Pis Paul

musique : electro deluxe,
comment ne pas aimer ?

par Magali Buy - 25 nov. 2018

cool & the band

Look sexy vintage pour une ambiance totale New Age, sans conteste Electro Deluxe nous a mis la fièvre ! A l’occasion de leur tournée circle live, ils ont fait étape à Annecy et retourné littéralement le Brise Glace. Entre good vibes et show complètement survolté, «keep my baby dancing» les murs ont tremblé !

2001 ou l’odyssée de deux potes grenoblois partis étudier à Paris. Musiciens de la première heure, Thomas Faure, au saxo et Gaël Cadoux, au clavier, ont alors dans l’idée de monter un groupe. Aussitôt dit… On recrute, c’est parti ! Trois tours de passe-passe, Arnaud Renaville et Jérémie Coke, batteur et bassiste, sortent de leur chapeau, premières gammes dans le Xème, totale fusion, Electro Deluxe is on the road ! Le quatuor monte un répertoire, cherche la bonne formule, rajoute des cuivres, rappe et déchaîne les foules : c’est jazzy, funky et hip-hop style… Ça tourne !

2013, 5ème album. L’américain James Copley sort du bois et rejoint the band ! Electro Deluxe a trouvé sa voix, et quelle voie ! Récompensé par une victoire de la musique jazz en 2017, le groupe était de passage à Annecy le 11 octobre dernier avec, Vincent Payen à la trompette et Bertrand Luzignant au trombone pour une section cuivre au complet. A quelques heures d’enflammer le Brise Glace, entre sérieux et humour grinçant, Thomas m’accorde un 5 à 7 détonant !

Activmag : Comment expliques-tu cette ascension fulgurante ?

Thomas Faure : C’est une impression extérieure… De notre côté, c’est plutôt un faux plat montant et surtout très long !!! On est autoproduit depuis le début parce qu’aucun label sérieux ne veut nous signer, on n’a jamais fait de tube, ni été médiatisés, on a fidélisé un cœur de public au fil des années. La vidéo de «let’s go to work» sur YouTube en est l’exemple même. Elle a dépassé le million de vues, mais elle a mis 6 ans à le faire ! Normalement, ça fait un buzz et ensuite ça disparaît. Nous, c’est à l’inverse, ça continue à parler pour nous, c’est constant, mais rien de fulgurant. De notre côté, en tout cas.

Votre victoire de la musique a bien changé quelque chose, non ?

Elle n’a rien changé, mais elle nous a fait plaisir ! On a été étonné de la recevoir parce que dans l’arbre généalogique du jazz, on est un peu l’oncle barjot qui n’a rien à voir avec ce que les gens entendent par «jazz». On ignorait d’ailleurs qu’on appartenait à cette famille ! Et en toute franchise, je ne crois pas qu’on en fasse vraiment partie. Le soir des Victoires, on s’est bien rendu à l’évidence qu’ils se connaissaient tous, mais pas nous. Je pense surtout qu’ils ont récompensé un groupe qui a fait preuve de longévité et qui a trouvé son public.

Et ce lien avec le public, il vient d’où ?

C’est dur à dire… Peut-être le fait de prendre le temps d’aller rencontrer les gens à la fin de chaque concert. On se rend compte que peu d’artistes le font et pourtant c’est un peu la base. Une partie du public nous suit depuis longtemps, amène des potes. Ils ont envie de nous voir, nous faire un retour, savoir où en est le prochain album… C’est un moment très privilégié et comme James le dit sur scène «You are Electro Deluxe !». Si le public n’est pas là, nous non plus ! Etre sur la route, jouer 100 fois par an, c’est peut-être ce qui nous rapproche. Leur parler fait partie de notre nature, c’est essentiel.

Vous avez peut-être un message à faire passer aussi ?

On ne cherche pas à véhiculer quelque chose de particulier, mais on se rend bien compte qu’on le fait inconsciemment. D’un côté, les textes de James abordent des thèmes importants pour lui. Le mensonge, la volonté, la dualité des êtres humains. C’est le côté philosophique d’Electro Deluxe ! Et de l’autre, on se rend compte que faire la musique comme on la fait, à l’ancienne, transmet aussi un message. On est un des rares groupes à conjuguer cuivres, basse et batterie. On peut être à 7, 13 ou 20 quand on se produit en big band, jouer à géométrie variable est aussi une originalité qui nous démarque.

Quels sont les moments les plus marquants pour toi ?

En 18 ans, forcément, on en vit plein des super moments. Je pense quand même que la première date à l’Olympia restera gravée. Une minute avant de monter sur scène, on s’est regardé et on a percuté ! C’était fou ! Et puis il y a certains fans marquants, comme cette femme d’une soixantaine d’années qui est là à chaque fois qu’on joue dans le sud et qui danse du début à la fin. Elle est devenue notre mascotte !

Et d’ailleurs, vous n’abuseriez pas un peu de votre sex-appeal pour conquérir le public féminin ?

Pas du tout ! Ce n’est pas une volonté, même si on doit quand même reconnaître que depuis l’arrivée de James, ça s’est légèrement féminisé dans la salle, c’est la touche charme du groupe ! Mais notre coup de foudre avec lui était purement musical, humain… et surtout réciproque. Notre but a toujours été de toucher un public le plus large possible, on n’a jamais voulu se concentrer sur une foule d’initiés ou d’avertis, ni aucun créneau en particulier. Le côté geek, ce n’est pas notre truc. On est porté par la chanson et l’émotion qui passe derrière. On a un super éclairagiste, une logique de groupe de pop et une énergie communicative. On veut faire de nos concerts un véritable show, accessible à tous !

Et au sein du groupe, pas trop difficile l’ambiance du groupe 100% testostérones ?

On survit ! Ça fait 20 ans qu’on travaille ensemble en non-stop ! Je vois plus les gars d’Electro Deluxe que ma femme ! On a fait beaucoup de concessions, comme dans un couple. Et surtout, on a réussi à transcender les ego et passer par-dessus, c’est ça le secret !

+ d’infos :
electrodeluxe
.com

Photos : ©HLB