Pis Paul

25 ans plus tard...
Corinne Niogret

par Fanny Caspar - 29 déc. 2017

Coco'rine & Co

A Albertville, le biathlon est pour la première fois épreuve officielle des jeux olympiques d’hiver. Lorsqu’elles prennent le départ du relais, le 14 février 1992, Anne Briand, Véronique Claudel et Corinne Niogret ne sont pas attendues, malgré leur podium réalisé quinze jours plus tôt. Mais les trois jeunes femmes, qui viennent de passer 3 mois aux Saisies pour préparer la compétition, ne manquent pas d’ambition.

Cette médaille d’or, qui habituellement signe l’aboutissement d’une carrière, marquera le début de la réussite sportive des trois biathlètes. “Ça nous a libérées et ça a marqué le début d’une histoire. On y était allées en rêvant d’une médaille, mais de là à atteindre l’or, on a surpris tout le monde. On a surtout compris que ce qu’on avait fait en équipe, on pourrait aussi le faire en individuel”.

L’OR DU DÉPART A SONNÉ

S’ensuivent alors pour elles de nombreux podiums en Coupe du Monde, une médaille de bronze en relais deux ans plus tard à Lillehammer et des titres mondiaux. Corinne Niogret, qui n’avait que vingt ans en 1992, est celle qui aura la carrière la plus longue. Elle y met fin en 2004, après 13 années sur la Coupe du Monde, 37 podiums et 3 titres de Championne du Monde.

PASSAGE DE RELAIS DANS LES RÈGLES

En 2005, Corinne lâche sa carabine, pas celle des Jeux d’ailleurs, car on lui a volé deux ans plus tôt durant les Championnats de France au Grand Bornand, mais celle qu’elle a fait faire plus tard et avec laquelle elle n’a jamais retrouvé de bonnes sensations. Elle la laisse donc au placard pour réaliser des courses de grandes distances en ski de fond, s’octroyant au passage la victoire de la Transjurassienne. Puis la Fédération Française de Ski la recrute pour gérer l’organisation et la promotion des circuits nationaux jusqu’en 2011.

 

 L’image qui me reste des JO : la Patrouille de France qui survole le stade lors de la cérémonie d’ouverture, juste avant notre entrée. Et puis, la vie aux Saisies pendant trois mois pour préparer les jeux. Cette course est le moment le plus marquant de ma carrière, ainsi que le titre de Championne du Monde à Oslo, en 2000, dans le temple du ski nordique. 

Elle endosse ensuite le rôle d’entraîneur des Equipes de France Jeunes et Juniors Dames en ski de fond. Parmi ses protégées de l’époque, on retrouve Célia Aymonier, reconvertie en biathlon, et médaillée de bronze au relais des Championnats du Monde l’hiver dernier, tiens, tiens… En 2013, remerciée, elle retourne dans le Jura pour prendre en charge les jeunes de l’Entente Sportive Saugette Ski. Mais Corinne avoue : “le ski, j’en avais fait le tour. J’ai été athlète, entraîneur, j’ai fait de l’organisation. J’habitais dans le Doubs, le climat commençait à me peser. J’avais envie de soleil et de chaleur”.

LE LUNDI AU SOLEIL

Elle achète une maison dans le Sud de la France, près de Nîmes durant l’été 2014, débarque en juillet 2015 et n’a pas encore fini de vider ses cartons qu’elle se fait embaucher par une entreprise locale. Le 10 septembre marquera le début de sa nouvelle vie professionnelle. La championne qui passait des heures et des heures dehors toute l’année, se retrouve à présent enfermée dans un bureau, devant un écran, en tant qu’assistante de gestion de données pour un semencier japonais. Mais ça ne la dérange pas.

Comme elle le dit : “Ce n’est pas du tout difficile. J’aime ce que je fais. Il faut dire aussi que je bosse à 70%, ce qui me laisse trois après-midis libres par semaine. Je profite du climat pour faire du sport, du vélo, de la course à pied, un compromis qui me va très bien !”.

Manifestement, la compétition ne lui manque pas, même si elle a pris quelques départs en cyclo-sportive. Mais ça, c’était avant ! Le ski lui manque encore moins. “Dans le grand nord, comprenez tout ce qui se trouve au dessus de Valence, je n’y suis pas allée depuis bien longtemps ! J’ai skié juste une fois l’hiver dernier dans une station des Cévennes, j’ai trouvé la neige bien dure !”. Oui, la championne olympique a définitivement tourné la page.

TRIO DE CHOC

Aujourd’hui, elle ne voit plus ses coéquipières. "Véronique Claudel, qui a raccroché en 1998, s’occupe désormais du Club de la Bresse dont elle est originaire.” Quant à Anne Briand, “elle est aujourd’hui professeur des écoles dans le Doubs et se consacre entièrement à sa nouvelle vie.” Victorieuses ensemble de nombreux relais, ces filles-là n’auront fait qu’une seule saison à trois, les relais se courant depuis 1993 à quatre.

Trophées de shuss

Jeux Olympiques
1992 : Or en Relais
1994 : Bronze en relais

Championnats du Monde :
1993 : Or par Equipe, Argent en Relais
1994 : Bronze par Equipe
1995 : Or en Individuel, Argent en Relais, Bronze en Sprint, Bronze par Equipe
1996 : Argent en Relais, Bronze par Equipe
1998 : Argent en Poursuite
1999 : Argent en Individuel, Bronze en Relais
2000 : Or en Individuel, Bronze en MassStart
2001 : Argent en Poursuite

Coupe du Monde :
1998 : 3ème des Classements Poursuite et Sprint
2000 : 3ème du Classement Général, 2nde des Classements Poursuite et Individuel
2001 : 2nde du Classement Individuel
37 podiums dont 8 victoire

Illustration Joseph Brown - @ Cnosf/Pressesports - © Jean-Jacques Chappuis