oisie

A force de souffler sur les braises de feu le sport dans mon planning hebdomadaire, celles-ci auraient-elles fini par faire jaillir la flamme ? En tout cas, j’ai bien failli m’embraser, pour de vrai. Chaud devant !

Parmi la foultitude de déclinaisons qui émergent autour du yoga comme une portée de petits lapins à la queue frétillante, toutes plus déroutantes les unes que les autres, il en est une qui m’avait échappé : le Yoga Bikram. Il a donc fallu que je palie sans tarder à cette faute grave. Et puis mon chakra du Hara (celui de la force vitale et d’un tas d’autres trucs) étant légèrement en déséquilibre, voire en sérieux déclin depuis un temps certain, cela ne pouvait pas me faire de mal. C’est ce dont je me suis convaincue.

SUEURS FROIDES

Diapnophobiques s’abstenir. Quèsaco ? Eh bien sachez que les phobies, c’est comme le yoga, ça prolifère et ça fait des petits. Satanées épidémies. Suivez le reste de cette chronique, vous comprendrez vite. En effet, la condition sine qua none à la pratique de cette discipline, c’est la châââleurrrr (avec l’accent créole, ça prend tout son sens, essayez). Une séance de Yoga Bikram répond ainsi à quelques principes stricts : une pièce chauffée à 40°*, 90 minutes et 26 postures répétées deux fois. Pas de place pour l’à-peu-près.

Autant vous dire que l’on a beau être prévenu, lorsque l’on pénètre dans la pénombre d’une salle chauffée à 40°, l’envie de prendre ses jambes à con corps pour filer dare-dare frôle la pensée obsédante. Mais je résiste - et prouve que j’existe - à cette folle envie, pour m’allonger fébrile.

La série de postures suit un enchaînement précis et pour le moins rythmé. On est à des kilomètres de l’image d’Epinal du yoga méditatif tendance soporifique. Après l’aigle, bras et jambes enroulées, qui manque de s’écraser ventre au sol, et le front au genou en équilibre sur une jambe, j’arrive à mi-parcours lorsque l’on me propose de faire le cadavre… Quelle veine, parfaite maîtrise de la posture ! Je m’écroule dos à terre, le corps ruisselant de tous ses pores. Certains n’avaient même jamais dû ouvrir les vannes, tant l’eau s’en écoule. Vidange assurée.

Mais voilà que ça repart, la tortue, le chameau et le lapin n’ont qu’à bien se tenir, je prépare ma réincarnation et vu l’entraînement que j’ai, ça va saigner.

TRANSPIRER LE BONHEUR

En mode pruneau rabougri, il faut vite que je me réhydrate, le litre d’eau de rigueur ayant largement été consommé. Comment ça, on recommence ? Ce n’était que la première série ! Paix à mon corps, je cours au ravito d’eau et c’est reparti pour un tour. À mesure que l’on s’adapte à la chaleur, le corps se délie, mais pas les langues, ultra concentration de rigueur. Les muscles tremblotent, la circulation sanguine s’active dru et le cardio en prend pour son palpitant. Quid du mental ? Il est mis à rude épreuve par le truchement de la chaleur, il faut parfois vraiment se faire violence pour tenir le rythme et ne pas céder à la tentation de l’abandon #j’enpeuxpluslaissezmoi #jevaismourirtranquilledansuncoin #faitescommesijenetaispaslà ! S’il vous plaîîîîît…

Mais une fois le découragement passé, quelle plénitude ! Le corps sec et la tête vidée, je suis galvanisée ! Le Hot Yoga, c’est chaud bouillant, mais la prochaine fois, j’éviterai le tee-shirt blanc sans rien dessous, c’est un peu gênant…

+ d’infos :
yogabikramannecy
.fr

* En cas d’antécédents de maladies cardio-vasculaires, un certificat médical de non contre-indication à la pratique du Yoga Bikram vous sera demandé.

© Gorodenkoff